Rions un peu avec les méthodes scientifiques et Twitter

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Ces derniers jours il y a eu une floraison de tweets humouristiques de scientifiques, sur le thème, « les vraies méthodes utilisées en science qu’on n’ose jamais écrire ». C’est sous le hashtag (mot-clé Twitter) #overlyhonestmethods. Y en a plein de hilarants, je vous conseille de lire ça tant que c’est disponible. Ca a été lancé par un neuropharmacologue apparemment. Y a des résumés et des best-of ici, ici, ici, et surement ailleurs. (Mise à jour : voir aussi liens dans commentaires.)

Quelques-un de mes favoris (parmi ceux que j’ai réussi à retrouver ou me rappeler), en traduction approximative, avec commentaire dessous des fois :

J’ai utilisé des étudiants comme sujets, parce que les rats coutent cher et on s’y attache.

Mon préféré !

Quand on a fait tomber un échantillon à terre, on a totalement respecté la règle des 5 secondes

« Règle » que si quelque chose est resté à terre moins de 5 secondes (3 selon certains) ça n’est pas contaminé. Je ne l’ai jamais vu appliqué à autre chose qu’un biscuit pour de vrai.

On a fait tourner les échantillons à 1300 rpm, parce qu’après la machine fait un bruit inquiétant.

Ah vous voulez des méthodes que vous pouvez suivre ? Pff, regardez la couverture du journal, c’est Nature ici

Dans les journaux très prestigieux comme Nature et Science, il n’y a presque pas de place pour les méthodes, qui sont généralement peu détaillées et incompréhensibles.

On voulait voir ce qui se passerait si on faisait X, juste pour s’amuser. Super explosion ! On a trouvé une hypothèse plus tard.

On a laissé incuber pour la durée du repas.

Y a beaucoup de variantes sur le thème « on a choisi un temps d’expérience correspondant au repas, à la pause café, à rentrer dormir une bonne nuit, à avoir un week-end peinard ».

Le pH du tampon a été ajusté avec du HCl, puis dans l’autre sens avec du NaOH… puis encore un peu de HCl…

On a utilisé ce programme, parce que tout le monde le fait, non ?

Vous pouvez télécharger notre code à l’URL fournie. Bonne chance pour télécharger la seule personne qui arrive à le faire fonctionner.

Les données sont anciennes parce qu’entre la première version du papier et la finale, j’ai eu un bébé.

Et ceux que j’ai écrit moi-même :

Nous avons utilisé une méthode que nous ne connaissons ni ne comprenons parce que le reviewer 2 nous l’a demandé et les résultats ne nous dérangent pas de toutes façons.

Je n’ai jamais fait ça ! Mais j’ai été tenté, et j’ai parfois utilisé une méthode dont je pense qu’elle n’apporte rien parce qu’on me l’a demandé et qu’en effet ça ne contredisait pas mes résultats (mais je comprenais pourquoi – je crois). Ma contribution la plus retweetée à ce bazar.

Nous n’avons pas utilisé la parsimonie parce que les cladistes étaient tellement arrogants dans les années 90.

Très technique, et d’ailleurs pas retweeté. Les intéressés se reconaitront.

Les calculs ont été effectués sur un super-ordinateur, un cluster, un grid et le cloud pour justifier nos financements. Résultats montrés : viennent de mon PC.

Alors c’est une grosse exagération, mais ça arrive qu’on doive justifier de l’usage d’une resource informatique alors qu’on n’a pas encore l’application pertinente, et qu’on fasse un calcul qui aurait pu se faire ailleurs. Normalement, c’est parce qu’on va vraiment utiliser la resource bientôt et qu’il faut mettre au point. Mais j’ai expertisé des papiers où j’ai vraiment l’impression qu’ils ont fait ça.

On a utilisé Uniprot pour la Figure 1 et Ensembl pour la Figure 2 parce qu’ils ont été faits par des postdocs différents à 2 ans d’écart.

Un peu simplifié pour le tweet, mais il m’est arrivé en gros ça : des sources de données différentes utilisées à différents endroits du papier parce qu’il a été tellement long à préparer. Dans ces cas-là, on ajoute normalement un contrôle pour vérifier que ça ne biaise pas le résultat.

Moi j’ai trouvé beaucoup de ces tweets hilarants. Un truc auquel on pourrait s’attendre c’est que des anti-science ou anti-intellectuels se précipitent dessus pour dire « voilà la face noire et cachée de la science, voilà à quoi ils dépensent nos sous, j’avais bien dit qu’on ne pouvait pas leur faire confiance ». Plus inatendu pour moi, des scientifiques s’inquiètent de ce que ces tweets montrent des pratiques scientifiques douteuses (par exemple ici). A quoi je répond, détendez-vous les gars.

Et à tout seigneur tout honneur, il faut noter que PhD Comics avait anticipé cet humour :

phdcomicsmethods

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15 réponses à “Rions un peu avec les méthodes scientifiques et Twitter

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