100’000 articles, et la révolution #PLOSOne continue à faire peur

Tiens de la poésie pour changer des petits mickeys.

J’ai récemment réagi à un billet du blog « rédaction médicale », qui émettait des doutes sur la pertinence des 100’000 articles publiés dans PLOS One (voir aussi ce billet). Le billet lui-même est étrange, utilisant les insinuations (« course à la publication qui consiste maintenant en un payement de 1350 $ à PLOS ONE pour être publié » ; « pour la qualité du peer-review, j’entends le meilleur et le pire ») sans vraiment ni affirmer que PLOS One serait inférieur, ni donner de faits.

J’ai répondu dans les commentaires, avec le soutien de Pascal de l’Agence Science Presse. Je reproduis les commentaires ci-dessous, mais je voudrais d’abord dire que les réactions que je vois là et ailleurs me paraissent symptomatiques de ce que PLOS One, en modifiant les critères classiques où l’important est de publier des résultats frappants dans des journaux prestigieux, déstabilise l’édifice injuste et inefficace actuel, dans lequel les journaux ont le pouvoir, pouvoir de refuser des articles justes parce que « pas assez importants », pouvoir de publier des articles faux mais sexy (scandale récent des cellules souches), et pouvoir d’imposer des abonnements hors de prix car marché biaisé.

Alors PLOS One a du succès, et ce succès montre que le status quo n’est pas inévitable, et ça ne plait pas à ceux qui en bénéficient ou qui y participent activement. Mais c’est trop tard, la révolution est là et elle avance. Ayez peur, ayez très peur.

J’aimerais bien savoir sur quoi se basent les gens qui disent que PLOS One fait un reviewing moins bon que d’autres journaux. Les critères sont clairs, ils sont ici :

http://www.plosone.org/static/publication

Quand à l’idée que l’open access serait un problème pour la qualité, voir ici :

http://toutsepassecommesi.cafe-sciences.org/2014/03/26/lopen-access-ne-nuit-pas-a-la-qualite-scientifique/

Je trouve personnellement très positif que grâce à PLOS One et d’autres jouraux similaire (1) une grande quantité d’information scientifique soit librement disponible et analysable (text-mining), (2) de nombreux résultats qui auraient moisi dans des tiroirs doit publics. Beaucoup de ces résultats sont peu intéressants seuls, mais ensemble ils forment une énorme quantité de connaissances.

Déclaration de conflit d’intérêt : je suis éditeur bénévole chez PLOS One.

Rédigé par : MRR | mercredi 02 juillet 2014 à 21:23

Bonsoir,

effectivement, vos remarques sont vraies.. Mais les opinions que je rencontre en discutant avec les auteurs, reviewers et éditeurs qui travaillent pour PLOS sont très variables. Rarement, j’ai entendu des commentaires aussi divergents

Donc opinions… et on aurait besoin de faits

Cdlmt
HM

Rédigé par : Maisonneuve | mercredi 02 juillet 2014 à 22:28

Je ne suis pas sur de quels faits vous attendez. Je vous ai fourni les critères de publication de PLOS One.

On peut noter que PLOS One est l’un des journaux à s’être le mieux sorti du hoax d’un journaliste de Science l’an dernier :
http://retractionwatch.com/2013/10/03/science-reporter-spoofs-hundreds-of-journals-with-a-fake-paper/#comment-64133

Pas directement lié à PLOS One, mais les journaux prestigieux à haut facteur d’impact ont aussi les plus forts taux de rétraction :
http://iai.asm.org/content/79/10/3855.full

Ensuite, il me semble que la charge de la preuve est pour ceux qui voudraient dire que PLOS One publierait moins rigoureusement, ou de la science moins correcte ou moins soutenue. Que PLOS One publie des articles moins excitants, c’est assumé dans la mission du journal.

Rédigé par : MRR | vendredi 04 juillet 2014 à 16:11

Pour renchérir sur le commentaire de Marc, il semble que le choix de PLOS One comme cible soit étrange (ou alors, vous gagneriez à mieux l’expliquer). Si vous voulez dénoncer la course à la publication à l’oeuvre dans le monde de la recherche, il y a évidemment de l’espace pour le faire et vous pourriez trouver bien, bien pire. Si vous voulez dénoncer les revues aux critères de publication douteux, il y en aurait des centaines qui mériteraient de passer à la trappe avant PLOS One. Certes, PLOS One sait se promouvoir: est-ce mal?

Rédigé par : Pascal Lapointe | samedi 05 juillet 2014 à 03:38