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Commentaire sur « Vaccins : l’exception française en débat » chez {Sciences2}

Il y a un billet très intéressant sur la défiance énorme, irrationnelle et dangereuse des français envers les vaccins, sur le très bon blog {Sciences2} de Sylvestre Huet.

Pour des raisons que je ne m’explique pas, mes commentaires sur ce blog ne passent jamais, donc voici le commentaire que j’avais écrit ce matin (qui ne fait sens qu’après lecture du billet de M. Huet) :

Au-delà de l’influence des « médecines » alternatives, il me semble qu’il y a un courant plus large de défiance envers les scientifiques et de sacralisation du naturel, y compris dans une partie de l’agriculture « bio » et sa communication, l’opposition à de la recherche en génétique, etc. Des journalistes (pas M. Huet heureusement) peuvent-ils attaquer le consensus scientifique sur les OGM ou prétendre qu’un pesticide « naturel » n’est pas un pesticide, puis ne pas avoir une part de responsabilité dans la confusion générale, y compris sur les vaccins ?

Si je me remets à bloguer un peu plus, de quoi voulez-vous entendre parler ?

Normalement le lien du tweet vous emmène vers un sondage :

Edit : version Google pour ceux qui ne sont pas sur Twitter :

Loading…

(si embed ne marche pas et il y a écrit « Loading », aller ici : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSehye-4EufB5aIKfmsMsF9rTKspK8gzHsoomEYFuBA_OB-mNw/viewform)

Et puis si personne ne répond, je vais peut-être faire autre chose. Comme me retirer dans un monastère, démarrer une chaîne YouTube, ou juste tweeter.


Merci pour vos réponses ! Les gagnants (Twitter + Google) sont :

évolution 25 votes
OGM 18 votes
statistiques 14 votes
génome humain 9 votes

Et bien sûr comme suggéré par plusieurs personnes sur Twitter ou dans les commentaires, je vais continuer à écrire sur ce qui me plaît, mais ce petit sondage aide la motivation, notamment pour parler d’évolution.

Le principe de précaution est-il toujours appliqué sans discernement ?

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Dans un article récent de l’excellent blog Kidisciences, il y a un article qui fait un bon point sur l’idée persistente (mais apparemment fausse) qu’il ne faut pas nager après avoir mangé : Info ou intox : Il faut attendre deux heures avant d’aller nager après avoir mangé Une phrase m’a frappé dans ce billet :

En fait, comme souvent avec le principe de précaution – qui est toujours appliqué sans discernement – on fait en vérité plus de dégâts en croyant les éviter.

D’une part, je comprends la frustration des auteurs. Le principe de précaution est souvent utilisé en effet comme le principe « je ne comprends pas, donc non », ou le principe « c’est nouveau, on ne peut pas garantir 0% risque, donc non ». Mais le principe de précaution dans son intention n’est pas sans discernement me semble-t-il. Il dit qu’en l’absence de données on peut déjà prendre des précautions, notamment en cas de soupçons de risques pour l’environnement ou la santé. Comme je le comprends, bien appliqué, il n’exclut ni de continuer la recherche, ni de réviser les mesures de précaution à la lumière de données plus complètes lorsqu’elles deviennent disponibles. Au contraire dirais-je. Ca a donné lieu à une petite discussion Twitter avec le principal auteur du billet, Alan de Podcastscience :

Donc voici la réponse plus longue que je lui avais promise : le principe de précaution il me semble peut se baser sur des faits. Clairement, les peurs font partie de l’équation, mais si c’est rationnel (et on peut être d’accord que la plupart des prises de décision dans notre monde ne le sont que partiellement) alors les peurs font place aux faits au fur et à mesure du progrès des connaissances. En termes bayésiens : Proba(conséquences négatives sachant faits) = Proba(faits si des conséquences négatives) x Proba(conséquences négatives) / Proba(faits) Lorsqu’on a peu de faits informatifs, l’équation est dominée de manière rationnelle par la probabilité de conséquences négatives en l’absence de faits. Lorsque les faits deviennent informatifs, l’équation devient dominée par ces derniers, notamment à travers le terme Proba(faits si des conséquences négatives) (voir ce billet).

Pour revenir à l’exemple inépuisable des OGM, appliquer le principe de précaution quand ils étaient nouveaux et que l’on savait relativement peu n’était pas forcément irrationnel. Aujourd’hui, appliquer ce principe de manière générale aux OGM, avec ce que l’on sait, est par contre bien « sans discernement ». Mais l’appliquer encore aujourd’hui au saumon OGM en l’état des connaissances me parait justifié, « avec discernement » pourrais-je dire.

Voilà, ne jetons pas le bébé d’un principe qui peut être utile avec l’eau du bain des abus par des politiciens et lobbys divers.

(Ce billet et la discussion dans les commentaires sont discutés sur le site de Journal International de Médecine.)