#Scidiverse : peut-on avoir le beurre de fermer les frontières et l’argent du beurre de la bonne science ?

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Suite aux discussions sur la sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne, le bioinformaticien célèbre et co-directeur de l’EBI (European institut for bioinformatics, Cambridge) a publié les tweets suivants :

Ce qui a généré pas mal de réactions spontannées d’autres personnes publiant les stats de leurs labos. Voici les miennes :

Du coup Ewan a lancé le hashtag #scidiverse. Et pour collectionner les données automatiquement, il a proposé aux gens de suivre un format standard. Ce qui est une approche très bioinformatique : si on veut pouvoir utiliser plein de données, il faut qu’elles soient organisées de manière standard, ce qui permet de les traiter informatiquement.

Ce qui pour moi donne :

Il y a des râlages que ça n’inclut pas d’autres sources de diversité, telles que orientation sexuelle, origine sociale, couleur de peau, mais je trouve déjà l’exercice intéressant. Même s’il est doublement biaisé : vers le type de chef de labo qui est actif sur Twitter, et plus votre labo est divers plus vous aurez envie de le montrer.

De manière importante, je pense que le point de départ d’Ewan est très valide : tous les mouvements conduisant à réduire la circulation internationale des personnes (quiter l’UE, pour la Suisse restreindre les relations avec l’UE, pour les USA les limitations sur les visas notamment après le 11 septembre 2001, etc) sont très pénalisantes pour la recherche. Mon labo n’est pas divers parce que j’essaye exprès qu’il le soit, il l’est parce que je prends les meilleures personnes et qu’elles viennent d’un peu partout. Si je ne devais prendre que des suisses, ou même une majorité de suisses, il me manquerait des compétences. Pas parce que les suisses sont moins bons, mais parce qu’il y a peu de suisses, et peu de gens qui ont les compétences dont on a besoin et la motivation pour les mettre en oeuvre en recherche scientifique.

Un peu d’info complémentaire : le classement des universités les plus internationales du monde sur le site de Times Higher Education. On peut s’amuser à corréler avec des classements de « qualité » des universités, mais comme ces classements sont très partiels et subjectifs, je vais éviter pour le moment.

2 réponses à “#Scidiverse : peut-on avoir le beurre de fermer les frontières et l’argent du beurre de la bonne science ?

  1. Les info sur la diversité de la composition des équipes est très sympa.

    L’idée de publier sur Twitter des éléments de stat formalisés est très chouette aussi.

    On peut aussi imaginer une appli smartphone pour collecter des info stat (un peu baisées, du coup, comme tu l’expliques) sur des sujets qui changent chaque jour.

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