Surprise ! Les insectes développent une résistance à un insecticide #OGM après qu’on en ait abusé

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Le maïs OGM Bt produit un insecticide issu d’une bactérie (voir ce billet par exemple). Ca marche très bien, les paysans économisent des insecticides couteux et dangereux pour leur santé et pour l’environnement. Donc ils utilisent beaucoup, en tous cas aux Etats-Unis où ils en ont le droit. Beaucoup beaucoup beaucoup. Et qu’est-ce qui se passe quand un insecticide unique est utilisé énormément sur un immense territoire ? Une pression de sélection très forte sur les insectes cibles pour développer une résistance à cet insecticide spécifique. Les scientifiques (vous savez, les affreux individus vendus aux multinationales) ont bien averti du problème, et proposé des solutions : varier les insecticides (mais vu le bazar que c’est de mettre un nouvel OGM sur le marché, et que personne n’aime épandre des insecticides, c’est pas gagné), varier les cultures, et planter des îlots de maïs non Bt au milieu des cultures Bt, afin de donner une bonne chance aux insectes non résistants de se maintenir. Mais voilà, les compagnies qui produisent le maïs Bt veulent gagner des sous, les paysans veulent gagner des sous, et les solutions ci-dessus ne font pas gagner plus de sous à court terme. Et la résistance se développe, comme rapporté dans un article récent de Gassmann et al. dans PNAS, bien expliqué dans un article de vulgarisation en anglais dans Wired. Notons quelques points intéressants :

  • Bin oui, l’évolution existe, si on met une pression très forte sur une espèce avec un pesticide, elle va développer une résistance si elle a une taille de population suffisante pour accuser le coup (en général les espèces qui nous gènent sont abondantes). Soit dit en passant, avec une pression plus faible la résistance va aussi se développer, ça risque juste de prendre plus longtemps. Mais s’il y a une niche disponible « manger les plantes que cultivent les humains », elle sera prise.
  • Les pauvres paysans forcés de planter des OGM contre leur plein gré, quand ils ont le choix non seulement ils les achètent et les plantent, mais ils les plantent davantage que n’est conseillé. Ca ne colle pas trop au scénario des paysans victimes là.
  • Quand une compagnie vous dit que son produit va marcher pour toujours, ne la croyez pas.
  • Les scientifiques avaient prévu le coup et averti. Quand on comprend ce qui se passe au lieu de hurler, on peut comprendre que les OGM ne sont pas des poisons, qu’ils ne détruisent pas forcément la biodiversité, qu’ils sont divers (voir ce billet), et aussi que ce ne sont pas des solutions magiques, et que la biologie impose de prendre en compte l’évolution et la génétique des populations.
  • Finalement, tout ceci n’a qu’un rapport assez indirect avec les OGM. Si un insecticide quelconque était utilisé de manière aussi large et systématique, une résistance se développerait, que ce soit par pulvérisation ou par OGM. Et c’est arrivé, exemples sur Wikipedia en anglais. Mais ça fait des titres de presse tellement plus vendeurs si on peut dire que c’est un échec des OGM plutôt que de l’abus d’insecticide unique.

Alors c’est vrai que l’OGM maïs Bt encourage à utiliser uniquement ou largement l’insecticide Bt. Mais en principe, rien dans la technologie n’interdit de préparer des graines ayant différents insecticides, et de vendre ensuite des sacs de graines mélangées, permettant de semer des plantes toutes résistantes, de manières diverses. Mieux, des chercheurs ont développé un OGM qui produit une phéromone d’attraction de papillon pour les attirer ailleurs que vers les cultures à protéger (magazine en anglais, article libre accès), et une autre équipe développe un blé qui produit une molécule signalant le danger aux pucerons (communiqué de presse). Résultat attendu dans le deuxième cas : faire peur aux pucerons et attirer leurs prédateurs. Une super solution, parce que le développement d’une résistance parait bien moins probable, vu qu’on ne tue pas les insectes, on les redirige juste. Mais il vaut bien mieux interdire tout ça, c’est des OGM après tout, et continuer à utiliser des insecticides (rappel : le Bt est autorisé en culture bio, ça vient « naturellement » d’une bactérie), auxquels des résistances évolueront, OGM ou non.

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Note : je reçois des tonnes de spam dans les commentaires, et je n’ai pas le temps de tout vérifier. Alors si vous commentez et que ça n’apparait pas dans les 12h, contactez-moi par Twitter @marc_rr.

25 réponses à “Surprise ! Les insectes développent une résistance à un insecticide #OGM après qu’on en ait abusé

  1. Moi je comprends pas un truc, si ces OGM produisent de l’insecticide, ça veut bien dire que au final on le bouffe, non ?
    Du coup, l’insecticide, si je ne me trompe, agit sur le système nerveux des insectes, pourquoi n’agirait-il pas sur celui des humains qui mangent le maïs en question (comme le font les intrants pulvérisés sur les agriculteurs).
    Donc ok pour ne pas forcement stigmatiser le principe d’OGM (si on met de côté le brevetage du vivant qui est tout de même le problème principal de cette technologie), mais ça pose quand même des questions qu’il ne faudrait pas balayer d’un revers de main en traitant les opposant d’obscurantistes anti-tout.

    • @prouf
      Toutes les plantes, sauvages ou cultivées, produisent des insecticides pour se défendre contre les insectes. Elles l’ont fait bien avant que l’homme n’existe sur cette planète. Donc, à chaque fois que vous mangez une plante, vous mangez de l’insecticides. Dans certains cas, ça peut poser des problèmes (les solanines dans les pommes de terre, par exemple). Dans d’autres cas, c’est super car certains insecticides présents dans les plantes tuent les insectes mais sont excellent pour la santé du humaine (en particulier, certains composés phénoliques, tanins, flavonoïdes, etc).

      Il n’y a qu’aux endroits où il n’y a pas d’insectes que les plantes ne produisent pas d’insecticide pour ce défendre. C’est-à-dire, presque nulle part.

      D’autre part, si on parle de la tolérance à un herbicide, tapez Maïs Duo System dans Google, ou bien Tournesol ClearField.

      Vous verrez qu’il s’agit de variétés vendues par BASF (un géant du domaine) qui sont tolérantes à des herbicides (vendus par BASF bien sûr) et qui ont été créées par sélection classique.

      http://www.agro.basf.fr/agroportal/fr/fr/cultures/les_oleagineux/le_tournesol/les_herbi/dossier_clearfield.html

      http://www.agro.basf.fr/agroportal/fr/fr/cultures/inv_le_mais/herbicides_mais/les_solutions_foliaires_du_mais_1/Duo_system.html

      En fait, il existe une énorme quantité de variétés de plantes cultivables tolérantes à des herbicides, qui ne sont pas OGM. Par exemple, ce document liste 166 variétés de blé tendre d’hiver qui sont tolérantes à l’herbicide chlortoluron :
      http://archives.yvoir.fr/userfiles/file/pdf/2011/08/Classement_vari%C3%A9t%C3%A9s_chlortoluron.pdf

      On notera au passage que le blé RENAN, premier blé utilisé en agriculture BIO, est tolérant au chlortoluron. Je vous laisse chercher par vous même pour toutes les autres plantes cultivées. Si vous cherchez, vous allez trouver.

      Il n’est pas pertinent de reprocher aux plantes cultivables dites OGM des caractéristiques qu’on peut reprocher à toutes les plantes cultivables.

      • Gedeon m’a coupé l’herbe sous les pieds (haha) : en effet, la plupart des plantes produisent « naturellement » des insecticides. L’évolution, et sa course aux armements, concerne non seulement les insectes mais aussi les plantes.

        Ceci dit, c’est une question tout-à-fait pertinente, et c’est pourquoi les OGM avec insecticides sont testés (et ont été trouvés sans risque particulier). Ce qui est plus bizarre, c’est que les autres plantes, y compris issues de mutagenèse ou de croisements inédits, ne sont pas testées.

        Par ailleurs, toutes les cultures utilisent des moyens pour luter contre les parasites et prédateurs des plantes (insectes herbivores, champignons pathogènes, etc), donc il y a toujours (1) une course aux armements entre ces derniers et nos traitements, et (2) quelque chose de ces traitements qui risque de nous affecter. En général, cela nous affecte très peu en tant que consommateurs, heureusement, mais par contre cela affecte pas mal les paysans, ce qui est un des intérêts des OGM par rapport aux épandages.

      • Pour le fun : le site écolo anti-OGM Reporterre rapporte la même étude que l’on discute ici (http://www.reporterre.net/spip.php?article5584), sur la résistance au maïs Bt, et inclut cette citation :

        Comme l’explique Gassmann, « les agriculteurs continueront à utiliser le maïs Bt qui reste efficace contre d’autres organismes nuisibles mais, comme la chrysomèle des racines devient plus résistante, les agriculteurs ajouteront des insecticides, ce qui augmentera leurs coûts et fera perdre les avantages écologiques obtenus à l’origine par l’utilisation de maïs Bt. »

        Donc un site anti-OGM admet en passant que le maïs OGM Bt avait au départ des avantages écologiques. Mais seulement quand ils sont menacés, hein, pas avant. (Quand je dis anti-OGM, regardez ce qu’on y trouve avec une recherche sur le terme OGM : de la traduction de Séralini à la défense des faucheurs.)

      • Wackes Seppi

        @ Gedeon, 3/21/2014 à 18:33

        « En fait, il existe une énorme quantité de variétés de plantes cultivables tolérantes à des herbicides » ?

        Il existe deux types d’herbicides : les « totaux » (qui dégomment tout, tout au moins en principe) et les « sélectifs » que l’on utilise de préférence – et pour cause ! – sur les cultures que l’on veut désherber.

        On peut par conséquent dire que les cultures sont, chacune, tolérantes à une gamme particulière d’herbicides.

        On peut aussi dire que la transgénèse a eu pour conséquence de transformer un herbicide total en sélectif.

        • Oui, c’est clair qu’on peut dire que toute plante est tolérante à un herbicide. Il suffit de choisir un des herbicide qui ne la cible pas.

          Dans le cas des plantes Roundup Ready, on peut dire que la transgenèse a transformé un herbicide total en herbicide sélectif.

          Dans le cas des tournesols Clearfield de BASF, qui sont rendues tolérante au Pulsar 40, c’est le même principe, mais sans utilisation de transgenèse. Le Pulsar 40 était considéré comme un herbicide total, mais ce n’est plus le cas depuis que BASF a créé toute une gamme de plantes tolérantes. Ceci, sans utilisation de la transgenèse.

          Je voulais montrer le parallèle, pour qu’on ne pense pas que la transgenèse était la seule à pouvoir obtenir ce résultat.

          En tout cas, c’est ce que j’ai compris jusque là.

    • Wackes Seppi

      Holà ! Il y a de l’éducation basique à faire… Normal, la vraie « contamination », c’est celle des esprits par des désinformateurs professionnels !

      1.  Oui, « ces OGM produisent de l’insecticide, ça veut bien dire que au final on le bouffe »… mais…

      …mais cet insecticide est une protéine qui est digérée par les animaux à sang chaud. Vous « bouffez » un produit fondamentalement noble et, surtout, sans danger. Ce produit, sous sa forme bacillaire, est utilisé depuis des décennies, y compris en agriculture biologique (censée selon les désinformateurs ne pas utiliser de pesticides…) ; il n’y a pas de délai d’attente avant récolte et la LMR est fixée arbitrairement à 0,01 mg/kg selon l’article 18(1)(b) du Règlement 396/2005.

      C’est une protéine et c’est différent de, par exemple, la solanine de la pomme de terre, qui est un glycoalcaloïde ; ou de la nicotine qui est un alcaloïde.

      2.  Non, les insecticides n’agissent pas tous sur le système nerveux des insectes. Les toxines Bt – des protéines – agissent sur les cellules épithéliales de l’intestin des insectes cibles.

      3.  Et non, le fait qu’un insecticide agit sur le système nerveux d’un insecte ne signifie pas nécessairement qu’il agira sur le système nerveux humain.

      4.  Et encore non, le fait de manger un produit toxique pour le système nerveux ne signifie pas que ce produit va nécessairement agir sur ledit système. Il peut très bien, par exemple, ne pas franchir la barrière intestinale.

      5.   Ça ne sert à rien de se mettre dans la position du martyr.

  2. En fin de texte il est dit :

    « Résultat attendu dans le deuxième cas : faire peur aux pucerons et attirer leurs prédateurs. »

    Une sélection naturelle n’est-elle pas également possible dans ce cas là? Imaginons, les pucerons qui ne réagissent pas au signal de danger. Ceux-ci auront moins de chance d’être mangé par leurs prédateurs et donc généreront une variante du puceron insensible à terme et qui feront les mêmes dégâts qu’auparavant.

    Pareil pour le papillon.

    Parfois, je me dis que nous nous mordons la queue dans cette bataille… Mais bon, il y a bien des espèces qui disparaissent totalement…

    • Si bien sur, c’est juste moins probable et moins rapide parce que la pression est moins forte. Et en plus, perdre la sensibilité à ce signal de danger va donner à ces pucerons un désavantage dans d’autres circonstances. Mais comme dit dans mon autre commentaire ci-dessus, il y aura toujours une lutte entre paysans et insectes herbivores. On peut juste essayer que nos moyens de lutte durent le plus longtemps possible et fassent le moins de dégats collatéraux possibles.

    • Wackes Seppi

      « Parfois, je me dis que nous nous mordons la queue dans cette bataille… Mais bon, il y a bien des espèces qui disparaissent totalement… »

      C’est vrai d’une certaine manière.

      Une composante essentielle de l’agriculture est la protection des cultures, qui est essentiellement une course entre gendarmes et voleurs. Nous sommes perpétuellement confrontés à des ravageurs qui ont réussi à contourner les moyens de défense mis en place par les humains, ou à de nouveaux ravageurs.

      Il n’y a que les écolos sectaires et les idéologues de l’agriculture biologique pour croire que nous pouvons – voire devons – arrêter la marche de l’innovation technologique.

      La nature n’est pas une Bonne Mère, mais une Méchante Mégère.

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  8. Le problème de la résistance des insectes dans la culture du maïs est en partie dû aux agriculteurs qui ne semaient pas de zone refuge. Zone qui devait représenter, selon un schéma défini, environ 20% du champ. Bien souvent l’agriculteur se disait que la zone refuge du voisin ferait l’affaire… Et contrairement à la légende écolo, les semenciers mettaient en avant la nécessité de ces zones. Étant donné le coût de R ET D d’un trait de résistance aux insectes, mieux vaut pouvoir le rentabiliser sur le long terme.
    Cette problématique de zone refuge est maintenant réglée, car les nouveaux hybrides de maïs ont un refuge intégré dans le sac de semence: 5% de ce sac est constitué de maïs non OGM. Comme ça qu’on le veuille ou non, le refuge est semé.

    Exemple: https://www.dekalb.ca/eastern/fr/gestion-responsable

  9. Wackes Seppi

    1.  Votre analyse est très pertinente, mais le titre du billet ne l’est pas.

    Mais bon… difficile de ne pas se laisser entraîner par les médias, tendance anti-OGM par militantisme, conviction ou simplement intérêt, et adeptes de Schadenfreude.

    Ce ne sont pas « les insectes », mais un insecte, en l’occurrence la chrysomèle, dont on sait par ailleurs que c’est un « tough cookie ».

    Précisons tout de même qu’il y en a d’autres… par exemple Busseola fusca, une pyrale africaine censée motiver l’interdiction urgente du MON 810 en France pour cause de catastrophe écologique annoncée (en France, pas en Afrique).

    La chrysomèle a-t-elle « développé » une résistance ou des chrysomèles résistantes ont-elles été sélectionnées et se sont multipliées compte tenu des conditions de culture ? La question est ouverte.

    Pour l’abus, je serais aussi un tout petit peu réservé. Une résistance peut apparaître sans qu’il y ait abus. Mais c’est clair que les farmers états-uniens sont plutôt inconscients.

    Idem pour la surprise. Quand on a découvert des chrysomèles résistantes à Cry3Bb1, il était judicieux de s’interroger si elle n’était pas aussi résistantes à d’autres protéines Cry.

    2.  On peut aussi discuter du premier point de votre énumération sur le plan scientifique. Mais le message passe en cinq lignes, belle performance. Il est du reste intéressant de noter qu’un message fondamentalement darwinien passe mieux avec un langage lamarckien…

    3.  « Les pauvres paysans forcés de planter des OGM contre leur plein gré… » C’est tellement vrai que les pauvres paysans brésiliens ont commencé à cultiver des variétés OGM avec des semences de contrebande argentines (les « semences Maradona »)… Idem pour les Boliviens, les Pakistanais, etc.

    4.  Parlant de Schadenfreude, le titre de Reporterre est une parfaite illustration : « Aux Etats-Unis, le maïs transgénique ne résiste plus à l’insecte qu’il ciblait »… Non, aux États-Unis d’Amérique, il y a des zones dans lesquelles il y a des chrysomèles résistantes, si j’ai bien compris, à l’une ou l’autre des deux protéines Cry (Cry3Bb1 et mCry3A) et qu’on a trouvé des résistances croisées en laboratoire.

    5.  Ces affreuses « compagnies qui […] veulent gagner des sous ». ? Boucs émissaires idéaux. Mais, Bt ou pas, elles gagnent des sous, surtout avec le maïs, cultivé sous forme d’hybrides. Et je n’en ai jamais vu qui ont prétendu que leur solution allait marcher pour toujours. Ce serait plutôt qu’elles ont des solutions meilleures que la solution que vous utilisez…

    6.  Et une excellente lecture :

    http://www.ogm.gouv.qc.ca/sante_et_environnement/environnement/risques_potentiels/insectes_resistants.html

    • Qu’est-ce que j’ai dit de Lamarckien ?

      Sinon, pour l’origine de la diversité génétique disponible à la sélection naturelle, j’ai un billet de blog :

      http://toutsepassecommesi.cafe-sciences.org/2012/03/30/la-variation-debout-ou-dou-viennent-les-mutations-en-evolution/

      Si la population est grande (1) elle ne va pas disparaître rapidement quand la situation se détériore un peu (genre on lui empoisonne une partie de sa nourriture), (2) elle aura davantage de diversité génétique disponible, et (3) la sélection sera plus efficace.

      • Wackes Seppi

        « Les insectes développent une résistance à un insecticide #OGM après qu’on en ait abusé »

        Ce n’est pas « la fonction crée l’organe », mais presque : le besoin crée la fonction ».

        D’ailleurs, vous expliquez très bien le problème de la vulgarisation au point 3 du billet suivant.

  10. Dr Peter Smith

    La toxine du « Bacillus thuringensis » (d’où le Bt) n’est pas un insecticide naturel. Elle tue TOUTS les insectes et même les nématodes (vers) de la terre. Je me suis fait rembarrer dans un colloque (par le scientifique-vendeur) quand qu’ai posé la question de la SPÉCIFICITÉ. On m’a répondu que il n’y a que la Piéride qui boulotte le maïs, mais c’est faux.

    • C’est archi-faux. Les toxines BT utilisées sont spécifiques de certaines familles d’insectes de par leur mode d’action (elles ciblent des protéines spécifiques). Par exemple, aucune d’entre elle ne fait quoi que ce soit aux abeilles (certaines toxines BT sont d’ailleurs utilisées pour protéger les ruches contre des mites).

      J’ai l’impression que vous avez mal compris un truc : des toxines BT, il y en a des centaines différentes. Certaines ont une action contre des lépidoptères, certaines contre des coléoptères, certaines contre les lépidoptères, certaines contre les nématodes.
      Mais AUCUNE d’entre elle n’a un effet chez toutes ces familles (à part les beta-exotoxines, également produite par certaines souches de Bt, mais d’une autre famille, et jamais utilisée en champs notamment parce que toxiques pour l’homme).

  11. Peut-être aussi que l’évolution a été rapide dans ce cas parce qu’il y avait une résistance déjà relativement répandue dans cette espèce de papillon. Si l’insecticide tel qu’il est appliqué tue 99.999% des insectes ciblés, la population aura du mal à s’en remettre rapidement. Mais si seuls 90% sont tués, il est possible que les 10% restants pourront se multiplier assez rapidement. Dans ce dernier cas, la durée de vie de l’insecticide sera nettement plus basse que dans le 1er, à ceci près que d’autres insectes peuvent alors aussi venir se servir une fois qu’un concurrent a disparu!

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