La première liste complète et scientifique de tous les produits commercialisés réellement sans produits chimiques !

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Je vais marcher sur les plates-bandes chimiques de MrPourquoi, mais il faut que je rapporte ceci. Le journal prestigieux Nature Chemistry a écrit hier sur son blog qu’ils avaient reçu un papier très inhabituel, par deux chimistes bien connus dans le monde des blogs et tweets. Dans ce papier, ils proposaient une « étude exhaustive des produits courants vendus comme « sans produits chimiques » (chemical-free), et une analyse détaillée des produits qui sont ainsi vendus de manière justifiée. En bref, il y en a peu. Encore plus bref, voyez le texte de notre manuscrit. »

Malheureusement, le journal n’a pas pu publier l’article, car leur édition papier contient des produits chimiques. Toutefois, ils ont décidé de formater le manuscrit comme s’il était publié dans le journal, et de proposer aux lecteurs du blog de l’expertiser. Je me dois de le partager avec vous.

La voici, la liste exhaustive et complète des produits domestiques sans produits chimiques :

cliquez pour lire le PDF complet, y compris les références.

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Mise à jour : liens tirés de l’article :

1. ‘Chemical-free’ sunscreen: http://campl.us/bmnl
2. ‘Chemical-free’ chemistry set: http://sciencegeist.net/my-chemically-fueled-life/
3. ‘Chemical-free’ bassinets: http://www.nytimes.com/2012/03/15/garden/going-to-extreme-lengths-to-purge-household-toxins.html?pagewanted=1&_r=1&
4. ‘Chemical-free’ eggs: http://justlikecooking.blogspot.com/2012/07/chemophobia-vacation-style.html

16 réponses à “La première liste complète et scientifique de tous les produits commercialisés réellement sans produits chimiques !

  1. Tellement culotté comme article, vraiment génial!
    Il faut aussi saluer l’initiative de Nature Chemistry d’avoir accepté de relayer l’info également, avec humour en plus… même si je regrette qu’il n’y aie pas de version papier, pour plus d’impact!

  2. Jacques Roy

    C’est là ou on voit la différence qui peut exister entre les « sciences exactes » et les « sciences historiques et sociales ». Car seules les secondes sont capables d’analyser la tension qui peut exister autour de la notion de « produits chimiques » adaptées à de la nourriture. Et de même de la notion de « naturelle » et « artificielle », qui est également une notions « construite socialement ».

    • Est-ce que vous pourriez développer svp ? Par exemple, comment est-ce qu’on analyse la tension sur la notion de kit de chimie pour enfants sans produits chimiques (http://sciencegeist.net/my-chemically-fueled-life/) ?

      • Jacques Roy

        Qu’est ce que c’est qu’un « produit chimique » ? On peut en avoir une définition « scientifique » (le terme « produit chimique » se référant uniquement aux produits obtenus par la « chimie de synthése ») mais aussi « culturelle » (l’utilisation de la catégorie « produit chimique » étant consubstantielle à l’arrivée des procédés industriels les plus récents, quand le local ou officient les bouchers est devenu un »laboratoire ») Or le problème, c’est que les deux définitions ne se regroupent pas obligatoirement, en particulier parce que les sciences « exactes » aiment bien les notions sans aucune ambiguïté « sémantiques » (une seule chose désignée par un seul nom) alors que les phénomènes culturels sont bien plus ambigus…

        • Jacques Roy

          En fait, ce débat me fait penser a un autre, plus ancien, avec des amis a moi sur les « pseudo sciences », et en particulier l’astrologie… Ceux ci me parlaient des divers cercles « zététiques » qui établissaient comment l’astrologie était une « pseudo science »… Or dans notre échange, je leur citait un ouvrage classique de sociologie (celui de TW Adorno sur les « chroniques astrologiques des journaux américains ») Or celui ci établissait de façon totalement « scientifique » un résultat important, décisif même, celui que la plupart des lecteurs (qui sont a 99.5% des cas à l’époque étudiée des lectrices) ne croyaient tout simplement pas au caractére « scientifique » des chroniques astrologies. Cependant elles prenaient « quand même » l’astrologie au sérieux ». Tout simplement parce que ne pouvant pas trancher un débat scientifique, ce caractére n’avait tout simplement pas d’importance décisive pour elles… Ce qui pose de façon importante la question de la « culture scientifique et technique » du quidam moyen (qui pense pour la plupart de ceux et celles que j’ai pu rencontrer, au coté « magique » de la science et de la technique) Il me semble que c’est également le point décisif de toutes les chroniques du café des sciences…

        • PharmaDev

          En tant que chimiste, j’aimerai intervenir ici. Du point de vue scientifique – et je ne mets pas de guillemets – un produit chimique ne se refère pas « uniquement aux produits obtenus par la « chimie de synthése » ». Chaque produit et matériau qui nous entourent sont constitués de produits chimiques. Même l’eau est un produit chimique. Effectivement, il existe dans la nature, mais ça n’empèche pas. Le problème est que dans l’idée de la plupart des gens produit chimique = artificiel, nocif. Ceci est une notion fausse, qui prouve que la plupart des gens n’ont pas écouté pendant leur première leçon de chimie, ou alors que les profs n’ont pas bien expliqué. En fait, la chimie est la science qui s’occupe, entre autres, de la composition en atomes de tous ce qui nous entoure.
          Par ailleurs, il me parait particulierement desirable de pouvoir donner une definition exacte aux mots qu’on utilise, pour eviter des malentendus.
          Donc, pour rester claire et au premier degré, le but des auteurs de cet article était de se moquer de cette tendance actuelle qui fait penser aux gens qu’il y a des produits pas chimiques, et que tout ce qui est chimique est nocif. Je laisse aux sciences humaines le plaisir de verifier d’ou viennent ces notions et quelle est leur implication sur l’attitude des gens vis à vis ceci ou cela, mais pas à dire que ces notions sont peut-être correctes !
          Ca me rappelle par ailleurs quelque chose qui me fait toujours rire : quand on m’explique que cette vitamine C/crème/shampoing est composé uniquement de produits naturels. Ca me fait rire puisque ça ne change rien a sa fonctionalité finale, pour autant que la composition soit bien controlée. Ma réponse habituelle est que le venin des serpents c’est aussi un produit naturel, ce que même les plus grand philosophes ne peuvent pas contester.

          • Jacques Roy

            Votre intervention est tout a fait intéressante : en quoi votre définition d’un « produit chimique » est elle plus « scientifique » que celle du « sens commun » (qui prétend qu’un « produit chimique » est un produit obtenu par la « chimie de synthése » ) ? Si votre démonstration est « scientifique » (et j’attend les éléments de scientificité, les expériences qui démontrent votre position), je m’inclinerais sans probléme, mais entre nous je pense que ce genre d’élément n’existe tout simplement pas.

          • Vous semblez avoir un concept relativement simple de ce qu’est la méthode scientifique et l’ensemble de connaissances que l’on appelle « science ». Une position n’est pas forcément démontrée par une expérience. Je suis bien d’accord avec le commentaire de PharmaDev, et notamment les définitions claires et cohérentes sont importantes pour travailler, chaque fois que c’est possible.

            En biologie, des concepts tels que « gène » ou « espèce » ne sont pas bien définis dans le cas général, donc on peut gérer une certaine mesure de flou, mais lorsque l’on a besoin d’étudier ou de comprendre un phénomène particulier, on utilise une définition précise. Heureusement, je connais de bons chercheurs en sciences sociales, et je sais qu’eux aussi ont besoin de définir leurs concepts pour travailler rationnellement et efficacement.

            Il n’existe pas de définition rationelle selon laquelle de l’eau obtenue par synthèse à partir d’oxgène et d’hydrogène serait différente de l’eau receuillie de la pluie.

            Je vous ai demandé si vous pouviez expliquer ce que les sciences sociales apportent à la notion de kit de chimie sans produits chimiques. Qu’en est-il ? Vous utilisez beaucoup de guillemets et de références aux sciences exactes et sociales, mais à part que vous semblez antipathique au point de vue perçu comme scientifique, je n’ai pas compris ce que vous vouliez dire.

  3. Ping : La première liste complète et sci...

  4. Jacques Roy

    Je vais essayer de répondre point par point :

    //////Je vous ai demandé si vous pouviez expliquer ce que les sciences sociales apportent à la notion de kit de chimie sans produits chimiques. Qu’en est-il ?

    Il se trouve que ce que je connais particuliérement bien en « sciences sociales », c’est le domaine appelé « sociologie des usages ». Qui se pose d’abord la question de savoir POURQUOI il y a un « marché » pour de tels kits, pourquoi certains sont attiré par ce genre de dispositifs, quelles forces sociales cela met en oeuvre.
    Cela nécessite une étude assez poussée, mais qui me semble assez intéressante. Plus en tout cas que de traiter par le mépris ce genre de demande…

    /// Vous semblez avoir un concept relativement simple de ce qu’est la méthode scientifique et l’ensemble de connaissances que l’on appelle « science ».

    Je ne crois pas. Mais vous ne m’avez toujours pas expliqué ce qu’est « un produit chimique », et en quoi la définition « vulgaire » (ie avancée par des non scientifique) à savoir « produit obtenu par la chimie de synthése » est fausse…

    //// Vous utilisez beaucoup de guillemets et de références aux sciences exactes et sociales, mais à part que vous semblez antipathique au point de vue perçu comme scientifique, je n’ai pas compris ce que vous vouliez dire.

    Moi même je ne comprend pas du tout ce que signifie un point de vue « antipathique » aux sciences. Pour ma part, j’essaye d’avoir un point de vue « critique » (ce qui consiste dans un premier temps à se méfier de ses propres opinions, et de ses intuitions) Si vous ne me comprenez pas, c’est sans aucun doute de ma faute (je n’ai pas été assez précis, ni assez critique sans doute)

    Mais la question sous jacente (pourquoi « le public » se méfie t il tant « des produits chimiques ») ne me semble pas vraiment traité (sinon par le mépris, ce qui est rarement une bonne méthode) Il me semble qu’on ne peut pas faire l’économie des sciences sociales et historiques dans ce cas, mais j’avoue que je ne persuaderais sans doute pas quelqu’un dont la foi est troublée par ce genre d’approche…

    • Je vais essayer de répondre point par point :

      Merci !

      Il se trouve que ce que je connais particuliérement bien en « sciences sociales », c’est le domaine appelé « sociologie des usages ». Qui se pose d’abord la question de savoir POURQUOI il y a un « marché » pour de tels kits, pourquoi certains sont attiré par ce genre de dispositifs, quelles forces sociales cela met en oeuvre.

      OK, alors là je comprends. Je suis d’accord que c’est intéressant, mais de comprendre pourquoi il y a un marché pour ces kits ne nous dit pas si les notions mises en avant font sens. Il y a des marchés pour l’astrologie, les cristaux guérisseurs, l’homéopathie, les partis racistes, c’est intéressant socialement, mais il n’empêche que c’est dans tous les cas basés sur des concepts faux ou une compréhension faussée de la réalité. Comme me semble-t-il les « sans produits chimiques ».

      Cela nécessite une étude assez poussée, mais qui me semble assez intéressante. Plus en tout cas que de traiter par le mépris ce genre de demande…

      Je ne pense pas vous traiter par le mépris. Je vous ai posé une question après votre premier commentaire, à laquelle vous ne répondez après que j’ai insisté. Pendant ce temps vous avez écrit d’autres commentaires qui à mon sens n’apportent pas grande information.

      Je ne crois pas. Mais vous ne m’avez toujours pas expliqué ce qu’est « un produit chimique », et en quoi la définition « vulgaire » (ie avancée par des non scientifique) à savoir « produit obtenu par la chimie de synthése » est fausse…

      Commençons par citer Wikipedia :

      « un composé chimique est une substance chimique pure (composé moléculaire, assemblage ionique, composé intermétallique, complexe) composée d’atomes de deux ou plus éléments chimiques différents. Les atomes formant les assemblages des composés chimiques sont liés entre eux par des liaisons chimiques, qui peuvent être de différentes natures. »

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Compos%C3%A9_chimique

      La définition « vulgaire » est fausse en ce que le même produit obtenu par synthèse ou autrement (extrait d’une plante par exemple) est le même produit. Et que c’est mécomprendre la nature du monde que de penser qu’il existe une différence, encore plus de penser qu’il existe une différence fondamentale. Même si je suis conscient que cette différence existe comme construction sociale, et c’est même pour cela que cet article parodique a un intérêt.

      Moi même je ne comprend pas du tout ce que signifie un point de vue « antipathique » aux sciences. Pour ma part, j’essaye d’avoir un point de vue « critique » (ce qui consiste dans un premier temps à se méfier de ses propres opinions, et de ses intuitions) Si vous ne me comprenez pas, c’est sans aucun doute de ma faute (je n’ai pas été assez précis, ni assez critique sans doute)

      Se méfier de ses propres intuitions et opinions, c’est ce que nous scientifiques faisons tout le temps, je suis ravi que vous fassiez de même. C’est justement contr’intuitif qu’on ne puisse avoir de produit sans composés chimiques. En tous cas, on progresse.

      Mais la question sous jacente (pourquoi « le public » se méfie t il tant « des produits chimiques ») ne me semble pas vraiment traité (sinon par le mépris, ce qui est rarement une bonne méthode) Il me semble qu’on ne peut pas faire l’économie des sciences sociales et historiques dans ce cas, mais j’avoue que je ne persuaderais sans doute pas quelqu’un dont la foi est troublée par ce genre d’approche…

      Qui parle de foi ? Vous êtes insultant, là.

      Ce billet, et l’article parodique auquel il se réfère, sont une couverture légère d’un sujet qui peut aussi être traité de manière approfondie et lourde.

      Ceci dit, vous posez en filigrane une question importante ce me semble, de la limite en effet entre parodie de la position non scientifique par les scientifiques (et on doit pouvoir rire de temps en temps) et mépris. Par exemple, bien que je l’ai trouvé drôle la première fois que j’en ai entendu parler, j’ai rapidement trouvé le canular du monoxyde de dihydrogène plus méprisant qu’instructif : http://fr.wikipedia.org/wiki/Canular_du_monoxyde_de_dihydrog%C3%A8ne

      Dans le cas précis couvert par ce billet-ci, je ne trouve pas le traitement méprisant, et je trouve que les aspects instructifs et distrayant l’emportent.

  5. Je suis plutôt d’accord avec @Jacques Roy sur quelques points.
    D’abord j’avoue que l’article cité ne m’a pas amusé : c’est la énième fois que les scientifiques affirment à quel point les produits chimiques sont mal compris. Moyennement drôle, prévisible, serrage de coude de communauté. Bof.

    Et surtout, je suis d’accord que l’intuition de la majorité de la population concernant les « produits chimiques » est une réalité plus intéressante à analyser que par l’humour du genre « ha ha l’eau c’est chimique », et sans doute par certaines techniques des sciences sociales. De même que ridiculiser l’existence de Dieu c’est tres rigolo, mais il suffit de rencontrer des gens normaux, intelligents et tout religieux pour comprendre que la religion, ça s’étudie, ça se comprend, et parfois même ça peut se justifier (bokononism, anybody? 🙂 ).

    Je trouve la question des produits chimiques justement plus intéressante que bcp de questions anti-sciences telles l’astrologie, la religion ou autres, justement parce qu’elle est moins évidente. On a l’impression qu’une solution (haha) serait atteignable, à coup de définitions notamment. Et ça donne envie de creuser ce qu’on veut vraiment dire par « chimique » dans différents contextes.

    Apres tout, une preuve juridique n’a rien à voir avec une preuve mathématique… c’est le même mot 🙂