Pour le fun, à quoi ressemblaient nos plantes cultivées à l’état de nature ?

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Le site web pro-biotechnologies Genetic Literacy Project propose un petit tour amusant des plantes que nous mangeons, dans leur forme non domestiquée. Pour faire réfléchir ceux qui pensent que nous ne devrions rien modifier, car la nature a été suffisamment bonne avec nous, voici des fruits minuscules, amers et pleins de pépins, et des graines à peine commestibles !

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Image de Genetic literacy project. De gauche à droite et de haut en bas, pastèque, maïs, banane, aubergine, carotte, et le truc qui a été diversifié en chou, chou-fleur, brocoli, etc.

Une critique commune envers le mouvement anti-OGM est de noter que de toutes façons nous modifions génétiquement notre nourriture depuis les débuts de la domestication. J’ai traité ce problème rapidement dans le Podcast, et je ne suis pas tout-à-fait d’accord. C’est vrai que c’est une erreur complète de penser que par exemple la banane que nous mangeons est « naturelle ». Mais c’est aussi vrai qu’il y a des différences entre le génie génétique et la domestication par sélection et croisements. Une fois qu’on a accepté ces deux points, on peut essayer d’avoir une discussion raisonable (faut aussi accepter de comprendre les types d’OGM, mais c’est une autre discussion).

Dans le même genre, mais mieux documenté et discuté, y avait un bon billet sur le maïs sur le blog SSAFT.

J’ai cherché d’autres photos de cousins sauvages de plantes cultivées, mais c’est surprenamment difficile à trouver libre de droits (genre Wikipedia). Par exemple la domestication de Capsicum annuum sauvage a donné tous les poivrons et piments, mais je n’ai pas trouvé de bonne photo. Suggestions bienvenues.

11 réponses à “Pour le fun, à quoi ressemblaient nos plantes cultivées à l’état de nature ?

  1. C’est vraiment fascinant de pouvoir voir ainsi la transformation !
    Par contre que penser d’un article tel que celui-ci qui avance qu’il existe aussi des fruits sauvages particulièrement gros, doux et sucrés : http://rawfoodsos.com/2011/05/31/wild-and-ancient-fruit/#more-1132 ?

    • Il existe en effet des fruits tout-à-fait comestibles. D’ailleurs chasseur-ceuilleur, ça marche à faible densité de population, surtout* (mais pas seulement) dans les zones tropicales humides. Mais dès qu’on se sédentarise et qu’on utilise l’agriculture, on sélectionne et on domestique pour avoir un meilleur rendement.

      Ainsi, les récoltes principales en Afrique moderne sont-elles toutes des plantes largement transformées par la domestication, et souvent pas natives d’Afrique :

      http://www.britannica.com/EBchecked/topic/7924/Africa/37222/Principal-crops

      *pour les fruits ; la chasse n’est pas forcément la meilleure, mais j’ai pas de données.

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  4. C’est passionnant, notamment pour montrer que les espèces vivantes ne sont pas « fixées » , la preuve par l’agriculture 😉

  5. Wackes Seppi

    Il y a quelques plantes cultivées dont on trouve les ancêtres sauvages en France. Une des plus spectaculaires (du point de vue des transformations par la domestication et la sélection) est la chicorée. On la trouve au bord des routes.

  6. Bonjour,

    Modifier par l’homme ne veux pas forcement dire OGM. Entre croiser et sélectionner les espèces et les modifier génétiquement il y a monde.

    l’article me semble donc partiale et montrer juste une solution.

    Amicalement.

    • « J’ai traité ce problème rapidement dans le Podcast, et je ne suis pas tout-à-fait d’accord. C’est vrai que c’est une erreur complète de penser que par exemple la banane que nous mangeons est « naturelle ». Mais c’est aussi vrai qu’il y a des différences entre le génie génétique et la domestication par sélection et croisements. Une fois qu’on a accepté ces deux points, on peut essayer d’avoir une discussion raisonable »

      • Wackes Seppi

        Une discussion raisonnable doit nécessairement partir du principe que les choses ne sont pas simples.

        La « domestication par sélection et croisement » ?

        C’est une chose que de croiser et sélectionner au sein d’une espèce qui ne pose pas (a priori) de problème particulier du point de vue de la santé humaine. On pourrait citer ici le maïs, issu de la téosinte.

        C’est une autre chose que de croiser et sélectionner au sein d’une espèce, ou d’un groupe d’espèces apparentées, susceptibles de poser problème. Exemples classiques (pour ceux qui ont des lettres en génétique appliquée et amélioration des plantes) : la pomme de terre Lenape, ou ce céleri à teneur élevée en psoralène.

        Le génie génétique ?

        C’est une chose que d’introduire de manière fonctionnelle le gène de l’amanitine, ou de la ricine, dans une plante cultivée : plaisir gastronomique garanti unique…

        C’en est une autre que d’introduire un gène Bt, qui conférera à la plante la faculté de produire une nouvelle protéine.

        • Je suis d’accord avec ces différences, en effet, et elles font partie de la discussion raisonable.

          Mais je pense que l’argument souvent employé que le génie génétique n’est rien de nouveau parce qu’on a toujours modifié les plantes domestiquées n’est pas correct. C’est bien une nouvelle technique, et comme vous le dites, on peut l’employer de diverses manières, ce qui est vrai de toutes les techniques.