Blogs scientifiques, blogs de scientifiques, et blogosphère scientifique

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Récemment, Passeur de sciences a annoncé que le site du Monde.fr allait abriter plusieurs nouveaux blogs de science. Joie !

J’ai commenté que c’est bien, mais ce qui serait encore mieux serait que les journalistes scientifiques francophones, comme leurs homologues anglophones (en tous ceux des grands médias comme le New York Times ou le Guardian), interagissent avec les blogues et blogueurs scientifiques, les citent, les commentent, etc. Tom Roud (du blog Matières Vivantes) a réagi de manière similaire sur Twitter, générant une discussion intéressante (lien). Suite à cela, j’ai eu un bref petit échange avec Pierre Barthélémy, l’auteur de Passeur de sciences, qui m’a notamment écrit qu’il a beaucoup de mal à identifier des blogs tenus par des scientifiques en français. Etant moi-même dans ce cas, je me sens concerné.

Alors il me semble qu’il faut distinguer trois choses :

  • Les blogs de science. Tous ceux du C@fé des sciences et de SciLogs en font partie, ainsi que pas mal d’autres. Ce sont des blogs qui parlent surtout ou seulement de sciences, à des niveaux très divers, de manière très générale ou plus spécialisée, avec un objectif éducatif ou militant. Ils sont écrits par des journalistes, des enseignants, des amateurs passionés, des scientifiques, etc.
  • Les blogs de scientifiques. Ce sont des blogs tenus par des scientifiques, qui parlent de science mais aussi de la communauté scientifique, ses problèmes de misogynie ou de communication, d’enseignement supérieur ou de carrières. Ils peuvent aussi prendre un ton plus militant lorsque l’entreprise ou la communauté scientifique sont menacés, par des politiciens, des groupes d’intérêt, ou des philosophies anti-scientifiques. Ils sont effectivement beaucoup plus fréquents en anglais qu’en français pour une raison simple : si je blogais en anglais, mes collègues pourraient me lire ; en l’occurence, même la plupart des membres de mon labo ne peuvent pas (à supposer qu’ils en aient envie, mais ça c’est autre chose). Mais quand même, il y en a. Même si je ne les connais pas tous, j’ai l’impression que la majorité des blogs de SciLogs sont des blogs de scientifiques, ainsi qu’au moins Sham et Science, Matières Vivantes, et BiopSci (et celui-ci) ici au C@fé Sciences.
  • Les blogosphère scientifique. En anglais, il y a de nombreux dialogues entre blogs, les gens n’hésitent pas à rebloguer sur un sujet déjà traité pour donner un angle un peu différent ou un point de vue personnel, les bloggeurs commentent les uns sur les autres et les uns chez les autres, les blogs se référencent sans cesse. On note là-dedans qu’il n’y a ni barrière forte entre blogs scientifique par non scientifiques et blogs de scientifiques, au contraire, ni barrière forte entre blogs et journalisme, les journalistes n’hésitant pas à relayer les critiques apparues sur les blogs concernant la bactérie à l’arsenic, ENCODE « junk DNA is dead », ou autres. Pour moi, c’est ce qui manque le plus en français, même si le C@fé des sciences est un super effort, et d’ailleurs c’est pour cela que je l’ai rejoint. Mais je trouve très très dommage que Passeur de sciences et Sciences2, ou les blogs de SciLog, ne lient que très peu entre eux et aux autres.

Il me semble que construire une vraie blogosphère scientifique francophone est la première étape pour améliorer les autres points. On a besoin d’un cycle vertueux dans lequel les scientifiques voient l’intérêt à bloguer parce qu’ils voient que leur voix sera prise en compte. Non pas automatiquement, par argument d’autorité, mais quand ils ont quelque chose d’intéressant à dire.

Prochaine étape : établir une liste des blogs de scientifiques, en français. Suggestions bienvenues dans les commentaires ou par Twitter.

 

102 réponses à “Blogs scientifiques, blogs de scientifiques, et blogosphère scientifique

  1. Pour la deuxième catégorie, il va falloir convaincre les scientifiques français que blogger, c’est utile ! Ils sont (de ce que j’ai pu voir) assez réticents ou bien indifférents mais pas vraiment enclins à mettre les mains dans le cambouis. Pour ma part j’essaye toujours de mentionner les articles / sujets que j’ai vu passer sur twitter / différents blogs.

  2. Je trouve personnellement aussi qu’il y a encore un écart trop important entre médias grand public parlant science (Le Monde, Libération, Rue89, Futura Sciences & co) et les blogs scientifiques (tenus ou non par des scientifiques).
    Je lis fréquemment les deux types et y trouve dans les deux cas des contenus de qualité. Pourtant il me semble que les deux mondes vivent de manière totalement séparé. Il arrive de trouver des liens vers des grands journaux dans les blogs de science mais il est extrêmement rare de voir le contraire. J’ai souvent lu des articles sur le monde ou Rue89 où il aurait été parfait de citer/lier un article de blog en français pour inviter les lecteurs à approfondir le sujet mais cela n’est jamais fait. Les rares liens qui s’y trouvent sont des liens internes ou vers d’autres mastodontes de l’information qui ne sont pas toujours les plus appropriés. Dans certains cas, il est même préféré un lien vers un blog an anglais…

    Je me demande quelles sont les raisons de ce phénomène et j’en vois deux principales qui sont aussi problématiques l’une que l’autre:
    – soit ils n’ont pas connaissance de tous ces blogs (et dans ce cas je me questionne sur leur travail de recherche),
    – soit ils ne donnent pas de crédit à un blog (quel qu’en soit l’auteur) se cantonnant à l’image populaire du blogueur étant un journaliste en pyjama.

    Si le second cas s’avère être vrai je trouve ça un peu dommage et il faudrait peut être faire un peu de lobbying pour démontrer le sérieux des blogs.

    • Excellent commentaire, merci, complètement d’accord !

    • Peut-être qu’il existe surtout une 3ème raison : éviter de perdre de l’argent en envoyant les lecteurs vers des infos gratuites…

    • On m’excusera, j’espère, de faire une promo pour l’Agence Science-Presse, mais depuis 1996 que nous sommes sur la Toile, ça a toujours été une politique-maison que de faire un maximum de liens vers « l’extérieur ». Et les blogues font aujourd’hui partie de ces liens. Par contre, c’est vrai ce que dit Philippe, c’est l’exception plutôt que la règle. Ça tend à changer, mais très lentement. Et comme les grands médias sont les plus lents à changer, ce changement n’est pas toujours apparent, tout dépendant des sources d’info auxquelles on s’abreuve.

      Je dois d’ailleurs souligner que je vois souvent les blogueurs de science eux-mêmes insérer dans leur texte un lien banal vers un « mastodonte » de l’info (comme dit Philippe), plutôt que vers un petit média ou un blogueur qui a fait un travail beaucoup plus approfondi.

  3. Intéressante réflexion.
    J’en profite pour partager mon blog scientifique aussi (lien sur pseudo). Il se veut être là pour répondre à des questions de la vie de tous les jours et où la science peut répondre : pourquoi l’eau de mer s’évapore sans bouillir ? comment vole un avion ? pourquoi le verre est transparent ? Et parfois quelques articles sur la seule beauté de la science : saviez-vous que les bananes sont radioactives, que le sel de régime est utilisé pour les injections létales, ou que tout l’or du monde tient dans un cube de 20 mètres.

    Le tout, avec des explications le plus juste possible, mais tout de même accessible à un public non-initié, mais curieux de savoir quand même.

    Il faudra que je pense aussi à faire une liste de blogs scientifiques/de science, mais y’en a pas beaucoup de très connus (surtout en Français).

  4. Je ne sais pas si on peut le classer en tant que blog scientifique, mais on apprend pas mal de choses sur le site http://www.supercondensateur.com/
    Un site intéressant notamment pour voir les applications du graphène et des nanotubes de carbone.

  5. Passeur de sciences, Sciences2 et SciLog ont en commun d’appartenir à des groupes de presse, milieu où les homologues sont vus comme des concurrents et non comme des pairs avec lesquels il serait bon d’échanger publiquement. Ceci explique donc sans doute cela.

    • Aux USA, les plus grandes plateformes de blogs de science appartiennent aussi à des groupes de presse (Seed Magazine, Scientific American, National Geographic). À côté ont réussi à émerger des communautés plus « grassroots » (comme le C@fé des sciences en France).

      Donc c’est pas ça l’explication, si ?

  6. Il y aura une liste des blogues de science dans la 2e édition de l’anthologie, en avril. Cette liste sera aussi mise en ligne. Du moins, les blogues qui ont soumis un texte à l’anthologie, parce que c’était la façon la plus rapide de nous assurer qu’ils étaient récemment actifs…

    Si je parle du livre, c’est parce que l’effort que nous mettons derrière depuis l’an dernier rejoint précisément ce que tu écris dans ce texte: il faut que, d’une façon ou d’une autre, les blogueurs francophones en arrivent un jour à davantage interagir entre eux et qu’ils se connaissent mieux. En ce sens, je suis plutôt contre les catégories (blogues « de » ou « sur » la science) parce que je crois que ce qui compte avant tout, ce sont des intérêts communs: que le blogueur soit scientifique ou journaliste, peu importe; qu’il blogue continuellement ou occasionnellement sur la science, peu importe. S’il a ne serait-ce qu’un minimum d’intérêt pour approfondir la communication de la science par l’intermédiaire du blogue, c’est sur ça qu’il faut tabler pour bâtir une communauté.

    Je suis un peu déçu que Pierre Barthélémy dise qu’il a du mal à trouver des scientifiques francophones qui bloguent. Il y en avait des dizaines qui partageaient la table des matières du livre l’an dernier avec lui! En revanche, il est exact qu’il y en a très peu qui bloguent beaucoup.

    • J’apprécie beaucoup l’effort d’éditer et publier ce livre, mais cela me paraît très loin du dynamisme des liens réciproques, des commentaires les uns chez les autres, des billets de blog en réaction à un billet d’un autre blog, des retweets des billets des autres, tout ce qui ferait une blogosphère active.

      • Il n’y a pas de recette magique pour réussir ce que tu décris. Par contre, le livre peut contribuer d’un côté à crédibiliser les blogues de science aux yeux d’une clientèle qui les regarde encore de haut. Et il peut contribuer à faire découvrir des blogues aux blogueurs eux-mêmes.

      • Antoine Bonvoisin

        Je renchéri un peu sur ce que dit Pascal. Le livre doit être considéré comme un produit final, mais l’objectif du projet est bien de 1/ valoriser la communauté, de cristalliser ses acteurs autour d’un évènement commun, et de catalyser les rencontres et découvertes entre blogueurs et 2/ donner autant que possible une visibilité auprès du public.

        Ceci étant nous avons en effet du travail pour développer le pendant numérique du projet, c’est la prochaine étape je crois

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  9. Je suis encore plus déçue que Pierre Barthelemy annonce qu’il n’a réussi à trouver aucune blogueuse scientifique.
    Mais quelle a été sa méthodo pour chercher ? Il y a un certain nombre de blogueuses scientifiques et très actives sur twitter…. (et lorsqu’on lui fait des suggestions, il ne répond pas).
    Peut-être à mettre en lien avec une certaine endogamie du linking ? (gros médias et non petit blogueur ?)

  10. Luc Allemand

    Bonsoir,

    Certains commentaires précédents l’ont évoqué, mais je voudrais souligner l’importance dans cette affaire de l’aspect économique (oui, les sous!). Sans être en contradiction avec votre catégorisation en trois points, j’en propose donc une autre, en trois points aussi (l’ordre n’est pas hiérarchique et je ne porte pas de jugement moral) :

    – les blogs d’amateurs de science, qui font ça pour s’amuser ou par conviction, mais ne cherchent pas à en tirer profit, du moins pas directement. Souvent sous pseudonyme (donc impossible d’en tirer une gloire personnelle). Du loisir pur.

    – les blogs de professionnels de la science, chercheurs, enseignants, voire les deux (le cumul des mandats est autorisé en la matière!), qui souhaitent faire partager leurs résultats et leur intérêt pour la science, voire défendre la science. Ils considèrent quasiment que cela fait partie de leur mission professionnelle.

    – les blogs de journalistes, ou des wannabe, qui bloguent dans le cadre de leur activité professionnelle (leur employeur le leur demande, accueille leur blog sur son site…) ou pour promouvoir leurs compétences professionnelles (c’est leur vitrine) dans l’espoir d’être remarqués par un employeur, qui leur proposera d’héberger leur blog sur son site contre rémunération, en échange d’une régularité, ou qui leur proposera, plus classiquement, d’écrire des articles (l’un n’excluant pas l’autre). Les blogueurs de cette catégorie en tirent un profit financier (ou souhaiteraient le faire), directement ou indirectement.

    Je peux donner des exemples dans toutes ces catégories, mais vous les trouverez facilement vous-mêmes.

    Evidemment, cette classification est perfectible ; on peut lui apporter des nuances. Elle me semble toutefois aussi importante que la vôtre pour comprendre le phénomène des blogs de science. Par exemple, sous cet angle, on voit que tous les blogueurs n’ont pas les mêmes intérêts. Eventuellement, ces intérêts divergent, voire pourraient s’affronter.

    Cela explique aussi que, comme le fait remarquer @ianux, les éditeurs de presse qui publient des blogs (et donc dépensent de l’argent, pour rémunérer les blogueurs ou, au moins, pour entretenir une infrastructure) n’ont certainement pas très envie que les posts renvoient sur d’autres URLs, qui leur feraient perdre du trafic ou de la durée de consultation de page durement gagnés.

    Luc Allemand, rédacteur en chef de La Recherche (mes propos n’engagent pas l’entreprise qui m’emploie).

    • Merci pour cette classification, pertinente aussi.

      J’ai du mal à suivre le raisonnement de ceux qui pensent que des liens vers l’extérieur leur feront perdre des lecteurs. C’est un mode de pensée très 20ème siècle, si je puis me permettre. Et c’est en cela justement je pense un symptome d’un manque d’adaptation au monde de Wikipedia, des blogs, des articles scientifiques open access avec commentaires en ligne, des discusssions publiques entre scientifiques de haut niveau sur twitter, etc.

      Je pense qu’au contraire un média dynamique et de qualité va gagner à se mettre au centre d’un réseau de liens.

      • Antoine Bonvoisin

        Je me demande si cela ne fait partie d’une culture du journalisme et du web à la française, dans laquelle les sources sont rarement mises en évidence et rarement référencées.

        Il me semble, et corrigez moi si je me trompe, que le fait d’enrichir en liens, citer les sources, s’observe plutôt du côté anglo-saxon.

        Ne serait-ce pas cela qui nuirait à la blogosphère, plutôt que le financement des blogs des médias ?

  11. Bonjour à tous
    Quelques éclaircissements me semblent nécessaires, en réponse à plusieurs commentateurs.
    1/ La citation des confrères : ceux qui croient que l’on évite de citer les autres sites d’information pour éviter d’envoyer les internautes chez les concurrents se trompent. Il suffit de regarder la sélection de liens hebdomadaires que je publie sans discontinuer depuis plus de deux ans. Je renvoie très régulièrement vers Le Figaro, Libération, Le Temps, le New York Times, etc.
    2/ Les chercheurs-blogueurs : vous allez sans doute me trouver sévère mais si je dis que j’ai du mal à trouver des chercheurs qui bloguent a/ très régulièrement (au moins une ou deux fois par semaine) b/ en français et sans fautes c/ avec un excellent niveau de vulgarisation (donc sans s’adresser en jargon aux happy few) et d/ sur l’actualité, c’est parce que cela correspond à la réalité. Mais c’est aussi sans doute parce que mes critères sont trop élevés ou trop journalistiques 😉
    3/ Les blogs du Monde.fr : nous avons cherché à lancer 3 ou 4 nouveaux blogs invités pour le début 2014 afin de donner plus de place à la science (et c’est un effort qui mérite d’être souligné quand on sait l’inertie des grands médias dès qu’il s’agit de vulgarisation scientifique, laquelle n’est JAMAIS prioritaire pour eux…). Si je mets de côté le blog sur l’informatique, qui est un blog collectif arrivé là par l’intermédiaire de mon confrère David Larousserie du Monde, j’ai donc contacté plusieurs personnes de ma connaissance ou dont j’avais repéré le travail, sur papier ou sur le Web. J’ai eu plusieurs refus et je précise que ce qui a le plus dissuadé les candidat(e)s (et surtout les non-journalistes…), c’est l’obligation de produire deux billets par semaine, qui est une demande du Monde.fr pour fidéliser l’audience des blogs invités. Car on est dans une logique économique d’audience et de revenus publicitaires (voir le commentaire de Luc Allemand qui le résume très bien). On parle finalement de blogs quasi-professionnels et on voit bien que, si l’on se place selon ce point de vue, la régularité de publication devient un critère important.
    Il se trouve que, sur les deux auteurs retenus (astronomie et archéologie), deux sont des hommes mais vous reconnaîtrez qu’on ne peut pas en retirer beaucoup d’enseignements sur le plan statistique. Il y a encore deux-trois projets dans les cartons et je ne désespère pas de voir un ou deux blogs tenus par une femme dans un avenir proche. Cela dit, on ne choisit pas un auteur de blog pour son sexe mais pour ce qu’il peut apporter.
    Je précise à Jade que je ne considère pas Twitter comme un bon outil pour discuter des pratiques professionnelles (j’ai essayé de le faire hier avec @squintar, avec un résultat mitigé). Il suffit de voir la taille de ce commentaire pour s’en persuader. Il y a d’autres moyens de se parler (voir la boîte « Pour me joindre » sur mon blog).

    • Merci Pierre ! Effectivement j’imagine que beaucoup (dont moi) n’avaient pas en tête l’exigence de 2 billets par semaines.
      C’est beaucoup et du coup cela limite fortement le champ de la recherche aux journalistes scientifiques, ou aux aspirants journalistes scientifiques.

      Il me semble qu’ainsi on se prive totalement des blogs de chercheurs. Et quid d’un blog collaboratif du genre « Regards de chercheurs » ou « La recherche vue de l’intérieur » ou que sais-je encore ? Je verrais bien Marc + Tom Roud + quelques autres :-)

    • Bonjour Pierre et merci pour ce message. Je comprends tout à fait les critères de sélection pour les blogs du Monde qui a des impératifs de publication (quantitatif et qualitatif) qui sont différents de ceux d’un blog.
      Ce qui me chiffonne un peu plus est le point nº1. Je ne dis pas que les blogs tenus par des journalistes ne citent jamais d’autres liens mais qu’ils semblent ignorer une partie non négligeable dece qui est écrit. Vous citez vous même certaines de vos sources souvent citées mais toutes sont des journaux ou médias dans le même style que le monde. Pourquoi ne pas faire de temps en temps un lien vers un article de blog qui peut être dans certains cas de qualité égale à un article du Monde ou de Libération (même si l’angle sera très certainement différent).
      Cela m’intrigue encore plus lorsque le lien donné renvoie vers un média anglais alors que des articles de qualité existent sur des blogs en français. Cela peut arriver de louper quelques articles de temps en temps mais pour être un fidèle lecteur de votre blog et d’autres sur des médias tels Libé ou Rue89 je ne vois quasiment jamais des liens vers des blogs alors que souvent certains articles de qualité permettraient aux lecteurs curieux d’en savoir plus sur un sujet précis.

      Ne voyez pas cela comme une attaque, je souhaite juste comprendre cette tendance que j’observe sur les blogs de journalistes scientifiques.

      • Il m’arrive de citer quelques blogs… anglo-saxons. Pourquoi ?
        Pour faire court, la blogosphère des chercheurs français (hors SHS et Hypothèses) est assez peu structurée et donc peu visible. Son problème est sans doute, comme le remarque Enro, de ne pas s’adosser à un grand d’Internet (qu’il soit de presse ou pas).
        Autre handicap : malheureusement, les journalistes, auxquels on impose une productivité toujours croissante, n’ont pas toujours le temps d’aller faire le tour de ce qui est éparpillé à droite et à gauche. Ils vont vers ce qu’ils connaissent le mieux, vers les sites de confiance. De plus, si l’on prend l’exemple d’Hypothèses, la tendance générale est quand même au traitement de sujets très peu en rapport avec l’actualité de la science.
        Enfin, je reviens sur un sujet qui m’a longtemps tenu à coeur et que Sylvain Deville a traité (en anglais !) : pendant des décennies, la communauté scientifique française n’était pas branchée « communication » ou « médiation ». C’était même très mal vu en son sein de contacter des médias pour parler de son actualité… Cela change doucement mais c’est toujours un boulet que la recherche française traîne.

        • Débat intéressant. Je voudrais rajouter -n’en déplaise à certains- que parler de science dans un blog et pratiquer du journalisme sont deux choses différentes. Les deux se rejoignent parfois, mais pas tout le temps.

          Amicalement,

          Christophe Ungar, journaliste scientifique à la Radio Télévision Suisse

    • Désolé j’ai posté le précédent message en étant connecté sur mon compte admin sur la plateforme du C@fé des sciences. Je ne suis pas l’admin de ce blog contrairement aux apparences. =)

    • Pierre Ponce

      Et si vous (Pierre) additionnez 4 ou 5 vrais chercheurs qui jouent le jeu pour faire UN seul blog ? (Au « Monde » vous avez sporadiquement Gompel et Prud’homme (du CNRS de Marseille) qui font vulgarisation génétique/Evo-Devo). Avec deux ou trois « binômes » a spécialités différentes… Mais probablement on parle des choses différentes. (Article au Monde n’est pas Blog)

    • Deux par semaine… c’est énorme ! Je ne suis pas dans le secret des Dieux mais je doute que les plateformes de blogs US affiliées à des médias (National Geographic, SciAm…) exigent autant !!

      Sans vouloir chercher à t’apprendre ton métier, ça me semble peu tenable, et je pense sincèrement qu’il va falloir mettre de l’eau dans votre vin…

      • Ce n’est pas mon vin, mais celui du Monde.fr. Je ne suis qu’un intermédiaire (pigiste qui plus est) dans cette histoire. Ceci dit, si nous sommes arrivés à trouver des volontaires pour bloguer deux fois par semaine, il n’y a pas de raisons que nous n’en trouvions pas d’autres… Et si tu vas sur la plateforme Phenomena du National Geographic, tu verras que des blogueurs comme Ed Yong ou Carl Zimmer n’ont aucun mal à tenir le rythme (et je ne parle pas de ce que je fais depuis plus de trois ans et demi). Ah mais j’oubliais : ils sont journalistes 😉

    • Je comprends que Le Monde ait ses critères pour choisir de nouveaux blogs sur sa plateforme, et c’est bien normal.

      Par contre, je ne comprends pas les critères du point 2 ci-dessus.

      Pour citer un blog comme source, pourquoi a-t-il besoin de publier souvent, ou même régulièrement ? Par exemple, Mike Eisen a un blog (http://www.michaeleisen.org/blog/) qu’il alimente irrégulièrement, mais avec des billets de qualité et qui provoquent souvent des discussions très importantes au sein de la communauté scientifique ou académique. Lorsque c’est pertinent au sujet traité, ce billet peut être référencé par des journalistes scientifiques, ou les conduire à contacter Mike pour en savoir plus.

      Concernant le jargon, il me semble qu’autant vos articles, en tant que journaliste, ont vocation à être lisibles par le plus grand nombre, autant une source doit pouvoir être spécialisée ou technique. Ne donnez-vous jamais de liens vers l’article original ? Vers un rapport complet d’une agence scientifique ? Bien sur qu’ils sont pleins de jargon.

      • Pour le point 1. Michael Eisen a certes un blog mais c’est son blog, sur son site et pas sur celui d’un média. Il est donc bien normal qu’il y publie au rythme qui lui convient le plus. J’ai l’impression qu’on oublie dans ce débat le point que Luc Allemand avait très judicieusement évoqué : que ce soit Le Monde, National Geographic, La Recherche ou que sais-je, il s’agit d’entreprises privées, qui, bien qu’étant animées d’un but qu’on peut assimiler à un service public (informer), n’en restent pas moins des entités avec des objectifs commerciaux… Il faut donc que « ça marche ». Et la recette trouvée pour qu’un blog scientifique vaille la peine d’être lancé et promu sur LeMonde.fr (parce que cela a un coût), c’est celle que je vous ai donnée. On peut le regretter et choisir de ne pas s’installer sur ces plateformes (ce que je comprendrais très bien) mais c’est ainsi. Toutefois, je pense qu’on fait une grave erreur à vouloir opposer journalistes scientifiques et chercheurs-blogueurs. Comme l’a dit Pascal Lapointe aujourd’hui avec beaucoup de sagesse (http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2014/01/31/chercheurs-journalistes-discussion), c’est se tromper de cible. Nous devrions tous oeuvrer pour la science. Entendre les critiques que j’ai entendues sur le lancement des nouveaux blogs du Monde, franchement, cela me mène au bord de l’écoeurement. Je me bats pour la vulgarisation scientifique depuis plus de quinze ans ; ouvrir de nouveaux espaces pour elle dans un paysage médiatique français ravagé par la crise de la presse et qui, de surcroît, n’a aucun appétit naturel pour la science, c’est presque de l’ordre de l’exploit. Et tout ce qu’on reçoit en échange ce sont des remarques aigres sur l’absence de femmes ou de chercheurs parmi les nouveaux blogueurs (alors même qu’il y a des femmes et des chercheurs dans Binaire…) voire sur la médiocrité des journalistes scientifiques. Excusez-moi de le dire ainsi, mais c’est à vous décourager de promouvoir la science et ceux qui la font. La seule chose qui me rassure, c’est que notre initiative a été saluée par les internautes et que, pour son démarrage, le blog Astronomie de Guillaume Cannat est un succès. Le public sait que l’effort est fait pour lui et il ne s’y trompe pas.
        Pour votre point 2. Quand on vise le grand public, ce qui est le cas du Monde.fr, le jargon est un tue-l’amour. Nous le savons parce que nous voyons la durée de consultation des articles : quand c’est trop compliqué, les gens décrochent au premier paragraphe et, du coup, on peut considérer que le papier est un échec. C’est raté parce que le temps passé à écrire est perdu et c’est raté parce que l’information n’est pas transmise. J’ai eu un jour une discussion à ce sujet avec un chercheur français que je ne nommerai pas par charité, qui me disait que si les gens décrochaient, c’était de leur faute… Je vous laisse méditer l’intelligence de cette remarque. Le combat contre le jargon ne m’empêche en revanche jamais de donner systématiquement les liens vers les études originales, pour que les internautes (qu’ils soient chercheurs ou pas) puissent 1/ approfondir le sujet et 2/ vérifier ce que je dis. Ces études sont bourrées de termes techniques (et plus précis que mes mots) mais en les mettant en liens, je sépare clairement les genres, je n’encombre pas mon billet de détails trop compliqués.
        La vulgarisation scientifique, c’est l’art de trouver où mettre le curseur de la simplification. Pour prendre un exemple, La Recherche et Le Monde ne mettent pas le curseur au même endroit, parce qu’ils n’ont pas le même public. Les deux démarches sont autant respectables. La seule chose qui compte, c’est de ne pas tromper le lecteur.

        • Je crois qu’il y a un malentendu : je ne discute pas des conditions pour faire un blog sur le site du Monde. Je comprends tout-à-fait qu’un média privé ait ses critères, qui sont probablement corrects.

          Ce dont je discute, c’est de l’intérêt pour tous d’avoir davantage de dialogues et de liens réciproques. Il me semble qu’il devrait y avoir un réseau de lectures, de commentaires, et de liens, des blogs scientifiques les plus « hard » (comme bioinfo-fr.net) aux plus grand public (comme Passeur de sciences et Sciences2), et que la fréquence de publication et autres critères n’ont pas grand chose à voir là-dedans. Ce qui nous unit, c’est la double passion pour la science et pour la communiquer et en parler.

          Je suis donc très content (et très très surpris) de la discussion et des liens et réactions que ce modeste billet a fait naître.

          Je suis triste des malentendus qui subsistent encore, mais il me semble qu’en continuant la discussion on va progresser.

    • Ouf ! Barthélemy, sur l’annuaire de Futura-sciences, est entre Barber ( ? de Séville) et Becquerel (Henri) !!! La lignée de grands physiciens parisiens, Nobel avec les Curie, et comme eux, unité de mesure du SI.
      A quand le « barthélemy », unité de mesure de la culture scientifique ?
      Amitiés, et, railler n’est pas blâmer.

  12. Le problème plus général vient peut-être aussi du fait, paradoxal, que le scientifique français n’a pas vraiment la culture de communiquer envers le grand public. Ce sujet a d’ailleurs été soulevé récemment par Sylvain Deville (http://sylvaindeville.net/2014/01/08/communicating-science-whats-wrong-with-you-france/)

    Paradoxal, puisque le coeur de notre métier et de communiquer nos résultats et ‘découvertes’ par l’intermédiaire de publications, congrès, séminaires.

    Et il ne faut pas non plus oublier la notion de ‘temps’. Tenir un blog scientifique régulièrement, avec éventuellement des illustrations, le garder vivant en participant aux éventuels débats, prend du temps beaucoup de temps.

    Parler de sa science ou de la science en général au grand public reste une passion, un désir de transmettre et de stimuler le débat mais ce n’est pas notre métier. Et du coup les impératifs du Monde et de Pierre Barthélémy, de produire 2 billets par semaine sont pour moi irréalisables. Car la on parle presque d’un métier supplémentaire. Un cahier des charges à respecter.

    Le blog pour moi reste un outil occasionnel de communiquer en fonction de ses envies, de son humeur, de ses coups de coeur ou coups de gueule en fonction de l’actualité du moment. Cela ne se planifie pas, ou alors on devient journaliste scientifique, ce qui n’est pas vraiment la même chose.

    Alexis

  13. Salut Marc,

    sujet intéressant qui adresse le manque de visibilité des blogs scientifiques. Il est vrai que nous avons besoin de nous exprimer librement et d’ouvrir des espaces où les scientifiques francophones peuvent librement s’exprimer. Le “passage à l’acte” est assez difficile. Peu, voire aucun espace où un scientifique peut venir s’exprimer sans avoir à « créer un blog » n’existe actuellement (bien qu’un reddit scientifique fr (http://www.reddit.com/r/ScienceFr) a pointé le bout de son nez il y a quelques jours, il est encore trop jeune pour voir ce qu’il adviendra de cet espace). Ce processus finalement assez facile pour ceux ayant franchi le cap est un investissement que beaucoup ne sont pas prêts à faire, et pour plusieurs raisons:
    – rebuté par la technologie, question bête pertinente: « comment je fais un blog ? »
    – peu de temps ou de choses à dire: « à quoi ça sert d’ouvrir un blog? » « Je ne ferai qu’un seul voire deux articles par an… »

    C’est entre autre pour cela que nous avons ouvert une communauté où chaque scientifique est libre de venir écrire chez nous, même un seul article. Certes, nous sommes centrés sur la bioinformatique mais nous sommes étonnés de ne pas avoir vu plus de blogs de ce genre (peut être sont-ils trop bien cachés…). L’initiative du Café des Sciences est louable, mais ne permet pas à un nouveau venu sans plateforme déjà mise en place d’être entendu et peut-être alors passons-nous à coté d’idées pertinentes…
    En ce qui nous concerne, nous sommes après deux ans d’existence une quarantaines de scientifiques francophones réunis autour de la bioinformatique avec le désir de faire découvrir notre monde aux gens de l’extérieur, mais aussi le faire redécouvrir aux personnes déjà dans la bulle bioinformatique.
    Nous offrons également un espace d’échanges en direct grâce à l’IRC sur le réseau FREENODE canal #bioinfo-fr. Chaque jour des discussions passionnantes autour de la Science en général y ont lieu. Le seul bémol avec ce système c’est qu’il ne reste pas de traces, sauf si la discussion amène à la création d’un nouvel article (ce qui arrive assez souvent heureusement).

    Pour ce qui des journalistes scientifiques, bien trop souvent malheureusement nous voyons de la mauvaise vulgarisation de la Science en général, amenant même parfois l’effet inverse à celui désiré : la confusion entre le grand public et les scientifiques…

    Tout cela suit malheureusement un mouvement qui a de plus en plus tendance à s’amplifier : le non-professionnalisme des médias en général. Alors certes, certains comme Pierre Barthélémy de Le Monde, gardent le bon cap et c’est toujours plaisant de les lire. Mais tous ceux qui gravitent autour et qui privilégient l’effet « buzz » à l’effet informatif leur font de l’ombre de part leur masse et l’audience qu’ils engrangent petit-à-petit…

    Il y a aussi la notion de censure à prendre en compte, qui est malheureusement elle aussi de plus en plus importante dans les médias quoiqu’on en dise. Pour notre part, lorsque nous parlons d’un sujet d’actualité assez chaud sur le moment (comme par exemple le cas ENCODE, pour ne citer que lui) nous ne freinons pas notre auteur. Celui-ci va jusqu’au bout de ces idées et l’article est validé par 3 relecteurs avant d’être publié. La catégorie « Opinion » est choisie et le débat peut alors commencer par le biais des commentaires.
    Il est aussi certainement plus difficile de pousser à la censure un bloggeur qu’un journaliste qui est « tenu en laisse » par son employeur/le quelconque bord politique de son journal. Et puis, l’effet Streisand est si vite arrivé de nos jours. À force, ils doivent apprendre de leurs erreurs.

    Pour ce qui est de nos articles, notre politique a toujours été depuis le début de les rendre ouverts à tous et pour toutes les utilisations possibles. La diffusion de l’information est la priorité. C’est pour cela que l’ensemble de notre contenu se trouve sous licence CC BY 2.0 et supérieure. Le fait d’être cité est la plus belle des reconnaissance pour un bloggeur et pour tout le travail (souvent bénévole, du moins pour nous) qu’il y a eu derrière. De plus, la citation ouvre souvent les portes à un nouveau débat ou de nouvelles coopérations.

    En ce qui concerne Twitter, nous y sommes présents également (ainsi que G+) et essayons d’intérargir au mieux avec les personnes qui nous suivent, bien que cela prenne du temps. La communauté scientifique francophone y est très présente et c’est un plaisir d’y suivre les nombreux débats.

    En tout cas merci à toi Marc d’avoir ouvert ce débat et espérons qu’il en découle de belles choses ! Merci à tous ceux en général qui diffuse la science de manière ludique et intéressante !

    Les admins de bioinfo-fr.net

    • Je dois dire que j’aime beaucoup bioinfo-fr, mais évidemment c’est mon domaine, je suis biaisé.

      Je vous rejoint complètement sur le fait qu’un blog libre des médias peut avoir un ton irrévérentieux sans problème.

      Je pense aussi que des blogs comme le votre jouent un rôle potentiellement important dans l’écosystème, intermédiaire entre la litérature primaire, et les blogs plus grand public. Je renvoie vers vous pour des détails sur le RNA-seq ou autre technique.

  14. Plusieurs remarques à cet intéressant échange:
    — La typologie proposée par Luc Allemand me semble très pertinente. C’est en tout cas celle où j’arrive à me situer le mieux.
    — Le reproche « pas assez de filles » fait à Pierre Barthélémy est d’autant plus injuste que, effectivement, il y a peu de blogueuses, ce qu’on déplore par exemple au sein du C@fé des sciences (mais ça évolue).
    — En revanche, assez d’accord pour dire que Pierre Barthélémy personnifie bien le hiatus médias / blogs : sur 4 numéros de sa Sélection scientifique de la semaine, j’ai pu recenser 3 liens vers des blogs seulement (dont 2 en anglais – 0 provenant du c@fé des sciences, malheureusement). Il est vrai qu’il n’est pas aisé de faire une veille sur tous les blogs qui existent, mais je trouve ça personnellement regrettable: le lien que j’ai trouvé le plus intéressant venait précisément d’un des blogs.
    — Je sens, à travers certains propos (les tweets de Tom Roud par exemple), la tentation de restreindre le label « blog sérieux / intéressant » aux blogs de chercheurs. Ça me semble aussi être un travers fâcheux si on cherche à décloisonner.
    — Tout ça pour dire que cloisonnement il y a bel et bien et que si j’en juge par mon propre exemple, il n’est pas près de disparaître : en tant que journaliste, il ne me viendrait jamais à l’idée de citer un blog dans un papier… Quand bien même ledit papier m’est parfois inspiré par la lecture des blogs…

    • Je sens, à travers certains propos (les tweets de Tom Roud par exemple), la tentation de restreindre le label « blog sérieux / intéressant » aux blogs de chercheurs. Ça me semble aussi être un travers fâcheux si on cherche à décloisonner.

      Non, pas du tout. Mon propos est plutôt qu’on n’a aucun problème à trouver des blogs de vulgarisation ou tenus par des journalistes scientifiques (qui sont tout à fait sérieux), mais qu’on a plus de difficulté à trouver des blogs de chercheurs « sur le terrain », parlant à la fois de la « science chaude » et des aspects spécifiques au métier de chercheurs. Maintenant c’est vrai que ce sont les blogs qui m’intéressent personnellement le plus ( un n-ième billet sur, exemple au hasard, l’intrication quantique, c’est pas ce que je recherche aujourd’hui sur les blogs). Bref, tout ceci est complémentaire: vouloir plus de blogs de chercheur, c’est constater un manque, pas une critique sur ce qui existe par ailleurs et trouve très bien son public.

      Petit aparté: l’un des objectifs premiers de la plate-forme du c@fé des sciences était précisément d’inciter les chercheurs à se lancer dans le blog en tant que chercheur.

  15. Je fait vivre un blog depuis 3 ans qui traite de la recherche dans le domaine de l’activité physique et la santé. Les échanges précédents sont riches mais je n’arrive pas à comprendre cette « sévérité » sur les critères demandés. (a/ très régulièrement (au moins une ou deux fois par semaine) b/ en français et sans fautes c/ avec un excellent niveau de vulgarisation (donc sans s’adresser en jargon aux happy few) et d/ sur l’actualité). Je ne reviens pas sur la fréquence insoutenable mais sur l’obligation de traiter de l’actualité. Il m’est apparu intéressant à plusieurs reprises, lors de la rédaction d’articles de blog, de justement, ce détacher de l’actualité, des dizaines d’articles quotidiens qui inondent mon agrégateur de flux RSS parmi lesquels je pioche habituellement un article à présenter. Revenir sur un article des années 80-90, montrer que par moment les dernières découvertes n’en sont pas vraiment.
    Dernier point, je pense qu’il est réellement intéressant pour un chercheur de pouvoir aussi parfois, vulgariser ses propres études mais surtout d’en donner un accès francophone au lecteur tout venant.

    • LeMonde.fr étant un site d’actualité, il préfère que les blogueurs collent à l’actualité de leur domaine. Ceci dit, on a une grande liberté d’action et cela m’est souvent arrivé de faire des billets plus intemporels (on dit « magazine » dans la presse). Mais ce doit être une exception et pas la règle.

      • Dans cette question de coller ou pas à l’actualité, il y a aussi la question du public auquel on s’adresse. N’importe quel sujet intemporel trouvera toujours un public spécialise, mais pour rejoindre un public général, il est clair qu’un lien avec l’actualité, ça aide beaucoup.

      • Pour ce qui est de coller à l’actualité : à nouveau, je comprend bien que cela peut être nécessaire sur votre site. Mais pourquoi ne pas citer un billet d’un blog qui, lui, ne colle pas forcément à l’actualité, lorsque c’est pertinent ? Il y a souvent quelque part dans SciLogs ou C@fé sciences un billet sur le thème traité, d’ENCODE à Séralini aux suites convergeant (ou pas) vers -1/12.

  16. Un joulnaris' sci'

    Il y a enfin la catégorie n°4 : blog de journaliste scientifique; mais entre écrire un article et un post de blog, personnellement, je choisis l’option rémunérée et promue, quitte à m’effacer un peu…
    C’est l’éternel problème du blog de qualité sans pub… pour tenir, il faut avoir les reins solides…

  17. D’abord, bravo à tous pour ces intéressants échanges, et vive le blog de science !

    Je rebondis sur certains points plus haut, qui me semblent justement typique de ce que je critiquais (gentiment et en toute amitié, hein !) dans mon tweet initial:
    – sur « l’anonymat » dont parle Luc Allemant, d’abord, il s’agit d’abord de pseudonymat, et il me paraît extrêment réducteur de dire qu’il s’agit de « loisir pur ». Il suffit de voir par exemple ce qui se passe autour de Dr Isis en ce moment:
    http://tomroud.cafe-sciences.org/2014/01/21/macrotweet-5-pseudonymat-des-blogueurs-scientifiques/
    On ne blogue pas que pour s’amuser, il y a aussi, pour ma part, une vraie volonté de participer à une « petite musique » de fond sur la science, pour qu’il y ait des voix un peu différentes (du journalisme scientifique, de la vulgarisation traditionnelle, etc…) voire avec une vraie volonté de militantisme pro-science (cf Votons pour la Science http://www.votonspourlascience.fr/)
    – sur les 2 billets par semaine, là encore, je discerne un biais. Un billet sérieux prend entre 2 et 4 h minimum à écrire; 2 billets par semaine, c’est 8h par semaine, soit une journée de travail « normale ». Fournir 20% de son temps de travail pour le blog (puisqu’apparemment on ne parle pas de « pur loisir ») n’est pas à la portée de tout le monde. Le risque c’est de n’avoir que des blogs de scientifiques plus tournés vers les media que la recherche: c’est un choix, mais en cela on n’est plus tellement loin du journalisme scientifique précisément

    Comme dit plus haut, mon point initial était que, comme pour tout, une diversité de points de vue était souhaitable. Les critères exprimés plus hauts sont des critères qui vont nécessairement sélectionner un traitement très journalistique de la science, or je ne crois pas que ce soit la seule façon d’en parler.
    [sur ce j’enseigne dans 5 minutes, mais j’ai d’autres choses à dire]

  18. La question de la régularité (ou absence de régularité) des blogueurs francophones est un problème que je suis content de voir soulevé par Pierre. J’achève présentement la préparation de la 2e édition de l’anthologie des blogues de science, et la 1ère chose qui m’avait frappée l’an dernier, et qui est revenue cette année, c’est que les blogueurs qui écrivent plus d’une fois par mois sont rares.
    On n’a eu aucun mal à trouver des textes de qualité pour l’anthologie. Mais il est frappant de constater que même les blogueurs les plus habiles vulgarisateurs, n’ont pas encore intégré le blogue dans leur routine. Et ce, au contraire de ce qu’on a vu très tôt chez des chercheurs anglophones, qui n’étaient pourtant pas, eux non plus, rémunérés pour leur blogue.

    La difficulté à bâtir une communauté vient en partie de là. Pour que le blogue de science francophone prenne davantage de place, pas seulement dans les médias mais chez les blogueurs eux-mêmes, il va falloir que les blogueurs les plus actifs y mettent le prix: être encore plus actifs dans l’écriture, donner un coup de pouce aux projets « rassembleurs », et mieux connaître leurs propres collègues blogueurs.

    • Je suis d’accord que la régularité est un problème . Ma résolution (pour l’instant tenue !) de l’année 2014 est de publier un billet par semaine sur mon blog pour « garder la main », néanmoins pour pouvoir faire ça, j’ai décidé de me « contraindre » à 500 mots environ. Du coup j’ai plus de facilités à me lancer sans être encyclopédique.
      Le problème de la régularité, c’est aussi que pour avoir une présence « online » régulière, il faut être sur son blog, sur twitter, commenter les blogs des autres, etc… Ça devient un peu duraille à mesure que la sphère internet explose. Au début du c@fé, je n’avais aucun problème à suivre tout le monde, maintenant c’est illusoire.

      Enfin, si je regarde la blogosphère anglophone scientifique, ceux qui publient beaucoup font pas mal dans le point de vue, l’édito, etc… plus que la vulgarisation. Moi, j’aime bien, mais c’est forcément plus « dangereux » pour un média comme le monde, ce qui est un peu dommage.

  19. Il y a les blogs de sciences, et puis les blogs autour des sciences, de la culture populaire et de l’imaginaire scientifique 😉

  20. Oui avec les critères a),b),c),d) on se contraint forcément aux journalistes professionnels.

    Je sors un billet par semaine, et qui ne traite pas souvent d’actualité. J’y passe déjà de nombreuses heures par semaine. Si je voulais passer à deux billets, et en plus parler d’actualité (ce qui est probablement plus ardu que de faire un Nème billet sur l’intrication quantique), ce serait intenable à moins d’en faire mon activité principale.

    Sauf à faire blog collaboratif, il est quasi-impossible de répondre aux exigences du Monde.fr tout en étant chercheur professionnel.

    Pour reprendre les exemples de Pierre : Ed Yong et Carl Zimmer n’ont pas d’activité de recherche, j’imagine ?

    (donc probablement plus facile à écrire)

  21. Bonsoir à tous,
    à la demande de Marc Robinson-Rechavi, voici un embryon de réflexion sur le sujet en discussion, limité à un seul point : « l’interaction entre les journalistes scientifiques » et la blogosphère.
    Je comprends la frustration devant une interaction qui peut sembler assez faible aux acteurs de la blogosphère scientifique ou traitant des « sciences en société ». Mais elle provient pour beaucoup d’un effet de nombre et de l’activité professionnelle. Les journalistes spécialisés en sciences sont peu nombreux, ceux qui ont pris la décision de s’impliquer sur le net de cette manière et non seulement par la reprise de leurs articles print sur le web (en général le site de leur employeur) le sont encore moins. Il y a plusieurs dizaines de milliers de chercheurs actifs en France, quelques centaines de journalistes (un seul à Libération, ce qui produit un effet majeur de contrainte temporelle et de nécessité de suivre de nombreux dossiers simultanément). Cette asymétrie produit nécessairement un effet de rareté des seconds… alors même que la publicité de leur signature suscite une attente souvent démesurée. Dans la même veine, je suis obligé de repousser nombre de sollicitations pour participer à des débats, des colloques, rencontre avec des lycéens ou étudiants…

    Ensuite, les conditions d’exercice du métier ne favorisent pas une interaction chronophage dans les forums ou les fils de discussion. Je suis assez souvent sollicité pour présenter « la presse scientifique », ou « le journalisme scientifique », ou « comment la presse a traité tel ou tel sujet »… par des chercheurs, en SHS ou non, qui ont du mal à comprendre que je ne suis pas le bon client. Mon principal souci de la journée, c’est de boucler mes papiers, interagir avec les autres services du journal, assurer reportages, coups de fils, présence aux conférences de presse… le tout en parvenant à lire un ou plusieurs articles de revues scientifiques, les livres qui s’amassent sur mon bureau, mes courriels… bref, mes confrères passent en dernier, et souvent pas du tout. Sauf, pour entretenir mon niveau de culture scientifique, La Recherche et Pour la Science dont les auteurs ne sont pas tous journalistes. Les horaires à rallonge du quotidien – mais la pression à la production dans d’autres journaux, consécutive à la mauvaise situation économique de la presse s’exerce aussi sur d’autres collègues – diminuent tout simplement le temps disponible pour une activité que j’ai du mal à percevoir comme autre chose que du temps professionnel.
    Résultat: alors que j’avais imaginé entretenir des discussions sur le blog {Sciences²} avec des chercheurs, des amateurs et des citoyens intéressés, j’ai du lire à peine le quart des commentaires qui y ont été publiés. Du coup, me lancer dans d’autres discussions, voire simplement tenter de puiser à cette nouvelle source d’information qu’est la blogosphère qui vient s’ajouter à un raz-de-marée permanent en provenance des producteurs de science, malgré l’intérêt, me semble relever de la gageure.
    Enfin, le côté « on ne cite pas un confrère car c’est un concurrent » pour expliquer le faible nombre de liens tissés par les journalistes scientifiques dans leurs blogs peut être, ici ou là, valable, mais ce n’est pas une clé explicative passe-partout. Si les rédactions en chef découragent cette pratique dans les articles, c’est parce qu’elle joue un rôle bien particulier qui est de reconnaître l’antériorité d’un confrère sur telle ou telle information, son article accédant alors au statut de « source ». Dans les articles « papiers », le très faible nombre de citations en découle, car cela « dévalorise » le journal qui cite l’autre. En outre, il existe une véritable omerta dès lors que la citation vaut ou débouche sur la critique. Interdit d’écrire que le journal concurrent s’est trompé. Lorsque j’ai pris un journaliste du Nouvel Obs dans le pot à confiture de la désinformation sur Fukushima, et que je l’ai écrit… sur le blog, « on » m’a bien fait sentir que « cela ne se fait pas ». Idem pour la dénonciation des turpitudes du Point sur Claude Allègre. Je n’ai en près de 20 ans de boulot à Libération qu’un seul exemple contraire, la permission, surprenante, qui m’a été donnée de bombarder le Nouvel Obs sur l’affaire Séralini.
    Dans les blogs tenus par des journalistes, ce phénomène de « je ne cite pas le concurrent » peut certes jouer, en s’ajoutant à l’égo démesuré de nombre de collègues. Mais dans le tout petit milieu du journalisme scientifique, si elle existe, cette attitude est loin d’être générale. Pour ma part, j’ai pris un malin plaisir à citer mon collègue du Monde Stéphane Foucart sur plusieurs sujets. Ma conviction est d’ailleurs que nous devons, journalistes scientifiques, nous serrer les coudes, et avoir comme principal argument pour obtenir plus de place le fait que d’autres journaux traitent mieux la science.
    Voilà, et si certains lecteurs trouvent que, curieusement, j’ai trouvé du temps aujourd’hui pour ce commentaire, c’est que mon papier pour vendredi prochain est bouclé plus vite que prévu.
    Sylvestre Huet

    • Luc Allemand

      +1 sur la quasi totalité de cette analyse. Pour ce qui concerne les magazines de vulgarisation scientifique, dont la situation diffère de celle des quotidiens que décrit Sylvestre, je persiste : ils ne s’entre-citent pas, quel que soit le support, pour des raisons directe de concurrence.

    • Merci à S. Huet de ce décortiquage passionnant du métier d’unique journaliste scientifique d’un quotidien (la conclusion du commentaire vient comme un point d’orgue dans sa cohérence!).

  22. Luc Allemand

    Le post initial ainsi que les commentaires illustrent que, selon les intervenants, les termes « blog de science » recouvrent des réalités différentes. Ainsi, la « blogosphère scientifique francophone » n’a pas une définition plus précise que « la presse scientifique francophone ». Ca existe, mais comme une collection de médias, pas comme une entité unifiée. Le support « blog » ne donne pas plus d’unité aux contenus que le support « papier ».

    Je m’explique avec deux exemples déjà cités :

    – ce que publie lemonde.fr, ce sont des articles (ou des chroniques) scientifiques à destination d’un large public. Les sujets, l’édition, les modes de traitement sont en rapport.

    – ce que publie bioinfo-fr (je ne connaissais pas, je suis allé voir), c’est de l’information professionnelle. Certes, via Internet, elle est physiquement accessible aussi au grand public, mais ce grand public ne lira pas des articles dont les titres sont : « Flux Balance Analysis ou la simulation du métabolisme d’une cellule », « Bioservices, un module Python très utile » ou encore « Introduction aux ontologies » (les trois articles en tête de blog ce soir : c’est pour happy few).

    Ces deux types de blogs sont sans doute utiles mais pas pour les mêmes objectifs. Et ils évoluent dans des univers relativement (in)différents.

    En ce qui concerne les citations : la source principale des informations scientifiques pour les journalistes reste les revues à comité de lecture (non, ce n’est pas le lieu d’entreprendre un débat là-dessus), les communications dans les colloques, voire les preprints postés sur les serveurs idoines mais PAS les blogs. Le jour où des chercheurs publieront leurs résultats sur des blogs plutôt que dans Nature, et à condition qu’il y ait un minimum de confiance dans le système de validation, ces blogs seront EVIDEMMENT cités par les journalistes.

    • Il me semble qu’il y a un continuum, ou un écosystème si on veut, de blogs, qui ont vocation à se nourir et se référencer de proche en proche. Par exemple en anglais l’écologiste théoricien Jeremy Fox tient un excellent blog (http://dynamicecology.wordpress.com/) qui est généralement très technique. Mais parfois ses thèmes sont repris (avec liens…) par des blogeurs plus vulgarisateurs, voire provocateurs, comme Jerry Coyne (http://whyevolutionistrue.wordpress.com/). Lequel peut être cité par des journalistes comme Ed Young.

      En ce qui concerne les citations : un billet de blog n’est pas la source primaire pour une nouvelle scientifique, et je suis ravi que vous considériez l’article comme seule source (plutôt que le communiqué de presse par exemple…). Par contre le blog est une bonne source potentielle pour la réception de cet article dans la communauté, sa mise en perspective, sa critique, etc. Voir à nouveau ENCODE, la bactérie à l’arsenic ou l’affaire Séralini, en ce qui concerne les sujets que je connais le mieux. C’est sous cet angle que les blogs sont surtout cités dans en anglophonie, et c’est là où ça manque en français à mon avis. Par contre on a souvent des interviews de « usual suspects », scientifiques habitués des médias qui au mieux sont bons mais donnent toujours le même point de vue, et au pire ne sont même pas de bons scientifiques.

    • Heureux que vous ayez pu nous découvrir. Comme nous le disions plus haut, ce genre de débat est fait aussi pour cela.

      En ce qui concerne vos remarques, elles paraissent justifiées mais nous aimerions quand même ajouter quelques petites précisions à cela. En effet notre audience est majoritairement composée de bioinformaticiens, biostatisticiens, biologistes et autres personnes au label « bio-« : les happy-few… Mais il y a aussi des gens de passages (beaucoup d’étudiants en devenir) qui s’interrogent sur cette science en particulier. C’est en effet pour cette audience, et parce que comme vous le disiez le blog est ouvert à tous rien qu’en étant sur Internet, que nous proposons de temps en temps des articles comme http://bioinfo-fr.net/bien-commencer-en-bioinformatique (où vous trouverez d’ailleurs une extrait de France 5 qui nous avait contacté pour les besoins d’une de ces émissions), http://bioinfo-fr.net/trouver-un-emploiune-these-en-bioinformatique-quelques-pistes où nous tentons de montrer que le secteur est tout sauf bouché (ce qui reste assez rare de nos jours, il faut le préciser), ou encore http://bioinfo-fr.net/questions-a-ioannis-xenarios où nous tentons d’apporter une vision par le concret avec les témoignages de bioinformaticiens immergés au cœur de la science. De plus, pour ce qui est de « …mais ce grand public ne lira pas des articles dont les titres sont… » nous pensons que c’est justement là où le rôle d’un journaliste scientifique, le vôtre donc, est primordial. C’est en effet à vous d’aller vers ces articles plus ou moins spécialisés, d’en extraire la partie « grand public » s’il y en a une et d’orienter le lecteur vers un blog plus pointu si cela est pertinent (on en revient ici à l’histoire de citer les blogs en tant que sources donc). De plus, une personne non spécialisée aura plus de facilité à comprendre et discuter sur un blog que de s’essayer à comprendre un article de Nature…

      En un sens, nous on voit ça comme ça. Peut être qu’on se trompe, mais il faudrait alors nous démontrer pourquoi (oui nous les scientifiques, les hypothèses c’est bien, les preuves c’est encore mieux) :)

      Enfin nous terminerons en précisant tout de même (au cas où) qu’il ne s’agit absolument pas ici de faire du référencement d’articles en sautant sur l’occasion donnée par Marc, nous ne courrons pas après cela. C’est juste qu’il est plus facile de parler de choses que l’on connait.

      Merci encore à vous pour votre temps et votre écoute.

      • J’ajouterais autre chose concernant le niveau « happy few » (également traité dans le billet de Freakonometrics http://freakonometrics.hypotheses.org/12257) :

        Je ne pense pas que ce soit entièrement pertinent de diviser les lecteurs potentiels en « spécialistes » et « grand public ».

        D’une part, chaque spécialiste est amateur dans d’autres domaines. Mais un physicien ou un informaticien ou un chimiste peut lire sur la bioinformatique ou la génomique à un niveau différent d’un boulanger. Moi qui suit biologiste j’aime bien lire la chimie chez http://pourquoilecielestbleu.cafe-sciences.org.

        D’autre part, les personnes dont la profession n’est pas scientifique incluent de nombreux amateurs de science qui soit ont eu des cours de sciences (ingénieurs, médecins, enseignants du secondaire, etc ; voir aussi http://toutsepassecommesi.cafe-sciences.org/2012/06/01/tout-le-monde-doit-pouvoir-lire-la-literature-scientifique-jy-tiens-openaccess/), soit se sont formés tout seul mais peuvent être très motivés. Les blogs peuvent être une source d’information tout-à-fait pertinente, même ceux de niveau un peu élevé.

        Finalement, il faut bien noter qu’un blog n’est pas un article statique : on peut commenter pour poser une question ou demander un éclaircissement, l’auteur peut répondre, et le cas échéant écire un nouveau billet pour mieux expliquer. Ce billet-ci sur l’annotation des génomes est né d’une telle discussion dans les commentaires d’un billet très technique : http://toutsepassecommesi.cafe-sciences.org/2012/07/06/annoter-un-gene-un-genome-cest-quoi/

        (commentaire cross-posté sur Freakonometrics)

  23. Je suis bien évidemment d’accord avec la distance que souligne Luc entre les blogues « grand public » et spécialisés. Mais que cela ne nous empêche pas de parler d’une « blogosphère scientifique francophone ». Aussi indéfinissable que ce concept puisse être, l’histoire du journalisme au 20ème siècle et l’histoire des blogues anglos nous démontrent que bien des passerelles peuvent être jetées entre des individus qui, a priori, ne l’auraient pas cru possible. Les 160 blogueurs qui ont participé au livre ont tous en commun de vouloir communiquer, et d’être attirés par ce nouvel outil qu’est le blogue. A partir de là, tout ce qui manque pour construire une communauté, c’est un peu d´huile de coude.

  24. Quelle intéressante discussion et merci à Pascal Lapointe de me l’avoir signalée.
    Je suis une chercheure-professeure qui blogue de temps en temps à l’Agence Science-Presse, mais dont deux textes se retrouvent dans les deux anthologies, sur des sujets très différents. Chaque fin de mois, je me retrouve avec une liste d’environ 10 sujets sur lesquels j’aurais voulu faire un billet : des bonnes idées que je veux partager, des projets originaux que je veux signaler, des situations qui m’indignent, etc. Pourquoi je ne fais pas de billets, finalement? Parce que je m’impose de faire une recherche d’au moins une journée pour bien m’assurer de ne pas écrire de bêtises – et que je ne trouve que très rarement cette journée dans mon emploi du temps. Alors, au moins, je tweete… @Sciencebiencomm et je fais une curation de mes trouvailles sur Scoop.it, incluant d’excellents blogues de science en français, en anglais, indépendants ou sur des plateformes, etc.
    En fait, je lis continuellement des billets de blogue que je donne à lire à mes étudiants ou que je cite dans mes textes « à égalité » avec des livres ou des articles publiés dans des revues scientifiques. Pour moi, tout ce qui est clair et bien fait, qui permet de faire réfléchir, est bon! Mais effectivement, je pense que ma « souplesse » n’est pas encore très fréquente parmi mes collègues.
    J’ajoute que je fais bloguer tous mes étudiants et que je suis en train de préparer, avec une quinzaine de doctorants québécois, un nouveau blogue collectif qui sera réservé à leur « voix » de doctorant. Dans ce projet, j’ai rencontré beaucoup d’enthousiasme de leur part – mais un léger souci de ne pas être à la hauteur. Le fait que ce soit un blogue collectif va les aider, je pense. Et je les encouragerai à lire et commenter des billets de blog.

  25. Malheureusement après ce riche débat, je me range à l’idée (défaitiste) que le journalisme scientifique et les blogs de chercheurs sont condamnés à être essentiellement cloisonnés.

    * Les chercheurs (qui cherchent) ne peuvent clairement pas se plier aux contraintes du journalisme scientifique pour bloguer;
    * Les journalistes scientifiques n’ont pas de forte incitation (au contraire) à jouer avec les règles de la blogosphère;

    A la limite on peut rêver que ponctuellement les journalistes scientifiques citent un blog de chercheur faisant autorité pour une question d’actualité, mais j’imagine que ca ne pourra pas franchement aller plus loin.

    Bon je dis pas que c’est mal, hein ! La diversité des approches et les publics différents rendent probablement tout ça assez inévitable.
    Sur ce, je retourne plancher sur mon prochain billet :-)

    • Pas d’accord avec David là-dessus. A moins que les francophones ne soient génétiquement différents des anglophones, il n’y a aucune raison pour que les blogues de journalistes et de chercheurs soient cloisonnés. L’expérience démontre qu’il existe un continuum, du blogue le plus spécialisé au plus populaire (et les très populaires ne sont pas tous écrits par des journalistes). De nombreux exemples donnés dans les commentaires ci-haut démontrent aussi que des blogueurs anglos se sont taillés une solide réputation avec 1 billet par mois, par semaine ou par jour.

      Mais pour que tout ce dont nous avons discuté depuis 2 jours sorte de notre petit cercle, il faut en parler davantage, faire davantage de promo, travailler davantage, s’impliquer davantage dans les projets rassembleurs (oui, je pense au livre, mais aussi à Reddit, et à des cours d’écriture, et à davantage de conversations comme celle-ci). Comme disait l’autre, Rome ne s’est pas construite en un jour.

  26. Excellente réflexion. Cela dit, je me demande si la définition d’un « blog scientifique » existe vraiment, tant la porosité de certains de ces blogs (le mien le premier) est grande avec d’autres « types » (journalisme, militantisme, commentaire d’actualité, etc…).
    Ca me rappelle une discussion avec ma grand-mère qui s’étonnait que je parle de « science » pour parler de ma propre recherche en histoire… 😉

  27. Quelques réflexions sur la blogosphère, la communication, la recherche et l’enseignement en sciences.
    La science, la recherche scientifique, est enseignement et n’est même que cela. Au-delà sont brevets, copyrights et profits. Commerce n’est point sciences, demandons à Nobel.
    Trouver pour partager, diffuser, enseigner, depuis Galilée c’est ce qu’ont fait les Universités. La science est universelle, le droit à la science devrait être inscrit dans la déclaration des droits de l’homme ; une science pour tous, libre et gratuite.
    Chercher n’est pas gratuit, il est investissements, retour attendus et secrets de résultats. Les monstres de profits tels ceux en productions pharmaceutique sont démonstrations que recherche n’est pas science et que commercialisation de produits pharmaceutiques n’est plus comprendre l’organisme de l’homme pour obtenir la santé de tous mais recherche d’un créneau profitable.
    Science est enseignement, communication et partage, au-delàs est commerce.
    Le Net pour tous, libre et gratuit se répand et s’impose. Qui l’arrêtera ?
    S’il l’est pour clamer Wall Street, le Coran ou Lady Di, la science aura failli, la civilisation et l’avenir de l’homme aussi.
    La recherche scientifique doit envahir l’espace de communication mondial, le web, par l’échange, d’abord, l’enseignement et la recherche ensuite. Les capacités sont prodigieuses, 7 milliards de cerveaux connectés, un nouvel âge pour la recherche. Ils n’étaient que cinquante au congrès de Solvay.
    L’humanité doit apprendre la science ; aux chercheurs de comprendre qu’ils ne sont rien s’ils n’enseignent, partagent et dialoguent.
    Nous serons 7 milliards de chercheurs. A nous d’organiser blogs, ressources de connaissances, d’échanges et créativités.
    Commençons un lien, central, francophone pourquoi pas, diffusant toutes adresses de communications et d’échanges existantes. Gratuitement, c’est possible. Le CERN de Genève emporte les résistances US des copyrights et droits d’accès aux ressources sur la physique particulaire mondiale.
    Publions gratuitement, les profits seront immenses.

  28. Ce riche débat est peut-être l’occasion de faire une liste des blogs scientifiques francophones. J’ai cru comprendre que c’était prévue dans la 2ème anthologie mais au cas où, voilà ma petite liste. C’est loin d’être exhaustif et vous devez connaître la plupart mais au cas où :

    BiopSci de Philippe Julien : http://www.biopsci.com/

    Strip Science : http://stripscience.cafe-sciences.org/

    Café des sciences : http://www.cafe-sciences.org/

    Bioinfo-fr : http://bioinfo-fr.net/categorie/opinion

    L’infusoir : http://infusoir.hypotheses.org/

    Céline Bon : http://fossilandmrdarwin.wordpress.com/

    Tom Roud Matières Vivantes : http://tomroud.cafe-sciences.org/a-propos/

    Science infuse Guillaume Frasca : http://blog.science-infuse.fr/

    Agence science-presse : http://www.sciencepresse.qc.ca/

    désolé pour ceux et celles que j’ai oublié.
    Dr Goulu : http://www.drgoulu.com/

    Science étonnante : http://sciencetonnante.wordpress.com/

    Knowtex : http://www.knowtex.com/blog/

  29. Pingback: Blogs scientifiques, blogs de scientifiques, et...

  30. Merci à tous pour cette discussion très enrichissante !

    Etant journaliste de formation (et ancienne pigiste qui plus est), j’adhère à ce qu’ont dit Pierre, Sylvestre, Luc et Pascal, notamment sur les contraintes du métier. Dans des médias généralistes, difficile de parler de sciences (« à choisir entre sciences et foot, je prends foot ») et dans un média scientifique papier, difficile de prendre des risques sur le web (« qu’est-ce qu’on y gagne à publier gratuitement alors que nos ventes en kiosque baissent ? »). Ceci pose d’ailleurs la question de la réaction des médias traditionnels à la révolution numérique.

    Petite question Pierre : concernant la fréquence des billets sur Le Monde, n’est-il pas envisageable de la baisser en augmentant le nombre de blogs actifs ? Par ex un sujet scientifique différent par semaine, provenant de 5 ou 6 blogs en archéo, astro, math, bio, etc. ? Ou un blog qui reprendrait un billet du C@fé par semaine ?

    Je note aussi les différences de traitement entre journalistes français et anglo-saxons. Certes, ils ne sont pas génétiquement différents mais je note tout de même une vraie différence de culture. Les anglo-saxons seraient-ils plus bavards, avides d’échanges, décomplexés ? Leurs lecteurs aussi ? J’en ai bien l’impression, sans vouloir faire de généralisation. C’est d’ailleurs en regardant du côté des québécois qu’on peut voir ce que serait un début de compromis, en langue française…

    La question de la formation (des jeunes journalistes et chercheurs) et de « l’évangélisation » (des pros en poste) se pose également. Les passionnés que vous êtes doivent connaître ce moment de solitude où vos collègues (qu’ils soient journalistes ou chercheurs) vous demandent à quoi ça sert ou estiment qu’ils perdraient leur temps à tweeter… Et il faut être sacrément motivé pour les détromper sans cesse et les aider à comprendre ce qu’est un RT pour la centième fois ! Mais il faut de la patience pour changer le rapport des gens au numérique !

    Je suis moi-même « tombée » dans la blogosphère à la fin de mes études (pas pendant, car personne ne nous a vraiment formé pour) et depuis je ne cesse de présenter ces outils, au début dans des interventions auprès de futurs journalistes (une fois avec des doctorants > vous auriez vu leurs têtes « on a trop peur de dire des conneries »), maintenant lors de « vrais » cours à des promos en communication scientifique. Je me heurte parfois à une réelle hostilité, parfois juste à de la crainte ou encore à de la flemme et il faut passer un moment à discuter « philosophie » avant même de rentrer dans le vif du sujet (heureusement, dans le lot, il y en a toujours plusieurs ultra-motivés).

    Quant à mon boulot principal, j’ai plutôt de la chance finalement, il consiste à bloguer, à faire bloguer et à animer un réseau d’acteurs de CST (chercheurs, étudiants, journalistes, chargés de com, médiateurs, etc.) ! Nous accompagnons par exemple deux collectifs de chercheurs dans la gestion de deux blogs sur les thèmes des neurosciences (notamment la Semaine du cerveau) et la cristallographie (c’est l’année internationale). Il y a encore beaucoup de réticence mais ça commence à prendre. En revanche, l’énergie déployée par chacun est colossale (eux pour prendre le temps de bloguer, nous pour les accompagner sur les aspects techniques et les valoriser)… Ce que j’en retiens, c’est que faire bloguer un collectif de chercheur est assez intéressant, car ça les motive.

    Et puisque j’ai bien parlé de moi jusqu’ici (autopromo, bouuuh !), voici quelques filles qui tiennent des blogs « culture scientifique », parce que depuis un moment, c’est comme le dahu ou le mouton à 5 pattes, on en parle mais on n’en voit pas beaucoup !

    Pour commencer, citons les filles du C@fé des sciences et de l’Agence Science Presse (vous savez où les trouver)
    Malvina (et Thomas) sur Vulgaris : http://vulgaristom.blogspot.fr/
    Audrey, Elodie (et l’équipe du centre de sciences de Toulouse) sur Bruits de couloir : http://science-animation.tumblr.com/
    Florence avec ses podcasts et l’animation de l’univers : http://www.florenceporcel.com/
    Jade qui blogue sur CST et culture numérique : http://www.jadelemaitre.fr/le-blog/
    Floriane qui va voir du côté de l’Europe : http://www.scienceineurope.com/
    Josée qui aime aussi les livres : https://twitter.com/scienceetlivres
    Camille et son Hard science osé (malheureusement inactif) : http://www.hardsciences.fr/
    Cécile qui parle de journalisme et CST dans Science et partage : http://www.scienceetpartage.fr/
    Dominique, dir. de rédac de Sciences et Avenir : http://sciencepourvousetmoi.blogs.sciencesetavenir.fr/
    Amélie, de l’Usine nouvelle, qui met l’innovation en questions : http://blog.usinenouvelle.com/innovation/
    Hélène qui va souvent au cinéma : http://www.sciencesaucinema.fr/
    Marine qui raconte son expérience de création d’un musée à la Réunion : http://www.marinesoichot.com/
    Nadège avec Arizona : http://nadegejoly.wordpress.com/
    Anaïs qui blogue en anglais sur le Huffington post : http://www.huffingtonpost.co.uk/anais-rassat/
    Elifsu chez Deuxième labo (avec Antoine) : http://www.deuxieme-labo.fr/actualites/
    Les nanas (presque exclusivement) de MyScienceWork : http://www.mysciencework.com/news/
    Gayané et les nombreuses contributrices de Knowtex : http://www.knowtex.com/
    La cinquantaine de femmes que j’ai invitées à contribuer à Echosciences : http://echosciences-grenoble.fr/
    Marie-Pier en Gravité Zéro Absolu : http://mpelie.wordpress.com/
    Le triptyque des filles écolo avec Audrey au Monde : http://ecologie.blog.lemonde.fr/author/ecologie/
    Anne-Sophie : http://www.demoinsenmieux.com/
    & Laure de Libération : http://environnement.blogs.liberation.fr/
    Catherine du Monde qui a un éléphant dans son salon : http://animaux.blog.lemonde.fr/
    Sévrine, qui ne blogue pas mais fait un travail gigantesque au CNES autour des réseaux sociaux : https://twitter.com/MelleKetchup
    Marie-Agnès et Mathilde de l’INRIA qui pourront vous parler des blogs et comptes plus potaches de l’INRIA : https://twitter.com/Maev59 & https://twitter.com/mathildeD_V
    L’incontournable Elise à l’origine de la page Facebook (et des dérivés) « I fucking love science » : https://twitter.com/Elise_Andrew
    La francophile Joanne : http://www.joannelovesscience.com/
    Un blog plus « militant » mais nécessaire « Allez les filles ! Osez les sciences ! » : http://allezlesfilles.wordpress.com/

    Et je suis certaine d’en oublier plein ! Pour me faire excuser, je vais préparer un petit billet pour mon blog ! 😉

    • Wouahouuuuuu Marion ! Merci pour cette géniale compilation de liens :-)

      @tous plus haut : merci aussi pour cette discussion intéressante. Plusieurs des commentaires, argumentés et intéressant, auraient pu donner lieu à des articles de blog, en réponse à celui-ci. Pratique qui se fait régulièrement dans la blogosphère anglo-saxonne, et qui a le mérite de tisser de nombreux liens entre blogueurs et de faire découvrir aux lectorat d’un blog d’autres thématiques, intérêts, plumes et avis.

    • Voici un document collaboratif pour mettre au point un inventaire, qui pourrait préfigurer un site/une page où seraient cherchables les blogs sur différents critères/mots-clés
      https://pad.ilico.org/p/blogssciencesfrancais #enjoy #collaborate #capitalise

      • Bonne idée, mais quelques remarques :
        le site n’est pas digne de confiance pour Firefox, ce qui est un peu génant ;
        j’ai annoté rapidement quelques sites dont je sais qu’ils sont suisses ou canadiens dans la liste « France » ; ce blog-ci est rédigé depuis Lausanne ;
        je conseille de contacter Philippe Julien @PhJulien qui a commencé un effort similaire.

    • Marion : je pense qu’on pourra éventuellement envisager cette option une fois que, dans quelques mois, on aura fait le bilan du lancement de cette plateforme. Mais ce qui compte dans un premier temps, c’est de « fidéliser les audiences », comme on dit dans le marketing…

    • Je cite : « Les Anglo-saxons seraient-ils plus bavards, avides d’échanges, décomplexés ? Leurs lecteurs aussi ? J’en ai bien l’impression, sans vouloir faire de généralisation. C’est d’ailleurs en regardant du côté des québécois qu’on peut voir ce que serait un début de compromis, en langue française…  » : très bien vu, il y a de cela à n’en pas douter.

      Et merci de cette longue liste de blogs tenus par des ‘filles’ (j’emploie l’expression employée plusieurs fois dans le fil).

    • C’est super gentil d’avoir cité notre blog Marion, merci ! :-)

  31. Pingback: Journalisme Scientifique | Freakonometrics

  32. Un point que j’ai abordé rapidement dans le billet mais sur lequel personne n’est revenu, c’est la vie de la recherche et de l’université. Pourtant de nombreux billets de Tom Roud, certains des miens, tout le blog Gaia http://rachelgliese.wordpress.com/ traitent de cette question, qui est importante et pertinente. Je note qu’elle est également souvent traitée chez Sylvestre Huet.

    Les blogs et les comptes twitter des scientifiques me semblent permettre aux journalistes et au public de tater le pouls des chercheurs en temps réel, sans filtre, et ça me paraît très positif.

  33. Un exemple qui vient de se produire sur Twitter :
    Carl Zimmer @carlzimmer, du New York Times et autres médias, demande s’il faut écrire « qui » ou « quoi » à propos de Néanderthal, provoquant une discussion intéressante qui inclut des scientifiques et des amateurs :
    https://twitter.com/carlzimmer/status/428601169196634112

    Voilà, ça c’est une blogosphère / twittosphère scientifique en action !

  34. Pingback: Blogs scientifiques, blogs de scientifiques, et...

  35. Pingback: La sélection scientifique de la semaine (numéro 107) | Passeur de sciences

  36. Bonjour,
    Discussion intéressante, mais il me semble qu’il existe aussi une catégorie de personnes non mentionnée. Celle des scientifiques qui seraient heureux de pouvoir partager leur passion en expliquant ce qu’ils font, mais qui ne savent pas comment on fait un blog! Ni à quoi ca sert. Un peu de vulgarisation de ce point de vue la, ne ferait pas de mal non plus…

  37. Mon blog : http://extraisreloaded.blogspot.fr/

    Astrophysique, physique fondamentale et géophysique (un peu !)

  38. Bonjour,

    Mon site: http://www.christopheungar.ch répertorie tous mes reportages/enquêtes tv et radio (RTS) dans le domaines des sciences, de l’environnement, de la nature et de la santé.

    Pas un blog traditionnel mais une sorte de bibliothèque scientifique audiovisuelle sur le modèle d’ITunes.

    N’hésitez pas à commenter et partager.

    Merci pour votre initiative!

    Amitiés,

    Christophe (@chandrung sur Twitter)

  39. Pingback: Problème à 2 corps blogosphériques | Matières Vivantes

  40. Après avoir enfin eu le temps de consacrer du temps à la lecture des nombreux commentaires, me viennent deux questions rarement abordées.

    Pourquoi écrire… et pour qui?

    Le débat focalise à mon goût davantage sur celle ou celui qui produit le contenu, que celle ou celui qui découvre l’information.

    On est tous un peu narcissique mais il ne faut jamais oublier le lecteur/auditeur/téléspectateur.

    Il n’est évidemment pas con et veut une information claire, bien construite, bien racontée mais surtout fiable, « vraie », résultat d’un travail d’enquête, d’une vérification minutieuse des sources, égayée de regards croisés, etc.

    Malheureusement à ce jeu, les journalistes (scientifiques) ont une longueur d’avance. Parler de science, c’est un vrai métier…. Que toutefois tout le monde peut apprendre.

  41. Bonjour,

    Très bonne question de Christophe Ungar : « Pourquoi écrire… et pour qui?  »
    Chaque blogueur aura sa ou ses réponses :
    Pourquoi écrire ? pour se faire connaître, pour partager sa passion, pour le plaisir, pour remettre ses idées en ordre, pour partager ses pensées avec d’autres, pour débattre. N’oublions pas non plus que si écrire est intéressant, lire les commentaires l’est tout autant.
    Pour qui ? pour les collègues proches, les scientifiques d’autres disciplines, les profs de collège ou lycée ou prépa, les médiateurs scientifiques, les médias, les étudiants, le grand public… sachant qu’il n’est pas conseillé de viser autant de publics différents en même temps.

  42. Pingback: Revue de Presse #20 » Biblio B.U.S.

  43. Pingback: BiopSci » Analyse » Analyse des liens entre blogs de science

  44. sciencedecomptoir

    Bonjour,

    Je me permets de signaler que suite au débat qu’a suscité cet article, un collectif a été monté (CONSCIENCE, http://collectifconscience.com/ ) pour essayer de faire tomber les dernières barrières entre les différentes entités que vous citez. Notamment, nous avons dressé une liste de 190 blogs scientifiques francophones http://collectifconscience.com/blogosphere-scientifique-francophone/
    et mis au point un moteur de recherche pour parcourir l’ensemble de la blogosphère scientifique francophone. (dans la barre latérale du site)
    En espérant que ces outils puissent aider à un meilleur dialogue dans la sphère CS francophone.
    La plateforme se veut aussi être un réseau où tous les acteurs de la diffusion scientifique au sens large peuvent se réunir et monter des projets ensemble. Si vous êtes intéressés, je vous invite à aller faire un tour sur le site (et plus si affinités!)

    • Comme déjà dit sur Twitter et par email, excellente initiative !

      Et je m’empresse d’ajouter que vous avez maintenant une page plus claire pour la recherche sur les blogs :

      http://collectifconscience.com/rech-blogs/

      (que j’ai essayé d’ajouter à ma barre latérale du blog, mais WordPress il fait pas toujours ce que je veux quand je veux.)

  45. Pingback: La blogosphère scientifique francophone commencerait-elle à se réveiller ? | Sciencesenviro - Les sciences et l'écologie vulgarisées pour tous

  46. Bonjour,
    Merci pour cet article, les commentaires ci-dessus, et ailleurs les autres billets. Sujet passionnant.
    Je suis chercheur, auteur d’un blog, militant pour que les collègues s’emparent de cette outil de publication et de publicisation de la science (je commets parfois des ateliers ou conférences sur l’identité numérique du chercheur), et responsable d’une formation en communication scientifique et technique. Donc je suis toujours preneur d’éclaircissement sur ce domaine. Et il y aurait matière à discuter de nombreux points (journaliste sci/chercheur, blog/plateforme/réseau/revue, etc…). Un point cependant sur lequel j’aimerai avoir des détails, concernant la comparaison Fr/US (et par extension l’injonction aux 2 articles hebdo ou à la régularité) : je ne sais pas si le rapport à l’institution académique est le même, je ne sais pas si l’activité (le poste) d’enseignant-chercheur est le même des deux côtés de l’Atlantique. Quelle reconnaissance pour un billet de blog ? Quel retour sur investissement en regard des autres missions de l’enseignant-chercheur ? Quelle place est accordée à la vulgarisation dans la formation des chercheurs ? Et inversement, quelle est l’offre existante de formation au journalisme scientifique ? Quelle figure du chercheur est construite dans ces formations, en france comme à l’étranger ?

  47. Oulaaa! Je viens d’arriver sur ce poste passionnant et sa discussion toute aussi enthousiasmante alors que ça fait plusieurs semaines qu’il a été publié! Où est-ce que je regardais pour rater ça?? Ah oui, du côté de la recherche d’un travail….Si jamais, pour Pascal Lapointe qui faisait un petit buzz pour la plateforme Agence Science-Presse, je suis arrivée ici par un de ses billets!

    Je n’ai pas lu l’ensemble des 99 commentaires, donc j’espère que le mien ne sera pas totalement redondant, mais je crois qu’un point qui a été soulevé par plusieurs personnes, dont Christophe Unger de la RTS et Pierre Barthélémy (Le Passeur de Science du Monde), concerne les séparations à la fois institutionnelles, mais aussi et surtout pratiques et culturelles, entre l’univers du blogging, le monde des scientifiques et le journalisme. Et là, il me semble qu’il y a une vraie problématique à approfondir. Les exigences et les contraintes ne sont simplement pas les mêmes entre ces trois « milieux ». Il est effectivement difficile de demander à un chercheur, y compris un jeune chercheur en début de carrière, de proposer deux billets de blog par semaine qui correspondent à la fois aux critères scientifiques et journalistiques, mais aussi du format blog. Parce qu’un billet de blog, ce n’est pas non plus la même chose qu’un article de journal, même en ligne, ou une contribution dans un journal scientifique (en ligne ou hors ligne). On n’écrit pas de la même manière et le public ne s’attend pas au même contenu, ni au même style d’écriture, dans un article et dans un billet de blog, même hébergé sur une plateforme aux couleurs d’un titre journalistique connu comme Le Monde ou Libération. Arriver à combiner ou du moins à faire converger ces trois univers intellectuels est en fait quelque-chose de nouveau et demande donc du temps pour expérimenter. A mon avis, les gens qui en sont vraiment capables doivent se compter sur les doigts des deux mains entre le monde francophone et anglophone.

    En fait, la difficulté n’est pas seulement du côté des journalistes, mais pour tous ceux qui tentent de construire cette nouvelle extension de l’espace médiatique préexistant. Les bloggeurs, sans être systématiquement des journalistes en pyjama ou de simples chroniqueurs amateurs, évoluent dans un univers rédactionnel et intellectuel voisin de celui des journalistes et parfois s’y connectent, mais uniquement de manière ponctuelle et utilitariste. D’autre part, contrairement à ce qu’on pourrait croire, on ne transforme pas si facilement que cela un journaliste en bloggueur. Même chose pour un chercheur, quoiqu’il puisse être habitué à produire des articles, mais pour des revues scientifiques ou des colloques universitaires. Si les trois ont en commun d’essayer de faire sens du monde et de tenter de communiquer par écrit le résultat de leur remue-méninges, ils ne le font pas de la même façon, ni dans la même optique. Les faire se rejoindre n’est donc pas du tout aisé et demandera forcément encore pas mal de tâtonnements. Le problème, du point de vue d’un média comme Le Monde, est évidemment financier. Il n’a pas le temps, ni l’argent, pour expérimenter dans tous les sens. Cependant, vues les transformations à l’œuvre dans les publics et notamment dans les perceptions qu’ont les gens du milieu journalistique, il me semble que c’est un effort qui en vaut vraiment la peine. Je pense sincèrement que les journalistes, les scientifiques et les bloggueurs ont beaucoup à apprendre les uns des autres et à partager. Parce qu’ils ont malgré tout pas mal de choses en commun, dont justement un véritable intérêt pour l’écriture.

    Je pense aussi qu’une collaboration plus grande entre ces trois « milieux » pourraient contribuer à démystifier la science dans les opinions publiques dont les perceptions oscillent entre une méfiance plus ou moins viscérale envers une science considérée comme une forme de connaissances sèche, inutilement ardue, bassement terre-à-terre, sans aucun pouvoir d’inspiration, voire potentiellement carrément un danger pour l’humanité (le scientifique-apprenti-sorcier), et une confiance aveugle en une connaissance construite comme LA seule manière valable d’aborder le monde ou du moins la plus légitime, sans que l’on sache vraiment pourquoi et comment elle a atteint ce statut socio-culturel. Une telle collaboration rapprochée pourrait contribuer, par exemple, à rendre plus visible les principes épistémologiques de la science ainsi que les fonctionnements des institutions dites scientifiques. Pour l’instant, la communication sur la science dans le grand public de la part des médias déjà bien « établis » se réduit encore trop souvent à la vulgarisation des connaissances scientifiques, sans aborder les démarches qui ont permis de les produire. Or, derrière la connaissance scientifique, il y a tout un monde qui grouille et qui s’agite. En rendre compte d’une manière innovante, en combinant ou du moins, en faisant converger, les diverses manières de réfléchir et d’écrire des journalistes, des bloggueurs et des scientifiques, me semble une piste à explorer.

  48. Pingback: Qui sont ceux qui bloguent sur la science ?

  49. Pingback: Blogging : it’s (also) a girl thing ! | Artefacts numériques