Je suis vieux : changements dans la perception du risque

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incroyable liste de citations sur le thème « c’était mieux avant » à lire en cliquant

  • quand j’étais étudiant en licence (bachelor pour les suisses), si on osait suggérer à un collègue de ne pas fumer dans l’amphi pendant la pause entre cours, on se faisait vertement rabrouer.
  • on se serait fait tuer plutôt que de se ridiculiser avec un casque de vélo, surtout pour venir à la fac ; le genre de casque que je porte aujourd’hui et que portent la plupart des étudiants que je vois à vélo.
  • quand j’étais nettement plus jeune, il était très difficile pour un enfant d’obtenir une patisserie sans alcool dans une boulangerie-patisserie (mon expérience se limite au sud de la France) ; « il y en a juste un peu » disaient-il en me donnant des gateaux plein de je-ne-sais quelle liqueur (que je détestais et détectais immédiatement, beurk).
  • j’ai fait de longs voyages en avion avec une moitié de la cabine fumeurs, et un rideau pas vraiment efficace pour empêcher la fumée de traverser vers l’autre moitié.
  • et pendant mon adolescence les gens s’inquiétaient des conséquences dangereuses pour les jeunes des jeux de rôles papier-crayon-dé (pas d’ordinateur)…

Tout ceci pour dire que la perception du risque a bien changé, et souvent en mieux. Et que je suis vieux.

Editions précédentes d’un exercice similaire :

11 réponses à “Je suis vieux : changements dans la perception du risque

  1. C’est vrai. Mais je me demande si aujourd’hui, cette perception du risque n’est pas trop exacerbée. Certes, la loi fait que on se prend nettement moins de fumée de tabac dans la figure, même si à mon avis, il y a encore des progrès à faire. D’un autre côté il y a une marchandisation de peurs irraisonnées, ondes électromagnétiques, OGM, voire dangereuses, comme celle des vaccins : aujourd’hui on a plus peur (dans nos sociétés aseptisées) des vaccins que des maladies qu’ils combattent !
    Et puis il y a aussi des choses dont on devrait avoir peur pour notre santé, comme la télé, mais qui ne font pas peur, visiblement.
    Alors oui, la perception du risque a changé, mais c’est à double tranchant…

    • J’ai l’impression qu’il y a deux choses différentes :

      – un changement d’une priorité à la liberté individuelle, quitte à faire courir des risques à soi-même et aux autres, à une priorité à la minimisation des risques, quitte à accepter davantage de contraintes.

      – l’évaluation rationnelle des risques, pour laquelle malgré quelques progrès il reste beaucoup à faire. J’en profite pour signaler à ceux qui ne connaitraient pas l’excllent blog Sham et science : http://blogs.univ-poitiers.fr/n-yeganefar/ qui couvre souvent ce type de sujets.

      C’est plutôt le 1er point qui est couvert dans ce billet.

    • Cet article est aussi irrationnel que les peurs dont parlait Blanc ci-dessus. Si un risque tue 1% des gens, alors la plupart des gens vont s’en sortir. Si un risque diminue l’espérance de vie de 2 ans, on sera encore là pour en parler à 50 ans. Et alors ?

  2. Wackes Seppi

    Vous semblez confondre évolution des connaissances et de la perception des risques et bonification personnelle au fil des ans.

  3. Ping : Je suis vieux : changements dans la perception ...

  4. A la fin des années 70 et début 80, je me souviens :
    – on manipulait du trichloréthylène à gogo sans aucune protection pour nettoyer les taches de graisses, enlever la peinture…aujourd’hui : succédané de trichlor pour les particuliers.
    – j’avais acheté tranquillement 2 litres de formol en pharmacie pour naturaliser une tête de brochet…qui trôna pendant des années au dessus de mon lit…aujourd’hui, c’est hôte aspirante, gants nytrile, blouse…(cancérigène)
    – j’avais fait des petites stats rapides sur le nombre de personnes qui portaient la ceinture de sécurité (à l’avant, en tant que conducteur !) et, sans me rappeler des chiffres, je me souviens que la proportion de non attachés était importante…
    – qui respectait les limites de vitesses maximales en ville ? sur route ? sur autoroute ? L’idéal pour se faire klaxonner à l’époque !
    – on n’attachait pratiquement jamais la ceinture de sécurité à l’arrière des voitures. De toute façon, la voiture de mes parents, à la fin des années 70, n’en possédait pas (à l’arrière) : une Citroën AMI6
    – qui laissait passer les piétons aux zébras ? Je me souviens que je n’en revenais pas quand j’étais allé à Londres en 1982 : je disais à tout le monde en rentrant en France qu’on s’arrêtait pour me laisser passer aux passages cloutés !
    etc etc
    « For the times they are a-changing… »

  5. > on se serait fait tuer plutôt que de se ridiculiser avec un casque de vélo, surtout pour venir à la fac

    Mauvaise solution à un vrai problème.

    http://www.google.fr/search?q=denmark+bicycle+riders&tbm=isch
    http://www.google.fr/search?q=netherlands+bicycle+riders&tbm=isch

    Comme on le voit, presque personne ne porte de casque. Ou plutôt, les seuls qui en portent sont typiquement les touristes US 😀

    La solution, ça n’est pas de porter ce machin en plastique qui n’est d’AUCUNE efficacité si on se fait renverser par un monstre de 200-2.000kg lancé à 30-50km/h, mais bien de faire pression sur les AUTOrités* pour qu’elles 1) réduisent la vitesse à 30km/h et 2) installer des infrastructures vélo dignes de ce nom. Ça va pas plaire aux conducteurs de SUV 12V à Genève 😉

    Pour une illustration plus locale, il suffit de traverser le Röstigraben…

    * What’s in a name

  6. Un petit coucou en passant. J’ai passé la journée à lire ton blog et c’est vraiment très intéressant, ça donne envie de garder l’esprit ouvert et de rester critique.

    D’ailleurs tu m’a fait changé d’avis sur les OGM, je n’avais jamais creusé le sujet et pensait comme un peu tout le monde que c’était mal. Merci
    (Monsanto sont des toujours des connards à vouloirs breveter le vivant & autre techniques commerciales mais les OGM en soit sont bien).

  7. Wackes Seppi

    Meilleurs voeux pour la nouvelle année.

    Ça me fait plaisir de lire que ce blog a permis a quelqu’un de reconsidérer sa position sur les OGM. Plus précisément, il me semble, de prendre conscience du gloubiboulga idéologique qui est servi à l’opinion publique.

    Il reste tout de même la question de Monsanto et des brevets.

    En premier lieu, ce ne sont pas des « connards ». C’est une entreprise – ce qui reste de l’ancienne Monsanto après une série d’opérations capitalistiques de fusions et démembrements – qui s’est recentrée sur les variétés et les semences et, notamment, la transgénèse. Dans ce milieu, elle n’est pas pire que d’autres, et serait plutôt parmi les meilleurs.

    Ah oui ! Il y a « Le monde selon Monsanto » ? Et si vous faisiez une recherche (pas facile, j’en conviens) pour lire les critiques de ce torchon. Pour commencer :

    http://imposteurs.over-blog.com/article-17613433.html

    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article832

    En second lieu, elle n’est pas seule sur ce créneau. Elle a certes pris une avance grâce à des produits novateurs et très efficaces, et s’est taillé une part de marché importante grêce à ces produits et à une politique agressive d’acquisitions – qui a pour contrepartie la disponibilité des (anciens) propriététaires des sociétés acquises à les vendre. Mais cette avance n’est aucunement irrémédiable dans un marché compétitif et fondé sur l’innovation.

    En troisième lieu, l’entreprise a consenti des investissements très importants en recherche-développement, financement des procédures administratives, et marketing pour mettre ses produits sur le marché – et pour permettre à des partenaires, souvent concurrents, de mettre sur le marché leurs propres produits (des variétés) incorporant des produits de Monsanto (des transgènes). Le brevet est incontournable pour protéger ce niveau d’investissement.