Tout se qui est possible sera-t-il fait ? Brève sur l’édition de génomes humains #GeneEditSummit

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Il y a une conférence en cours sur les aspects éthiques de l’édition de gènes et génomes humains. Ca a notamment été couvert par Le Monde (payant). La conférence a été organisée parce que la technique CRISPR/Cas9 (voir ici et ici) et ses dérivés permettent des modifications aisées des génomes. Et si c’est possible chez la souris ou le cochon, c’est possible chez l’humain (voir ici et ici).

Je ne vais pas écrire longuement sur le sujet maintenant, mais juste noter le tweet suivant de Paul Knoepfler, chercheur et blogueur sur les cellules souches (on a parlé de son blog ipscell ici) :

Philip Campbell est l’éditeur en chef de Nature, le journal scientifique le plus prestigieux de la planète. Et ce qu’il nous dit c’est que (1) des scientifiques font des expériences d’édition de lignée germinale (spermatozoïdes et ovules) humains, (2) ils soumettent les résults à Nature, (3) Nature refuse, (4) parce qu’ils n’ont pas suivi les règles éthiques du journal.

Il parait difficile d’en conclure autre chose que « si c’est faisable, ça sera fait ». Et que nos commentaires éthiques n’y changeront pas grand chose. Mais peut-être suis-je trop pessimiste. En tous cas, ça me parait un problème autrement plus urgent que les sempiternelles bisbilles autour des OGM en agriculture.

Voir aussi ce tweet par exemple, George Church étant un généticien très connu et favorable au laissez faire en la matière :

Je recommande de regarder les « top tweets » si vous êtes intéressés : https://twitter.com/hashtag/GeneEditSummit

4 réponses à “Tout se qui est possible sera-t-il fait ? Brève sur l’édition de génomes humains #GeneEditSummit

  1. Un grand merci pour ce billet et les références à explorer.

    « Tout se qui est possible sera-t-il fait ? »

    J’ai envie de répondre : OUI !

    Nous sommes maintenant tellement nombreux sur terre que nous produisons inévitablement, en quantité suffisante, des savants fous pour qui il n’y a pas de limite. Remarquez qu’il leur faudra des cobayes… humains.

    Mais au-delà, il faut savoir si une technique a des perspectives raisonnables dans le monde réel.

    A priori, sur ce sujet, il faut distinguer les cellules somatiques des cellules germinales.

    Sans être un expert de la question (même pas vraiment un amateur éclairé), il me semble que, par exemple, réparer un gène défectueux d’hémoglobine dans le cas de la thalassémie puis multiplier et réinjecter les cellules de moelle osseuse pourrait être une voie d’avenir.

    La santé n’a pas de prix, mais elle a un coût. Coût de la méthode par rapport aux transfusions sanguines ? Coût-bénéfice en termes de bien-être pour le patient ? On peut penser qu’il y a des perspectives.

    Quant aux cellules germinales… Des candidats parents seront-ils prêts à endurer tous les soucis physiques et psychiques pour, en fait, transmettre une sélection aléatoire de tous leurs gènes (dont un gène réparé – si la réparation a bien eu lieu), alors qu’il y a des solutions bien moins douloureuses ?

  2. Ne prenez pas de pincettes ! Tôt ou tard « Tout ce qui est possible en génétique moléculaire sera fait ». Ce n’est pas de la « prescience » (tiens !) c’est de la plausibilité, de l’histoire et de la sociologie, du sens de « Perspective ».

  3. /// Tôt ou tard « Tout ce qui est possible en génétique moléculaire sera fait ». Ce n’est pas de la « prescience » (tiens !) c’est de la plausibilité, de l’histoire et de la sociologie, du sens de « Perspective ».

    Je crois qu’on oublie un peu rapidement la distinction entre deux choses qui ont des rapports étroits, mais ne se confondent pas, la « science » et la « technique » Il est à la mode de les confondre, sous l’hypothése de la domination irrésistible des « techno sciences » (les techno sciences désignant la période particulière ou science et technique se confondent) mais cette domination inconditionnelle doit pourtant être intérrogée. Car si il n’y a pas de limite à la « connaissance objective », il y a bien des limites aux techniques mises en jeu dans une société donnée.

    Si par exemple, quand il a été question de choisir un « anti détonnant » pour l’essence, deux choix étaient possible : soit le plomb tetra, soit le sucre issu des consommations agricoles. Et si le choix a penché envers le premier, ce n’est pas en raison de ses qualités « objectives », mais en raisons de considérations dans laquelle la science ne décidait de rien…

    La technique a toujours eu partie liée à la société dans son ensemble : tant que l’esclavage était la forme privilégiée du « travail », les moulins a vent n’avaient que peu de chance d’être développé… La science aussi, bien entendu, mais elle a toujours joui d’une indépendance (relative) bien plus importante vis a vis des techniques.
    Par exemple, les « ogm » (en fait les pgm, les seules dont on discute l’utilité pour la société) sont une technique, et n’ont rien de plus « scientifique » que l’agroforesteries (elle même n’ayant rien de plus pur que les industriels de la chimie appliqué à l’agriculture)

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