Archives pour la catégorie vulgarisation

Billet invité : revue du livre « Conflits intérieurs »

Hébergement exceptionnel d’un billet par un collègue, Christophe Dessimoz, qui n’a pas de blog francophone : sa revue d’un roman scientifique qui lui a particulièrement plu.

« Conflits Intérieurs »
écrit par Eric Bapteste
publié aux Editions Matériologiques, 2015, €15 (papier) €9 (ebook)

Pour mieux s’en sortir, vaut-il mieux de rivaliser ou coopérer? Cette question fondamentale se pose dès lors qu’il y a des interactions entre agents—qu’il s’agisse d’individus, d’entreprises, ou de peuples. Et il en va de même à travers tout le vivant. Dans son roman « Conflits Intérieurs », le biologiste Éric Bapteste donne une place centrale à la réalisation récente de l’extraordinaire complexité des interactions à tous les niveaux biologiques.

Par exemple, chacun d’entre nous porte entre une et dix bactéries pour chacune de nos cellule humaine. Que ce soit sur la peau, dans la bouche, ou dans l’intestin, ces bactéries sont souvent commensales—c’est à dire qu’elles bénéficient de l’environnement offert par le corps humain sans y nuire—ou même symbiotique en ce sens qu’elles contribuent des fonctions biologiques bénéfiques pour l’homme ou nous protège de variétés pathogéniques. Mais ces interactions ne sont pas inébranlables. Quand l’occasion se présente—par exemple si une masse critique est atteinte ou le système immunitaire est affaibli—des bactéries inoffensives peuvent soudain se révéler fatales…

Comment aborder ces thèmes somme tout assez techniques dans un livre grand public? En mariant science et intrigues! L’auteur nous raconte la rivalité entre les Professeurs Beaubien et Hatch, caricatures l’un du professeur « vieille école » savant mais détaché, et l’autre du scientifique-manager sans scrupules. Les sujets scientifique abordés dans le livre sont véridiques mais l’histoire et les protagonistes, l’auteur nous l’assure, purement fictifs.

Fictifs certes mais pas invraisemblable: quête de renommée, conspirations, relations tumultueuses entre chef de labo et subordonnés, romance…. le monde de la science contemporaine est en effet loin des clichés du chercheur solitaire à la poursuite de La Vérité. Au contraire, c’est un monde éminemment social, où sont manipulés données et collègues.

Le cocktail de science et intrigues entre chercheurs fonctionne. Les théories sont distillées de façon abordable et sans prétention au cours d’une histoire palpitante. Le résultat captive.

Le thriller de vulgarisation scientifique, un nouveau genre?

(Ajout de MRR : quelques autres billets sur des romans au cafe-sciences.)

Quelques liens à propos de l’article du New York Times « GMO promises fall short » #OGM

Vu que tout le monde parle sur Twitter de l’article dans le New York Times “Doubt About the Promised Bounty of Genetically Modified Crops”, voici une petite collection de liens qui le critiquent, preuves à l’appui. En bref, l’article compare des choses ni pertinentes ni comparables et mélange tout.

La meilleure critique à ce jour : The tiresome discussion of initial GMO expectations, par Andrew Kniss (ses sources de financement, avant que vous ne demandiez). Une des figures clé de cette critique :

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Si on choisit bien son pays de référence, on peut conclure tout et son contraire, ça rappelle un peu les rats de Séralini. 😉

Ensuite, deux billets de blog de l’excellent Kevin Folta (pour une discussion des financements de Kevin, voir ici et chercher « transparency » dans son blog) : Rehashing a Tired Argument, et Some Actual Yield Data. Dans le premier billet il fait notamment remarquer que les modifications commercialisées ne visaient pas à augmenter les rendements en soi, et qu’on peut pas faire la somme de différents pesticides. C’est comme faire la somme des litres de bière, litres de vodka, et litres de Coca-Cola, et titrer sur la consommation globale de poisons liquides. Dans le deuxième il montre que l’on voit en fait des augmentations de production dans certains cas, mais bien sur l’agriculture c’est compliqué. Exemple :

sugar-beetSur le blog NeuroLogica, moins spécialisé en agronomie mais plutôt sceptique et scientifique en général (en France on dirait zététique je suppose), The Times Gets it Wrong on GMOs.

Nathanael Johnson est un journaliste américain qui, partant d’un point de départ anti-OGM modéré, a cherché à comprendre le sujet et a arrêté d’être anti-OGM. J’en parlais notamment dans ce billet qui avait donné lieu à une longue discussion. Il a aussi critiqué l’article du NY Times, en insistant sur l’inutilité de comparaisons à cette échelle, et il rappelle un point important :

And GMOs really aren’t all associated with industrial farming. The disease-resistant papaya is a wonderful innovation. The insect-resistant eggplant seems to be reducing pesticide use in Bangladesh. This banana, this cassava, and this rice could all truly improve the lives of small farmers if those new crops make it over the technical and political hurdles.

Le bilan de toutes ces critiques ? On ne peut pas parler de pesticides en faisant la somme des kilogrammes de produits très différents, on ne peut pas comparer OGM à non OGM en mélangeant différents types d’OGM, on ne peut pas comparer les chiffres globaux pour des pays de climat, organisation agricole et types de récoltes différents, on ne peut pas juger une technique uniquement sur un chiffre qui n’était même pas l’objectif. Enfin, si, on peut, parce qu’en comparant n’importe quoi à n’importe quoi on va toujours pouvoir obtenir le résultat qui nous arrange, et c’est bien ça le but, non ? Voir cette excellente démonstration par l’absurde (discutée dans ce billet précédent).

Pas une critique spécifique, mais un article a été publié récemment par l’INRA et AgroParisTech qui indique que l’utilisation des pesticides ne diminue en fait pas en France :

Hossarda et al 2016 Lack of evidence for a decrease in synthetic pesticide use on the main arable crops in France Science of The Total Environment 575: 152–161

Finalement, l’auteur de l’article de départ, Danny Hakim, a répondu sur Twitter, mais je n’ai pas vraiment compris en quoi cela constitue une réponse. Voici le premier Tweet, il ne les a pas lié en conversation, mais en allant à son compte on trouve tout :

Mise à jour : voir aussi liens en commentaire. Et n’hésitez pas à en mettre d’autres, de préférence avec une petite explication.

Mise à jour 2 : liste de liens commentés sur la plateforme de blogs de PLOS.

Mise à jour 3 : bon storify / collection de liens; avec notamment cette citation excellente :

I looked at how much money is spent on heating in all of Finland and compared it to how much people in Hawaii spend on heating. Very clearly, people in Finland are worse polluters.

par Alexandre Stein.

Mise à jour 3 : aller-retour très intéressant entre deux figures de la blogosphère scientifique / sceptique :

The Times Gets it Wrong on GMOs par Steven Novella, déjà cité ci-dessus.

GMOs and the skeptic movement, réponse de Massimo Pigliucci, où il dit que les « sceptiques » sont systématiquement pro-OGM à tort.

Massimo Pigliucci Responds on GMOs, réponse de Steven Novella. A mon sens, cette réponse est un des meilleurs billets de blog sur les OGM et le débat associé.

Mise à jour 4 : Could GMO corn be responsible for increasing childrens’ IQ? réponse à l’insinuation dans l’article du NY Times selon augmentation d’herbicides = augmentation de pesticides = augmentation de risques dus aux insecticides (raisonnement glissant assez courant dans les discussions OGM je trouve). En fait les insecticides dangereux ont diminué.

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Encore une mise à jour : une liste de liens vers des prises de position de sociétés savantes, académies, etc, sur les OGM chez Credible Hulk.

Qu’est le scientisme, et quelles questions ne pas poser en recherche ?

cliquez pour voir la BD (et ici pour du contexte)

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Ce billet fait suite à une discussion Twitter avec MrPourquoi (un peu) et Cécile Michaut (surtout).

Donc, suite à un dialogue avec MrPourquoi concernant le site « Alerte Environement », je fais pars de mon étonnement toujours renouvelé de l’existence d’anti écologistes militants sur internet, suite à quoi Cécile intervient :

Donc ce billet a deux objectifs : premièrement, permettre à Cécile d’expliciter en commentaire pourquoi et comment elle pense qu’il ne faille pas autoriser tous les sujets de recherche fondamentale. Et deuxièmement, d’exprimer mon étonnement face à son usage du mot « scientisme ».

Quand j’ai dit que je comprenais jamais ce que l’on voulait dire, ce n’est pas que je ne sache pas chercher une définition bien sur. Et celle de Wikipedia, par exemple, est cohérente avec mon intuition : en gros, le scientisme c’est de faire confiance à la science et à elle seule, même quand elle n’a rien à dire ou n’est pas la bonne source. Ce que je voulais dire, avec le parallèle au politiquement correct, c’était que ce terme ne me semble employé que négativement, en tant qu’accusation envers ceux dont on n’aime pas les arguments, les positions, ou l’usage de la science. Et en tant que terme péjoratif, il me semble en effet mal défini, pouvant être appliqué à toute invocation de la science, ses méthodes ou ses résultats, qui déplait à quelqu’un.

La définition donnée par Cécile au travers de ses exemples semble être d’être des gens qui sont anti-science. J’espère qu’elle pourra expliquer cela plus clairement dans les commentaires.

L’agriculture kényane prend le chemin des #OGM, les journalistes du Monde ne prennent pas le chemin du sens critique

cliquez pour une blague de mauvais goût

cliquez pour une blague de mauvais goût

Alors que j’essaye de me botter le derrière pour finir quelques billets de blogs avec un peu de substance, que vois-je dans Le Monde ? Un article sur « L’agriculture kényane prend le chemin des OGM » qui cite plusieurs choses erronées sans la moindre distance. Imagine-t-on un article qui cite « les vaccins donnent des maladies comme l’autisme » sans aucun recul ? Parce que c’est le niveau.

D’abord notons la citation « Les scientifiques du pays sont à l’unisson derrière le discours du vice-président ». On ne saura pas pourquoi les scientifiques sont à l’unisson favorables à un truc aussi mauvais. Peut-être sommes-nous tous des monstres. Ou peut-être y a-t-il des faits intéressants à obtenir en leur parlant ? On ne saura pas, aucun n’est cité. Ni aucun scientifique étranger d’ailleurs. C’est clair, les plantes, les virus, les gènes, tout ça est étranger aux scientifiques.

En détail :

…moratoire sur les importations d’OGM, instauré en 2012, suite à une étude démontrant que le maïs transgénique pouvait provoquer des cancers chez des rats de laboratoire.

Il ne peut s’agir que de la pseudo-étude de Séralini et al, qui n’a rien démontré du tout. Une phrase plus juste aurait été « qui a soulevé le soupçon que le maïs transgénique pouvait provoquer des cancers chez des rats de laboratoire, mais depuis été retirée et jamais reproduite. »

« Le maïs MON810 disperse autour de lui une toxine qui fait chuter le nombre d’abeilles et la biodiversité, contamine les plantes aux alentours. »

Les abeilles, on peut comprendre, si on met du maïs Bt (ce qui est le cas de MON810) qui contient un insecticide, quoiqu’aucun lien avec les problèmes des abeilles n’ait jamais été montré malgré plusieurs études. Le Bt ciblant les lépidoptères (voir discussion sur l’effet sur d’autres espèces ici). Et on peut toujours rappeler que le même Bt est utilisé en agriculture bio, en pulvérisation. (Edition : en plus les OGM contrairement aux pulvérisations conventionnelles ou bio ne dispersent rien du tout.) Les plantes aux alentours, j’ai un peu plus de mal. Comment un insecticide peut-il leur faire du mal ? On peut aussi rappeler l’étude montrant un gain de biodiversité des insectes avec des OGM Bt. Bref, affirmation très forte qui n’est soutenue par aucun élément factuel.

Je suis encore plus perdu car l’article parle de protéger le maïs d’un virus, ce qui est possible par OGM dans certains cas (notamment papaye à Hawaï), mais n’a rien à voir avec l’insecticide Bt. Je suppose que c’est un effet secondaire de la mise dans le même sac de tous les OGM dans la plupart des discours, mais il faut bien répéter que chaque OGM est différent, c’est juste une technique pour obtenir ce que l’on veut. Ce que l’on veut, c’est très divers. Juste avant les phrases citées ci-dessus, on note d’ailleurs que les « OGM de Monsanto, résistants au virus, apparaissent comme une solution d’urgence ». Si c’est ceux résistants à un virus, ce n’est pas le MON810 alors ?

« On ne maîtrise pas non plus les conséquences sur la santé : des études montrent que les OGM peuvent avoir des effets sur les reins, provoquer des allergies ou des problèmes sexuels. »

Là c’est carrément bizarre. Chaque fois que je lis un article grand public sur les OGM je découvre de nouveaux maux qu’il sont sensés causer (voir ici par exemple). Des problèmes sexuels ? Parce qu’un maïs résiste aux insectes ou à un virus ? Comment pourquoi ? Ca cause aussi les ongles incarnés ? Pour les allergies, on rappelle que les OGM sont testés à ce propos, contrairement à toutes les autres variétés générées par mutagenèse ou hybridation, et qu’on commence à avoir pas mal d’expérience là-dessus.

Plus inquiétants, selon Justus Lavi, « la levée du moratoire, et l’autorisation de culture OGM au Kenya, seraient une porte ouverte pour les OGM sur tout le continent. »

Là on touche finalement au même fond du problème qu’avec le riz doré ou les moustiques à descendance stérile. Il y a un tel investissement moral et pratique dans le refus de principe des OGM qu’il est inacceptable qu’un OGM particulier fasse partie de la solution à un problème particulier.

Je me répète, mais si quelqu’un ne veut pas d’OGM pour des raisons philosophiques, qu’il le dise. Mais il faut arrêter de répéter à l’infini des choses simplement fausses, et de tout mélanger sous l’étiquette somme toute trompeuse « OGM ».

Le principe de précaution est-il toujours appliqué sans discernement ?

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Dans un article récent de l’excellent blog Kidisciences, il y a un article qui fait un bon point sur l’idée persistente (mais apparemment fausse) qu’il ne faut pas nager après avoir mangé : Info ou intox : Il faut attendre deux heures avant d’aller nager après avoir mangé Une phrase m’a frappé dans ce billet :

En fait, comme souvent avec le principe de précaution – qui est toujours appliqué sans discernement – on fait en vérité plus de dégâts en croyant les éviter.

D’une part, je comprends la frustration des auteurs. Le principe de précaution est souvent utilisé en effet comme le principe « je ne comprends pas, donc non », ou le principe « c’est nouveau, on ne peut pas garantir 0% risque, donc non ». Mais le principe de précaution dans son intention n’est pas sans discernement me semble-t-il. Il dit qu’en l’absence de données on peut déjà prendre des précautions, notamment en cas de soupçons de risques pour l’environnement ou la santé. Comme je le comprends, bien appliqué, il n’exclut ni de continuer la recherche, ni de réviser les mesures de précaution à la lumière de données plus complètes lorsqu’elles deviennent disponibles. Au contraire dirais-je. Ca a donné lieu à une petite discussion Twitter avec le principal auteur du billet, Alan de Podcastscience :

Donc voici la réponse plus longue que je lui avais promise : le principe de précaution il me semble peut se baser sur des faits. Clairement, les peurs font partie de l’équation, mais si c’est rationnel (et on peut être d’accord que la plupart des prises de décision dans notre monde ne le sont que partiellement) alors les peurs font place aux faits au fur et à mesure du progrès des connaissances. En termes bayésiens : Proba(conséquences négatives sachant faits) = Proba(faits si des conséquences négatives) x Proba(conséquences négatives) / Proba(faits) Lorsqu’on a peu de faits informatifs, l’équation est dominée de manière rationnelle par la probabilité de conséquences négatives en l’absence de faits. Lorsque les faits deviennent informatifs, l’équation devient dominée par ces derniers, notamment à travers le terme Proba(faits si des conséquences négatives) (voir ce billet).

Pour revenir à l’exemple inépuisable des OGM, appliquer le principe de précaution quand ils étaient nouveaux et que l’on savait relativement peu n’était pas forcément irrationnel. Aujourd’hui, appliquer ce principe de manière générale aux OGM, avec ce que l’on sait, est par contre bien « sans discernement ». Mais l’appliquer encore aujourd’hui au saumon OGM en l’état des connaissances me parait justifié, « avec discernement » pourrais-je dire.

Voilà, ne jetons pas le bébé d’un principe qui peut être utile avec l’eau du bain des abus par des politiciens et lobbys divers.

(Ce billet et la discussion dans les commentaires sont discutés sur le site de Journal International de Médecine.)

Fraude scientifique et publication ouverte #openaccess

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Hier est paru un très bon article dans Le Temps, par Olivier Dessibourg (parenthèse : si Le Monde peut fournir tant d’articles au Temps, peut-être peuvent-ils leur emprunter à l’occasion leur excellente rubrique scientifique ? [mise à jour, voir ci-dessous]) :

Comment inventer des résultats scientifiques et en faire parler les médias

L’article rapporte en faisant un parallèle intéressant deux scandales récents qui secouent le milieu scientifique : le sociologue Michael Lacour a inventé les données ayant servi à publier une étude très visible et influente sur la façon dont on peut influencer le degré d’homophobie des gens (voir suite du dossier ici). Et le journaliste John Bohannon a effectué une étude bidon ayant pour objectif d’obtenir un résultat aléatoire lié au chocolat, l’a publié dans un journal poubelle, et a obtenu une large couverture journalistique de son pseudo-résultat.

J’ai eu un échange sur Twitter avec Olivier, parce que je ne suis pas d’accord avec la section suivant de l’article :

Ensuite parce qu’une vague déferle sur le monde de la publication, celle de l’open access: avant, c’est le lecteur d’une revue comme Science qui devait payer très cher pour y avoir accès, les savants y publiant gratuitement. Avec l’open access, c’est l’inverse: le chercheur paie pour publier, et la lecture est libre. Ce système a ses avantages (rendre la science accessible) et ses inconvénients: les revues open access de seconde zone acceptent parfois très peu scrupuleusement des études (donc avec un peer review léger, voire inexistant), contre paiement, pour générer du profit. C’est dans cette brèche que s’est infiltré John Bohannon – et il n’est de loin pas le seul.

Je trouve le mélange open access – pseudo-science erroné et détrimental.

Les journaux poubelle et la possibilité de publier des résultats faux, il y a toujours eu. Elsevier, le géant « respectable » de l’édition traditionnelle a fait des faux journaux au service de l’industrie pharma, et a encore un journal Homeopathy, dont on se demande ce qu’il peut publier de légitime.

Par ailleurs, les journaux Open access normaux ont les mêmes standards de publication que les bons journaux traditionnels, mais l’information scientifique est disponible librement et gratuitement pour tous, et est réutilisable.

J’allais écrire une réponse longue, mais je me rends compte que j’ai déjà tout dit dans un billet précédent : L’open access ne nuit pas à la qualité scientifique. Dont acte.

Je vais quand même rajouter qu’il me semble que les journalistes scientifiques devraient être le fer de lance du combat pour l’open access, puisque leur mission est d’accéder à la science et de la rendre accessible. Alors c’est très dommage de colporter une image erronée et très négative de ce mouvement.

—–

Mise-à-jour par rapport à la remarque entre parenthèses ci-dessus. Olivier me tweete :

 

Réflexions personnelles sur les blogs, la science, le journalisme, le sens de la vie, tout ça

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cliquez sur l’image (très drole si vous lisez l’anglais)

Ces derniers mois mon activité de blog a été assez irrégulière, et marquée par des essais nouveaux et des périodes d’arrêt. Voici un rapide retour sur ces derniers mois, et mes réflexions sur l’activité de blog de science en français.

En octobre, j’ai tenté avec des collègues un exercice de dialogues entre scientifiques sur le thème très sensible des OGM. J’ai trouvé l’exercice très intéressant, mais il n’a eu finalement qu’assez peu d’écho malgré les nombreux commentaires (bilan ici, avec liens vers les dialogues). Notamment, aucun écho dans d’autres médias, sauf des tweets et commentaires de Pascal Lapointe de l’Agence Science Presse (Canada), toujours très présent et très interactif sur les médias sociaux.

En novembre, je me suis étonné que la « sélection de la semaine » du blog Passeur de sciences de Piere Barthélémy au Monde ne couvre aucun des sujets ayant agité la semaine très riche en évènements dans la communauté scientifique, notamment francophone. Je dois avouer ne pas avoir trouvé la réponse très constructive, et d’autres blogueurs scientifiques ont partagé ma réaction sur Twitter.

En janvier, j’ai tenté l’expérience d’un AMA (ask me anything) sur Reddit, sur les OGM. Expérience très amusante et intéressante.

En février, j’ai démarré un nouveau blog sur le site du magazine suisse L’Hebdo. Le magazine m’a ouvert ce blog en avril 2014. Par rapport à la discussion début 2014 sur les blogs de science, notamment sur la politique du Monde, L’Hebdo m’a donné d’excellentes conditions : pas de nombre ni de fréquence de billets minimum ou maximum, thèmes et ton libres. Pendant longtemps j’ai cru pouvoir démarrer un blog sans arrêter l’autre, puis comme j’ai vu que j’y arrivais pas, j’ai décidé d’essayer de passer à 100% sur L’Hebdo quelques temps. Bilan ? J’aimerais penser que j’ai un lectorat différent, mais je n’ai pas accès aux statistiques, et j’ai très peu de commentaires. Ce qui est moyen motivant finalement. Je pense garder ce blog-là actif, mais épisodiquement, pour par exemple répondre dès que j’aurais le temps au Nième épisode de mon dialogue infructueux avec Martial des Verts vaudois.

De plus, entre temps j’ai eu plusieurs discussions où j’ai appris que de plus en plus de gens considéraient le cafe-sciences comme un site de référence ; j’ai aussi vu que d’anciens billets à moi étaient cités dans des discussions en ligne des mois ou des années plus tard. Bref, j’ai l’impression que l’activité de blog telle que je l’ai développée ici est utile, et elle est certainement amusante.

Donc conclusion d’une première réflexion, sur l’articulation entre journalisme et blog de scientifique.Je ne vais pas faire davantage d’efforts pour aller vers les médias, et ne pas me prendre la tête sur le point de vue des journalistes. En tant que scientifique, je blogue, c’est disponible et trouvable pour qui cherche.

L’autre réflexion qui m’a retardé parfois dans mon activité de blog, c’est les OGM. J’ai beaucoup blogué là-dessus, et beaucoup sur plein d’autres sujets. Mais j’ai eu parfois le sentiment d’être catalogué comme « blogueur pro-OGM », et ça m’a bêtement géné. Je ne suis même pas généticien des plantes. D’un autre coté, l’actualité à l’interface sciences et société concerne souvent les OGM. Alors je me suis parfois retenu de bloguer pour ne pas bloguer trop sur les OGM. A la réflexion, c’est dommage. Il manque je trouve de voix scientifiques dans cette discussion. La discussion Reddit, ou les réactions au billet kidiscience sur les OGM m’ont fait réaliser que je suis content d’avoir écrit les billets que j’ai écrit. Et que doit m’importer l’image que cela peut donner de moi ? Donc s’il y a une actualité OGM, je la traiterais, ou s’il y a quelque chose que j’ai envie de dire. Et je ne ferais pas attention à la fréquence du sujet.

Un dernier point que la discussion sur les OGM a mis en avant pour moi est le rôle de l’anonymat ou de son absence. Je ne pourrais pas écrire comme je le fais si on ne savais pas qui j’étais, si on pouvais soupçonner à tout moment quelque intention ou agenda caché (voir les « révélations » bizarres sur Mediapart – pas de lien parce qu’à l’heure où j’écris soit ça n’est plus en ligne soit je n’y ai plus accès). Et c’est vrai au-delà des OGM. Je suis clair sur mes compétences et limites, mes intérêts, mes biais, et j’écris et je réponds en mon nom propre. Ceci n’est pas un conseil ou une critique pour les autres blogueurs, qui ont d’autres intentions ou d’autres contraintes, mais pour moi d’utiliser mon vrai nom est une liberté.

Conclusion de tout ça : je reviens. 🙂

Dons de mitochondrie et nouveau blog à @lhebdo

cliquez, et amusez-vous bien

cliquez, et amusez-vous bien

En avril 2014, j’ai été contacté (entre autres) par le magazine suisse L’Hebdo (que vous connaissez peut-être au moins pour son expérience du Bondy Blog, maintenant hébergé par Libération), pour y faire un blog. Après hésitation, j’ai accepté. Par rapport à la discussion qui a eu lieu ici il y a un an sur les relations entre blogueurs de science et journalistes, je dois dire que l’approche de L’Hebdo est très ouverte et constructive : pas de nombre de billets minimal ou maximal, pas de ligne éditoriale imposée (bon faut rester dans la légalité hein), et pas de surveillance du style et de l’orthographe. Parfois des billets choisis peuvent être publiés dans la version papier.

Alors en avril dernier j’ai accepté, mais je n’ai pas trouvé le temps ou l’énergie d’écrire là-bas, avec l’élan de publication que j’avais déjà au cafe-sciences. Et puis j’ai repoussé parce que je cherchais un sujet grand public, mais pas les OGM pour changer, et pas le racisme pour pas faire exactement pareil que mon premier billet ici. J’ai finalement trouvé le thème, le temps et l’énergie, et j’ai publié mon premier billet à L’Hebdo :

Des dons de mitochondrie plutôt que des enfants à trois parents

Mon nouveau blog là-bas s’appelle Le sens du vivant, un clin d’oeil au nom du blog de Tom Roud Matières vivantes, et à un de mes films préférés, et je l’espère un nom plus clair que Tout se passe comme si.

Coup de bol, mon premier billet est sorti alors que les commentaires sur L’Hebdo sont plantés… En attendant, je suppose que vous pouvez commenter ici.

Et maintenant ? Je n’ai manifestement pas réussi à animer deux blogs en parallèle, donc je vais essayer de faire vivre celui-là quelques temps, et faire un bilan. Je m’attends à toucher un public différent, plus local mais moins intéressé à la science a priori. A suivre.

Dialogues #OGM : Antoine Guisan, Professeur en écologie spatiale

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« Val Trupchun » by Earth explorerOwn work. Licensed under Public domain via Wikimedia Commons.

(Ce dialogue s’inscrit dans une série, voir introduction dans ce billet.)

Marc Robinson-Rechavi (MRR): Salut, et merci d’avoir accepté ce dialogue. Est-ce que tu peux s’il-te-plaît nous résumer en 3 phrases ta formation et ta carrière scientifique ?

Antoine Guisan (AG): Salut ! Licence et diplôme (écotoxicologie lacustre) de Biologie à l’Université de Genève, puis thèse au Conservatoire botanique de Genève sur des modèles de distribution de plantes en milieu alpin, et suite de ma carrière dans le même domaine. Postdoc à Stanford (USA), 3,5 ans comme collaborateur scientifique au centre Suisse de Cartographie de la Faune à Neuchâtel et finalement à l’UNIL depuis 2001 (Prof. assistant puis associé).

MRR: D’où viens-tu en ce qui concerne les OGM ? Quelle était ta position de départ, et où en es-tu aujourd’hui ?

AG: Aucun background dans le domaine des OGMs. Aucune expérience professionnelle en génétique en tant que telle. Premières confrontations avec les problématiques d’OGM durant ma thèse, mais aucune implication directe dans mes projets ou enseignements. J’aborde plutôt cette problématique comme un citoyen connaissant la biologie (mais peu spécialisé en génétique) que comme un spécialiste du domaine. Quelques confrontations lors de forums à travers l’académie des sciences, où j’ai été président de la section V (Biologie ; maintenant disparue) de 2002 à 2004 environ, ou à travers la recherche d’autres collègues dans des programmes communs (par exemple le NCCR Plant Survival, Université de Neuchatel).

MRR: Bon là au départ on est sur la même longueur d’ondes, n’étant moi-même pas spécialiste non plus (voir Podcast). Tu peux nous expliquer en quoi consistait cette section à l’académie, et quel était ton rôle ?

AG: L’académie des sciences naturelles était anciennement organisée en sections par grand domaines scientifiques (biologie, chimie, physique, ..), dont le rôle était de chapeauter toutes les activités de l’académie en lien avec le domaine concerné. L’académie fédère toutes les sociétés naturelles locales et régionales en Suisse, et donc principalement l’attribution de crédits, l’organisation d’activités scientifiques (workshop, conférence, ..), la coordination scientifique, et le lien avec l’éducation et le grand public.

MRR: Et là-dedans, tu as eu affaire aux OGM ?

AG: Il y a eu à un moment donné création de structures internes ou transversales aux sections, les forums. L’un d’eux était le forum génétique, précisément orienté sur le débat autour du génie génétique. Mais je n’y ai pas participé activement, seulement assisté (depuis le public) à un ou deux débats. J’ai été plus impliqué dans le forum sur la biodiversité, qui est encore actif aujourd’hui.

MRR: On n’a pas encore vraiment abordé la question des OGM, là. 😉 Je sais que tu es assez critique, est-ce que tu peux nous donner tes critiques principales stp ?

AG: Je reste effectivement assez critique sur certains points. Mes critiques portent sur deux axes, l’un politico-éthique, l’autre plus scientifique (ou du moins politique des sciences). L’aspect éthique rejoint les questions posées par plusieurs ONG sociales et/ou environnementales, sur l’utilisation faites pas certaines multinationales des développements liés aux OGM, notamment sur la dépendence dans laquelle tombent certains agriculteurs notamment de pays en développement, sur la nécessité de cette technologie pour résoudre certains problèmes de nutritions dans le monde et sur la problématique des brevets sur le vivant. Le grand public est – à mon sens – très mal informé sur ces questions et le rôle des gouvernements est ambigu. Sur cette question, je me positionne surtout comme citoyen interpelé, moins comme biologiste. J’aimerais juste comme citoyen que ces questions soient abordées frontalement par les scientifiques, les gouvernements et l’ONU, et que des limites claires soient établies, notamment sur les brevets liés au vivant (auquel je suis plutôt opposé sur le principe).

MRR: En très bref, si un OGM existait sans brevet, sans implication privée, et dévelopé en toute transparence, est-ce que ces aspects-là du problème seraient levés pour toi ?

AG: Oui, ces aspects seraient pour moi réglés. Mais d’autres pourraient subsister, ce qui m’amène au 2ème axe critique. Celui de notre connaissance sur les conséquences possibles de la dissémination d’OGM dans les milieux naturels. La question qui se pose est : investit-t-on autant dans l’évaluation des conséquences des OGMs sur la santé et les impacts potentiels sur les écosystèmes que dans leur développement ? A mon sens, une société responsable devrait évaluer tous les aspects potentiellement nefastes des OGMs avant de procéder à des cultures à grande échelle. Je ne vois pourtant pas beaucoup de recherches publiées dans la litérature scientifique sur ces impacts potentiels, du moins dans la litérature que je connais (écologie, biogéographie).

MRR: Alors pour moi tes inquiétudes posent une question : qu’est-ce qui est spécifique aux OGM dans ces soucis, par rapport à des hybrides ou des mutants ?

AG: Peux-tu préciser d’abord ce que tu entends par hybrides ou mutants ? Naturels ou sélectionnés par l’homme ?

MRR: Ici j’entends développés par l’homme.

AG: D’une manière générale, le principe de précaution auquel je faisais référence devrait aussi s’appliquer à ces organismes.

MRR: Alors pour être provocateur, a-t-on besoin de réglements sur les OGM, ou sur tous les développements en agronomie ? Les OGM doivent-ils avoir des règles séparées ?
Pour être clair, en Suisse je vois des “villages sans OGM”, je ne vois pas de “villages sans hybrides” ou “sans graines brevetées” ou “sans variétés récemment introduites”. Cette classification fait-elle sens pour toi ?

AG: Je ne savais pas qu’il y avait de telles appellations. Je ne veux pas entrer dans ce débat précis. Mais je dirais à nouveau que nous devrions être prudents sur tout ce qui peut potentiellement amener des effets négatifs sur l’environnement. Je préférerais qu’on aille moins vite sur certains de ces développements agronomiques au bénéfice d’une meilleure compréhension et maitrise de leurs effets en milieu naturel ou sur la santé humaine.

MRR: Là je vois un point potentiellement important : un avantage de la technologie OGM pour ses défenseurs est qu’elle permet de faire plus rapidement ce qui prendrait très longtemps sinon. Donc ton souci est qu’en permettant cette accélération, on a moins de temps pour considérer les conséquences ?

AG : Oui, je suis effectivement inquiet de certaines conséquences nefastes. Beaucoup d’atteintes à l’environnement aujourd’hui résultent de développements qui étaient initialement positifs pour les sociétés humaines. Nous devrions apprendre de ces expériences passées et devenir plus “précautionneux”, et cela s’applique au génie génétique et autres biotechnologies, comme le contrôle biologique (souvent des insectes) de certaines plantes envahissantes. Il s’agit souvent de domaines où des développements économiques sont possibles et ces technologies sont reprises par des multinationales.

MRR: Au fond, ton souci principal n’est pas spécifique aux OGM, mais plutôt sur l’interface science-société au niveau des innovations et des risques. Est-ce que tu peux nous donner quelques pistes qui te paraissent aller dans le bon sens en ce qui concerne cette question au sens large ?

AG: Oui, c’est exactement ça. Je pense que la science produit plus vite qu’elle ne peut être évaluée et surtout synthétisée. Nous avons, je pense, passé un cap il y a quelques années en termes de production scientifique, avec un nombre de journaux et d’articles publiés toujours plus grand. Il en résulte parfois (cela dépend bien sûr du domaine) une difficulté à synthétiser toute l’information scientifique pour répondre à une question donnée. Nous sommes donc à un tournant dans notre manière d’apréhender la science comme outil pour la société : nous devrions investir désormais plus dans la synthèse – ou on parle parfois de “traduction” – de la science pour répondre aux questionnements de la société, comme typiquement le cas des OGM en milieu naturel. Des initiatives commencent à voir le jour pour synthétiser la science, comme c’est le cas en conservation, un domaine que je connais mieux. Un exemple est http://www.environmentalevidence.org, un organisme anglais à vocation internationale qui compile des rapports de synthèse sur diverses questions environnementales. Mais les moyens sont malheureusement encore très limités pour ce type d’activité de synthèse. Cette question du manque de “traducteurs”, ou “médiateurs” entre science et société touche d’ailleurs aussi mon domaine de recherche, un sujet que j’ai abordé très directement dans un de mes derniers articles dans Ecology Letters.

MRR: Alors quel serait ton mot de la fin pour le moment ? Ton “take home”message sur biologie et OGM ?

AG: Exercice toujours difficile! Mais je souhaiterais avant tout un meilleur dialogue entre science et société. Les scientifiques doivent comprendre les craintes des citoyens, et mieux expliquer les bénéfices mais aussi les risques liés aux développements scientifiques. Il faut savoir reconnaitre que la science a amené beaucoup de bon, mais qu’elle a aussi été à de multiples reprises détournée à de mauvaises fins. Et les citoyens et décideurs devraient apprendre à mieux consulter les scientifiques et leur littérature. Mais pour ce dernier point, on en revient à la question de synthétiser et vulgariser le flot grandissant d’informations fournies chaque année. On a plus que jamais besoin de “traducteurs” ou “médiateurs” entre science et société! Un nouveau job pour nos jeunes diplômés…?

Page web du groupe du Prof Guisan : http://www.unil.ch/ecospat/home.html

Introduction à une semaine de dialogues #OGM

cliquez sur l'image (rapport très vague avec le texte, mais BD amusante)

cliquez sur l’image (rapport très vague avec le texte, mais BD amusante)

Après un silence saisonnier (septembre, mois des étudiants qui rentrent et qui me donnent du boulot), voici un projet que je prépare depuis un moment. J’ai plusieurs fois parlé des OGM sur ce blog, mais toujours à la première personne. Or même si j’essaye d’être objectif et de couvrir les différents éléments et types d’évidence, je ne donne qu’un point de vue. Et en discutant avec mes collègues, je vois bien qu’il y en a plusieurs, des points de vue. En partie parce que, comme tout le monde, on peut avoir des philosophies politiques différentes. En surtout parce que selon l’aspect du monde que l’on étudie, on met l’accent sur des aspects différents, et ce biais professionnel colore notre vision du monde. Je trouve très intéressant aussi le décalage entre les différences de point de vue chez les biologistes, qui existent, et le débat dans la société, qui est beaucoup plus polarisé et marqué.

J’ai donc proposé sur l’été à 7 collègues biologiste de discuter des OGM. Il ne s’agit pas d’interviews au sens classique, et j’ai choisi de les appeler « dialogues » parce que c’est ce que nous avons fait. Le mode opératoire a été le suivant : on s’est assis ensemble avec 2 ordinateurs, avec un même document ouvert dans Google Docs. Je tapais des questions, eux des réponses, en même temps que nous discutions pour clarifier des points ou orienter la discussion ; en moyenne ça a pris une grosse heure par personne.

J’ai choisi mes collègues sur deux critères très subjectifs : représenter différents points de vue et approches de la biologie pertinents aux OGM ; et que j’ai une bonne relation avec eux, permettant un dialogue détendu. Ils sont tous de ma Faculté de Biologie et Médecine à l’Université de Lausanne, dans les départements de Biologie moléculaire des plantes, de Microbiologie fondamentale, de Génomique intégrative, et d’Ecologie et évolution (comme moi).

Je vais maintenant poster ces billets à raison d’un par jour, avec pause le week-end. Je met ci-dessous l’ordre prévu, qui pourra être modifié si un collègue me le demande en dernière minute. J’étais parti sur l’ordre alphabétique, légèrement modifié suite à certaines indisponibilités. J’ai demandé à mes collègues d’être disponibles pour répondre aux commentaires, mais ils n’ont pas pour la plupart l’habitude du médium blog, alors on va voir comment ça se passe. Ah et puis je n’ai pas voulu leur choisir une BD chacun, alors ils seront chacun illustré par un organisme sur lequel ils travaillent ou ont travaillé.

L’ordre prévu est (avec liens au fur et à mesure de publication) :

(* rien à voir avec la NASA, répartition des espèces dans les montagnes.)

(Et si vous êtes lecteur régulier de ce blog : Jérôme m’a suggéré ce billet ; Christian F. m’a envoyé les commentaires pris en compte ici ; je parle du travail d’Ian dans ce billet.)

Voilà, j’espère que vous apprendrez des choses.

Mise à jour : le bilan de ces dialogues ici.