L’agriculture kényane prend le chemin des #OGM, les journalistes du Monde ne prennent pas le chemin du sens critique

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Alors que j’essaye de me botter le derrière pour finir quelques billets de blogs avec un peu de substance, que vois-je dans Le Monde ? Un article sur « L’agriculture kényane prend le chemin des OGM » qui cite plusieurs choses erronées sans la moindre distance. Imagine-t-on un article qui cite « les vaccins donnent des maladies comme l’autisme » sans aucun recul ? Parce que c’est le niveau.

D’abord notons la citation « Les scientifiques du pays sont à l’unisson derrière le discours du vice-président ». On ne saura pas pourquoi les scientifiques sont à l’unisson favorables à un truc aussi mauvais. Peut-être sommes-nous tous des monstres. Ou peut-être y a-t-il des faits intéressants à obtenir en leur parlant ? On ne saura pas, aucun n’est cité. Ni aucun scientifique étranger d’ailleurs. C’est clair, les plantes, les virus, les gènes, tout ça est étranger aux scientifiques.

En détail :

…moratoire sur les importations d’OGM, instauré en 2012, suite à une étude démontrant que le maïs transgénique pouvait provoquer des cancers chez des rats de laboratoire.

Il ne peut s’agir que de la pseudo-étude de Séralini et al, qui n’a rien démontré du tout. Une phrase plus juste aurait été « qui a soulevé le soupçon que le maïs transgénique pouvait provoquer des cancers chez des rats de laboratoire, mais depuis été retirée et jamais reproduite. »

« Le maïs MON810 disperse autour de lui une toxine qui fait chuter le nombre d’abeilles et la biodiversité, contamine les plantes aux alentours. »

Les abeilles, on peut comprendre, si on met du maïs Bt (ce qui est le cas de MON810) qui contient un insecticide, quoiqu’aucun lien avec les problèmes des abeilles n’ait jamais été montré malgré plusieurs études. Le Bt ciblant les lépidoptères (voir discussion sur l’effet sur d’autres espèces ici). Et on peut toujours rappeler que le même Bt est utilisé en agriculture bio, en pulvérisation. (Edition : en plus les OGM contrairement aux pulvérisations conventionnelles ou bio ne dispersent rien du tout.) Les plantes aux alentours, j’ai un peu plus de mal. Comment un insecticide peut-il leur faire du mal ? On peut aussi rappeler l’étude montrant un gain de biodiversité des insectes avec des OGM Bt. Bref, affirmation très forte qui n’est soutenue par aucun élément factuel.

Je suis encore plus perdu car l’article parle de protéger le maïs d’un virus, ce qui est possible par OGM dans certains cas (notamment papaye à Hawaï), mais n’a rien à voir avec l’insecticide Bt. Je suppose que c’est un effet secondaire de la mise dans le même sac de tous les OGM dans la plupart des discours, mais il faut bien répéter que chaque OGM est différent, c’est juste une technique pour obtenir ce que l’on veut. Ce que l’on veut, c’est très divers. Juste avant les phrases citées ci-dessus, on note d’ailleurs que les « OGM de Monsanto, résistants au virus, apparaissent comme une solution d’urgence ». Si c’est ceux résistants à un virus, ce n’est pas le MON810 alors ?

« On ne maîtrise pas non plus les conséquences sur la santé : des études montrent que les OGM peuvent avoir des effets sur les reins, provoquer des allergies ou des problèmes sexuels. »

Là c’est carrément bizarre. Chaque fois que je lis un article grand public sur les OGM je découvre de nouveaux maux qu’il sont sensés causer (voir ici par exemple). Des problèmes sexuels ? Parce qu’un maïs résiste aux insectes ou à un virus ? Comment pourquoi ? Ca cause aussi les ongles incarnés ? Pour les allergies, on rappelle que les OGM sont testés à ce propos, contrairement à toutes les autres variétés générées par mutagenèse ou hybridation, et qu’on commence à avoir pas mal d’expérience là-dessus.

Plus inquiétants, selon Justus Lavi, « la levée du moratoire, et l’autorisation de culture OGM au Kenya, seraient une porte ouverte pour les OGM sur tout le continent. »

Là on touche finalement au même fond du problème qu’avec le riz doré ou les moustiques à descendance stérile. Il y a un tel investissement moral et pratique dans le refus de principe des OGM qu’il est inacceptable qu’un OGM particulier fasse partie de la solution à un problème particulier.

Je me répète, mais si quelqu’un ne veut pas d’OGM pour des raisons philosophiques, qu’il le dise. Mais il faut arrêter de répéter à l’infini des choses simplement fausses, et de tout mélanger sous l’étiquette somme toute trompeuse « OGM ».

32 réponses à “L’agriculture kényane prend le chemin des #OGM, les journalistes du Monde ne prennent pas le chemin du sens critique

  1. Ne vous en faites pas trop: dans les pages Planète du Monde, on prend au premier degré les électro-hypersensibles. Ce qui est effectivement du même niveau que « les vaccins qui rendent malade ».

    • Effectivement j’ai vu ça. Par contre les commentaires sont clairs sur les « électro-sensibles ». C’est moins politiquement chargé que les OGM faut dire.

      • Moins politiquement chargé: pas d’accord. La différence, c’est que sur les OGMs, les écolos ont largement gagné la bataille politique pour les esprits. Ce qui fait que même parmi les gens ayant une formation scientifique, l’opposition semble être la position dominante (j’ai pu le constater à quelques reprises). Mais les écolos ont aussi soutenu une loi anti-onde-électromagnétiques, qui est passée sous une forme atténuée.

        Mais le point important, c’est que la démarche des journalistes est la même: on écoute que des militants, le consensus scientifique est totalement ignoré, voire décrit comme étant le résultat d’un complot (forcément répandu par des gens stipendiés par des firmes sans scrupules).

        Malheureusement, je pense qu’on se trouve à la confluence de 2 problèmes:
        * les journalistes de la rubrique sont convaincus que les OGMs, c’est le mal.
        * les associations écolos leur proposent des articles quasiment clefs en mains en leur fournissant citations, anecdotes, petits faits, etc.

        Personnellement, je ne vois pas bien comment le Monde pourrait se faire le relais du consensus scientifique sur la question des OGMs à court ou moyen terme.

  2. Ping : L’agriculture kényane prend le che...

  3. Bonjour,

    J’ai lu l’article du Monde ce matin au petit dej, et j’ai exactement pensé la même chose pour chaque paragraphe (bon je ne suis pas néophyte 😉 , merci de cet article. Une très bonne analyse.

    Pour la biodiversité : l’étude sur le papillon n’a pas été reproduite je crois :
    http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/1/39/38/37/OGM-impact-biodiversite-9avril11.pdf

    Effets mineur du bt sur insectes : http://www.gmo-safety.eu/results/140.effects-may-exist-extremely-minor.html

    Insectes et pesticides + ogms bt : http://cabiblog.typepad.com/hand_picked/2009/04/environmental-impacts-of-bt-crops-on-target-or-non-target.html

    Effet sur vers de terre du bt : http://www.gmo-safety.eu/news/1165.term-study-cultivation-maize-does-affect-earthworms.html

    HS : Pour l’électrosensibilité et le jugement d’hier : on retiendra la reprise du communiqué de Robin des toits (donc très partisan) sans analyse critique du jugement (posté sur un autre site), ils ont bien remis le terme de l’OMS 2005 : hypersensibilité magnétique (qui est déjà houleux comme terme au vu de la portée communicative, mais il faut bien le nommer…), mais le terme d’électrosensibilité n’est pas mentionné. Il ne faut plus s’étonner venant du Monde…

    • Bonjour,

      Vouvez-vous donner le lien vers le jugement ?

      • oui pas de problème, le voilà : https://cdn.nextinpact.com/medias/jugement_ehs_handicap_2015_08.pdf [lien depuis cet article : http://www.nextinpact.com/news/96279-l-electro-hypersensibilite-reconnue-comme-handicap-par-justice.htm – note ajoutée par MRR]

        a noter que le médecin en question est connu dans la région, mais le diagnostic du jugement est comment dire… Incroyable! : http://www.ladepeche.fr/article/2005/08/02/371172-ariege-la-medecine-rurale-part-en-campagne.html

        • Très grand merci !

          Ce « jugement » est à se rouler par terre !

          Aucune description des arguments des parties. On sait seulement qu’il y a eu débats.

          Le tribunal (paritaire) semble avoir pris l’ « expertise » du médecin à sa valeur faciale et sauté à la conclusion juridique.

          Pour la partie « Le diagnostic », on doit se demander si elle fait partie du diagnostic du cas de Mme X ou s’il s’agit de la régurgitation d’une opinion sur l’électrosensibilité.

          « La description des signes cliniques est irréfutable » ? Les juges ont gobé ça, sans disposer de ladite description et sans questionnement. C’est d’autant plus incroyable que le texte se poursuit :

          « La symptomatologie disparait dès que les causes sont éliminées ; mais cette élimination impose un mode de vie et des sacrifices qui ne permettent pas la moindre suspicion de simulation. »

          Ce médecin a-t-il posé son diagnostic – s’il en a vraiment posé un – en se fondant sur le mode de vie choisi par Mme X. Comme preuve de l’existence de troubles ?

          Dans l’évaluation du handicap, le médecin ne formule pas de diagnostic précis sur les 19 activités. « [E]lles peuvent être toutes altérées… » Et il se fait le porte-parole de Mme X., en jouant de misérabilisme. »

          En tout cas, contrairement à ce qu’on peut lire dans la presse, le Tribunal n’a pas reconnu l’électro-hypersensibilité reconnue comme handicap :

          « S’il ne fait pas partie de données acquis, avérées, de notre système de santé français [ce syndrome] est reconnu par d’autres pays. »

          Le Tribunal ne s’est pas prononcé sur cette déclaration du médecin. Le syndrome n’est pas reconnu. Point-barre. Il ne fait que sauter à la conclusion. L’expert a dit 85 %, c’est 85 %, etc. donc droit à l’allocation.

          Que l’AFP, suivie par de nombreux journaux ait gobé le texte prémâché de Robins des Toits sans l’ombre d’un soupçon d’esprit critique est proprement intolérable.

  4. Je m’étonne de votre esprit critique. Vous êtes ouvertement pro OGM donc vous êtes à mon sens aussi coupable que les journalistes du monde.
    Pour moi les OGM c’est comme le nucléaire. Les soit disant scientifiques disent que c’est sans danger. Vous y croyez? Il y a du bon et du mauvais. Cependant, par mesure de précaution, il faut s’en abstenir.

    • Est-ce que vous pourriez suggérer comment le billet aurait du être écrit pour être ni pro ni anti OGM, tout en respectant l’état des connaissances scientifiques ?

      Quand vous dites « soit disant scientifiques », comment distinguez-vous un soit disant d’un authentique ? Moi, que suis-je ? (page pro : http://www.unil.ch/dee/home/menuinst/people/group-leaders/prof-marc-robinson-rechavi.html)

    • Moi, je m’étonne que quelqu’un puisse s’étonner que quelqu’un d’autre fasse preuve d’esprit critique.

      Ne serait-ce pas faire preuve d’esprit critique que de critiquer quelqu’un d’autre à propos de son esprit critique ? Serait-je trop critique ? La question est en fait critique ? Car critiquer quelqu’un pour son esprit critique est peut-être bien une manifestation d’intolérance et de refus de la libre pensée et la libre expression d’opinions.

      Cela se confirme par une allégation de culpabilité… Vu l’idée générale du commentaire, on peut penser que le fait de trouver l’auteur du billet « aussi coupable que les journalistes du monde » — faisons dans la lourdeur : d’imputer une culpabilité aux journalistes du Monde (avec une majuscule, car il s’agit de ceux du quotidien) – est une erreur critique de la part du commentateur.

      « Pour moi les OGM c’est comme le nucléaire. Les soit disant scientifiques disent que c’est sans danger » ? Avez-vous des sources pour une telle affirmation ? Qui sont ces « soit disant scientifiques », et que disent-ils précisément ?

      « …par mesure de précaution… » ?, il faut s’en abstenir. Par mesure de précaution il ne faut pas se lever le matin. Et surtout ne pas aller dans la salle de bain… on risque de glisser sur la savonnette.

  5. @LaSko

    il y a une erreur de taille dans vos propos, ce ne sont pas les « soit disant scientifiques (qui) disent que c’est sans danger ».
    Ce sont les soit disant scientifiques (autrement dit les pseudo-scientifiques) qui disent qu’ils sont dangereux !

    Cela n’est pas sans rappeler les propos de PLATON dans Phèdre (275a), toujours criant d’actualité :
    « Quant à la science, c’en est l’illusion, non la réalité : lorsqu’en effet ils auront réussi sans enseignement à se pourvoir d’une information abondante, ils se croiront compétents en une quantité de choses alors qu’ils sont, dans la plupart, incompétents : insupportables en outre dans leur commerce, parce que au lieu d’être savants, c’est savant d’illusions qu’ils seront devenus ! »,
    phrase rappelée par Gérald Bronner dans son excellent ouvrage :
    « la démocratie des crédules » que tous les « anti-tout » et autres escroloverdâtres feraient bien de lire.
    Peut-être arriveraient ils à percevoir (restons optimiste) à quel point ils ont été (sont) auto-manipulés par leur propre discours approximatif (qui plus est médiocre mais pire mensonger) relayé, amplifié par les médias, et trop souvent les politiques qui n’en savent pas plus qu’eux. Avec le temps, c’est non plus un cercle vicieux mais une spirale vicieuse !

  6. points de détail, quoique ! :

    il est dit :
    « Une phrase plus juste aurait été « qui a soulevé le soupçon que le maïs transgénique pouvait provoquer des cancers chez des rats de laboratoire, mais depuis été retirée et jamais reproduite. »
    Cette phrase n’est même pas « plus juste ».
    Il n’aura pas fallu plus d’une heure après sa publication pour que de nombreux scientifiques se rendent compte des erreurs nombreuses de cette « publication ».
    (qui effectivement n’existe plus légalement aujourd’hui, retirée par l’Editeur un an après). Un commentaire cinglant a été publié très rapidement : « cette publication ne vaut pas un clou ! ».

    Concernant une phrase du Monde :
    « Le maïs MON810 disperse autour de lui une toxine qui fait chuter le nombre d’abeilles et la biodiversité, contamine les plantes aux alentours. »

    l’auteur signe son incompétence par une telle formulation. En aucun cas, le MON810 (ou toutes les PGM résistantes à un insecte donné via la production d’une des nombreuses toxines que l’on peut trouver chez une bactérie du sol Bacillus thuringiensis (d’où en abréviation : Bt) ne disperse autour de lui la toxine Bt qu’il produit.
    Par ailleurs rappelons que des suspensions de bactéries (Bt) sont largement utilisées par l’AB depuis des dizaines d’années sans que l’on ait pu constater à ce jour de problème quelconque. Dans ce cas, on a pas affaire à une seule toxine Bt mais à de nombreuses bien moins connues que la toxine Cry1Ab des maïs porteurs de l’événement de transformation MON810.

    De plus :
    Pas d’effets sur les abeilles, pas d’effets sur la biodiversité, pas de contamination des plantes aux alentours !
    Une phrase donc qui est un tissu d’ânerie reflétant une ignorance profonde.

    • Je suis d’accord sur le fonds concernant la référence à l’étude de 2012. Mais je voulais proposer le type de phrase qu’aurait pu écrire non un scientifique, mais un journaliste non spécialisé ayant fait un petit effort d’information critique.

      D’accord aussi sur la « dispersion de toxine » par MON810. Je dois avouer que ce billet a été écrit très vite, et après coup je me suis rendu compte que l’article de départ était encore pire qu’à la première lecture. C’est pour ça que j’avais rajouté Edition : en plus les OGM contrairement aux pulvérisations conventionnelles ou bio ne dispersent rien du tout.

  7. Youhou, on a pas non plus assez de recul pour dire que ces technos ne sont pas dangereuses, vous faites fi du principe de précaution.

    Non parce que la, on ne parle pas d’un nouveau mode de compression sans perte de la musique, on parle d’action qui peuvent potentiellement impacter l’humanité a des niveaux gravissime.

    Dan le même genre, j’en ai entendus dire que l’amiante, c’est des conner*es, c’est pas dangereux…

    En plus le rôle de la science n’est pas de dire si c’est éthique ou pas, la science dit juste si c’est possible ou pas.
    Si vous voulez la ramenez a ce niveau, c’est un blog de philo qu’il faut ouvrir!

    En tous cas, félicitations, a force de vanité scientifique (oui une bonne majorité des articles ont un ton pédant) vous avez perdu un lecteur, et je suis de ne pas être le seul!
    rm -rf cafe-sciences.org

  8. @ lulz
    l’argument classique : « on n’a pas assez de recul » !!!

    La mise sur le marché d’un OGM fait l’objet d’un nombre de contrôles, vérifications, évaluations, expertises (pour un profane) et il y a peu de choses parmi les activités humaines qui soient autant contrôlées (pendant la création, pour la mise sur le marché, après mise sur le marché). Les autres modes d’agriculture sont loin de pouvoir en dire autant !
    Le principe de précaution, il est appliqué mais dans sa plus mauvaise acception Il ne s’agit pas, comme l’ont compris les politiques, de ne rien faire !

    Au bilan et malgré tout avec plus de 20 années de recul pour les PGM commercialisées (plus de 30 années pour la première plante transgénique, tabac 1984), on ne peut mettre en évidence aucun accident ou même simple mal de tête lié à leur obtention et à leur utilisation.
    Aucun danger à ce jour avéré et c’est donc la seule activité humaine qui a un risque ZERO (le risque se définit par la probabilité d’occurence d’un danger. Comme aucun danger n’est avéré, le risque est toujours égal à zéro !)
    Pire même, le rejet systématique des OGM conduit à oublier les bénéfices qu’ils apportent et notamment et surtout sur le plan de leur sûreté sanitaire.
    Pour faire simple, il vaut mieux manger 1) des produits issus de PGM (car on ne mange pas d’OGM, hérésie encore qui traine en permanence) que 2) des produits issus de l’agriculture conventionnelle et 3) des produits issus de l’AB.
    C’est simplement du bon sens et le respect des lois basiques de la biologie !!!
    D’ailleurs, le temps et les faits sont là pour le prouver…. des accidents liés à l’utilisation de produits issus de l’AB conduisent régulièrement à des accidents (parfois très graves : décès -le fameux « pseudo-concombre » bio en 2011) mais d’autres plus récents quand ce n’est pas de « simples » retraits ou rappels (et là c’est au moins un par semaine).

  9. Marc Tertre

    Je ne comprend pas du tout que vous reproduisez avec complaisance les mensonges sur la « fameuse » étude de Séralini. Etude qui n’a jamais eu comme objectif de montrer que les ogm « donnaient le cancer » mais de montrer que les études diligentées par Monsanto pour montrer l’inocuité de leurs ogm étaient réalisée sur une trop courte période pour etre significative. Rappellons que celle ci consiste a nourrir des rats spécifiques, connu pour déveloper « naturellement » des tumeurs. On ne constate pas de différence significative sur le développement de tumeur entre rats nourris aux ogm, et les autres pour la durée de l’expérience. Séralini a uniquement poussé la durée de l’expérience. Le résultat significatif a été que si on pousse l’expérience sur un an, on voir apparaitre des différences significatives. Séralini a insisté sur le fait que les tumeurs en question n’étaient pas « cancéreuses ».
    Or séralini a beau répéter sur tous les tons ce que je viens de dire, il n’empéche que les partisans de l’agro industrie type monsanto répétent sans en changer une ligne les mêmes mensonges. Pourquoi ?
    Aprés, l’article du monde est surtout intéressant sur ce qu’il montre d’une « sociologie du risque » tout a fait intéressante. En effet, les paysans kenyens n’ont aucune confiance en monsanto. Et ils l’expriment par des affirmations qui n’ont rien de « scientifique » mais qui se nourrissent d’un « fond » tout a fait particulier. C’est tout a fait intéressant.
    C’est tout a fait intéressant pour une étude de sociologie, essayant de rendre compte objectivement de phénoménes sociaux importants et intéressants. Pas pour des diatribes pro ogm surtout motivées par des raisons irrationnelles, comme on peut le constater en lisant l’article.

    • Diantre, quelle accusation, je « reproduis des mensonges » !

      D’une part, j’ai écrit en réaction à ce que l’article du Monde affirmait qu’en 2012 il y avait eu « une étude démontrant que le maïs transgénique pouvait provoquer des cancers chez des rats de laboratoire ». Je fait remarquer que c’est incorrect. Ce que vous écrivait montre que vous êtes d’accord que c’est incorrect me semble-t-il, et pourtant vous avez l’air très faché contre moi.

      D’autre part, si on tient à revenir encore et toujours à cet article qu’on ferait mieux d’oublier, on peut noter d’une part que je ne reproduis pas ce que je lis ailleurs le concernant, mais que je l’ai lu et commenté (voir http://toutsepassecommesi.cafe-sciences.org/2012/10/19/pourquoi-est-ce-que-letude-seralini-sur-les-ogm-menerve/ et http://toutsepassecommesi.cafe-sciences.org/2012/10/23/critique-de-deux-articles-pro-ogm-plutot-ennuyeux-quon-ma-signale/). Et d’autre part que dans l’article d’origine (celui de 2012, retiré depuis par l’éditeur, pas la republication avec changements cosmétiques), il est très clair que l’objectif est d’étudier l’impact d’un OGM (enfin eux écrivent « les OGM » « GMOs », ce qui ne veut pas dire grand chose dans ce contexte) sur la santé des rats. Il n’y a pas le mot « Monsanto » dans l’Introduction (où sont expliqués les objectifs) ni dans la Discussion (où les résultats sont mis en perspective et interprétés). Il y a une fois le mot « industry » dans chaque, mais pas dans un contexte qui permettre de comprendre que cette étude a pour objectif de montrer les limites des études industrielles. D’ailleurs, je l’ai déjà écrit pas mal de fois, mais si on veut montrer des problèmes avec les études industrielles, on fait une méta-analyse ou une analyse de puissance statistique, pas une étude qui elle-même ne montre rien.

      Vous écrivez quand même : « si on pousse l’expérience sur un an, on voir apparaitre des différences significatives ». Bin non, on va voir apparaître des tumeurs dans ces rats quelque soit le traitement. Comme les groupes sont tout petits et que les auteurs testent tout et n’importe quoi, les différences vont dans tous les sens, donc selon ce qu’on regarde on peut trouver une augmentation ou diminution des tumeurs avec les OGM.

      La « sociologie du risque » est en effet intéressante, mais ce n’est pas ce que propose l’article du Monde, j’en suis désolé. Il n’écrit pas « Il n’y a pas de problèmes connus avec les OGM, mais certains paysans s’en méfient toutefois, et nous allons essayer de comprendre pourquoi ».

  10. Marc Tertre

    sur le probléme d’electrosensibilité, il me semble qu’il y a une lecture biaisée du jugement. Le spécialiste a dit une seule chose : cette femme est VRAIMENT malade, peu importe sur quoi. Il ne s’est absolument pas prononcé sur la raison de ses troubles, uniquement sur leur réalité Vous avez l’air de croire que ce type de jugement peut trancher en ce qui concerne le phénoméne de l’electro sensibilité. Or il tranche uniquement sur l’allocation d’une pension d’infirmité. Cela n’a rien à voir !
    Est ce que l’un des protagoniste connait un « elecrosensible » dans son environnement ?

    • Je suis allé voir votre blog suite à vos commentaires. J’ai du mal à comprendre ce que vous voulez dire en général, à part que vous vous méfiez de la science quand elle ne dit pas ce que voulez entendre.

      La réalité, c’est ce qui ne disparait pas quand on arrête d’y croire.
      https://fr.wikiquote.org/wiki/Philip_K._Dick

      Vous êtes le bienvenu à continuer à commenter ici, même si je n’aurais pas toujours le temps de répondre. 🙂

  11. Marc Tertre

    « j’ai écrit en réaction à ce que l’article du Monde affirmait qu’en 2012 il y avait eu « une étude démontrant que le maïs transgénique pouvait provoquer des cancers chez des rats de laboratoire ». Je fait remarquer que c’est incorrect. Ce que vous écrivait montre que vous êtes d’accord que c’est incorrect me semble-t-il, et pourtant vous avez l’air très faché contre moi. »
    Encore une fois, l’étude de séralini n’avait pas comme objectif de prouver que les pgm vendu par monsanto étaient cancérigènes, mais que les tests réalisés par Monsanto n’avaient aucune valeur scientifique, car trop courts (selon Séralini, ils devraient être réalisés sur une durée de un an, et pas de trois mois) Bref, Séralini a uniquement contesté la durée des tests d’innocuité de Monsanto. Et il y a parfaitement réussi puisque tout ce qu’on peut reprocher à Séralini est tout autant présent dans les « tests » concoctés par Monsanto. Donc soit vous ne vous etes pas vraiment renseigné (et c’est dommage) soit vous mentez (et c’est encore plus dommage)

  12. Marc Tertre

    « Je suis allé voir votre blog suite à vos commentaires. J’ai du mal à comprendre ce que vous voulez dire en général, à part que vous vous méfiez de la science quand elle ne dit pas ce que voulez entendre. »
    Mon point de vue est celui ci : je travaille dans les sciences de l’information et de la communication, et je m’intéresse plus précisément à la communication des sciences et des techniques dans une période de doute de « l’opinion publique » envers certaines de ses disciplines (les pgm, le nucléaire, les nanotechniques). Mon hypothèse générale est que cette « période de doute » n’est pas la conséquence d’une « irrationalité » de l’opinion publique mais bien d’une série de « faits sociaux » qui entrainent ce type de réaction.
    « La réalité, c’est ce qui ne disparait pas quand on arrête d’y croire. »
    C’est de la philosophie, et ce n’est pas mon fort ! Le probléme c’est qu’il existe plusieurs sortes de croyances, et peut être plusieurs sortes de « réalité ». Parce que si on suit philip K dick, l’atome par exemple n’existe pas (puisque son existence est déterminée par des expériences impossibles à réaliser par le commun des mortels)
    Je ne suis pas convaincu que le « réel du chat » (qui est présentement en train de se frotter à mes mollets en poussant des cris déchirants) soit le même que le « réel de l’ADN » (qui ne peut m’apparaitre qu’indirectement)

  13. Si je peux me permettre un petit commentaire philosophique… La réalité n’est pas ce qui nous apparaît directement, au contraire : c’est ce qui existe indépendamment de nous. C’est ce que la citation exprime. Les atomes (s’ils sont réels) ne disparaissent pas quand on cesse d’y croire, ils continuent d’exister dans la nature. De ce point de vue l’idée qu’il y ait « plusieurs réalités » n’est pas forcément très cohérente, ça sous entend que la réalité serait relative à un point de vue, alors que justement ce qui caractérise le concept c’est d’être indépendant des points de vue. En fait le relativisme affirme plutôt qu’il n’y a pas de réalité !

    Bien sûr tout ça ne veut pas dire que la science parvient à décrire correctement la réalité, ni même qu’elle existe. C’est une vaste question. Ceci dit indéniablement les sciences prétendent faire référence à des objets qui nous sont indépendants. L’idée que ses objets dépendraient du contexte social, qu’il existerait plusieurs mondes de signification radicalement incommensurables, était à la mode il y a quelques décennies mais elle n’a jamais produit d’arguments très convainquants sur le plan épistémologique. Et sur le plan sémantique, c’est mal comprendre que le langage lui même fonctionne par référence à des objets qu’on conçoit comme indépendants de nous, de la façon même dont on les conçoit (on peut changer de théorie ou de point de vue à propos d’objets en continuant de parler des mêmes objets) et non à une couche superficielle de phénomènes ou à de purs concepts.

    En outre le pouvoir explicatif des théories, la façon dont elle rend compte de manière cohérente et unifiée d’une grande variété de phénomènes, ou sa capacité à faire de nouvelles prédictions inattendues et à permettre le développement de techniques efficaces sont des bons indicateur qu’elle parvient en effet à décrire correctement la réalité (au moins sous certains aspects, par exemple structuraux). La principale motivation du réalisme c’est d’expliquer ce succès : si nos théories ne correspondent pas à la réalité, comment expliquer qu’elles fonctionnent, et continuent de fonctionner ? Doit-on se contenter d’un simple constat ?

    En tout cas le fait qu’on accède indirectement aux atomes ou à l’ADN, parfois par l’intermédiaire d’un appareillage complexe qui repose lui même sur nos théories, n’est pas une raison suffisante pour penser que le contenu de la science serait relatif et ne correspondrait à rien de réel.

  14. Bonjour,

    Un énième article qui va vous plaire, au cas où il vous prendrait l’envie d’en parler rapidement, car je ne connais pas le personnage: https://mrmondialisation.org/5-mythes-sur-les-ogm-demontes-par-dr-vandana-shiva/

    Je suis jeune sur ce blog, et je voulais vous remercier pour ces articles. En tant que futur jeune chercheur, et très attaché à la rigueur, j’ai tendance à accorder plus de crédit à ce que peut dire un chercheur expérimenté, plutôt qu’un journal ou une opinion publique (je suis sur le bon chemin, right?).
    Désolé si cet article ne vaut pas la peine d’en parler, voire s’il existe déjà un post sur cette Dr Shiva, je n’ai pas encore fouillé tout le site.

    Richard