M. Pierre-Henri Gouyon m’insulte et insulte mes collègues (#OGM #Seralini)

Je viens de découvrir un texte écrit par Pierre-Henri Gouyon sur le site Mediapart :

http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-henri-gouyon/191112/qui-seme-le-doute-recolte

Comme je ne vois pas le moyen de mettre de commentaire sur ce site sans payer d’abonnement, je vais répondre rapidement ici.

M. Gouyon, vous m’insultez.

Vous dites dans votre lettre que la communauté scientifique n’a réagi que parce que des scientifiques à la solde des entreprises ont fait de la propagande :

Ce qui s’est passé depuis quelques semaines, c’est simplement que les entreprises de biotech ont commissionné des scientifiques « amis », prêts à tout, pour démarrer l’attaque. Ceux-ci ont lancé des réactions tous azimut et ont fini par atteindre leurs collègues peu au fait des pratiques de ces organes de propagande, ou plus simplement naïfs quant aux fondements et au contexte du débat, ou parfois aussi intéressés à ce que les entreprises de biotechs, qui sont une source de financement importante des laboratoires n’aient pas d’ennuis

C’est un mensonge, et soit vous le savez, soit vous avez perdu le contact avec la réalité. Sur les blogs scientifiques, tenus par des passionés sans aucun contact avec les biotechnologies (voir liste à la fin de ce billet), nous avons été nombreux à noter les problèmes majeurs de cette étude. A nouveau, je connais plusieurs des auteurs, et moi-même je blogue sous mon vrai nom (me voici), et aucun lien avec la biotechno. Mais une passion pour la science honnête.

Et la raison pour laquelle cette étude a été si commentée, oserais-je vous la révéler ? Les auteurs de cette étude ont fait une pub énorme, comme on n’en voit presque jamais. Alors quand tout le monde parle d’une étude, et qu’elle est nulle, eh bin oui on dit qu’elle est nulle. Incroyable, non ? Il faut faire quoi ? Se taire quand les médias sont plein de pseudo-science ?

Je reviens sur mon titre. M. Gouyon, en écrivant que les réactions à l’article de Séralini et al sont dues essentiellement à la vénalité des chercheurs et à l’argent des biotechnologies, vous nous insultez tous. Vous insultez aussi les collègues dont vous dites qu’ils auraient signé l’une ou l’autre pétition, la première qu’ils auraient vu. Sérieux ? Vous pensez ça de vos collègues scientifiques ?

Excusez-vous et taisez-vous, ou apportez des preuves. Dans mon cas, vous aurez du mal, je vous préviens.

PS: le livre Merchants of Doubt date de 2010, c’est un de mes livres préférés, et ça me fait mal de voir cet excellent travail de recherche sur la sociologie et l’histoire de la science si mal utilisé. Ce billet a été écrit très vite, mais il faudra que je vous fasse une liste des différences entre les cas amiante, tabac, etc, et celui-ci.

35 réponses à “M. Pierre-Henri Gouyon m’insulte et insulte mes collègues (#OGM #Seralini)

  1. Le problème c’est que la propagande « tous ceux qui critiquent sont des vendus » marche bien mieux que le démenti. Ca va tellement dans le sens des croyances populaires à la mode du moment (notamment de type conspirationnistes) qu’il sera difficile de faire raisonner une voix différente. D’ailleurs, j’ai eu un échange avec un collègue qui était signataire de la tribune publié dans Le Monde qui tente de sauver Séralini (« science sans conscience »), je suis à peu près certain qu’il n’a pas lu l’article de Séralini.
    En tout cas, je suis très intéressé par un futur post sur les différences entre les cas amiantes/tabacs/etc. et celui des OGMs. Je commence moi même à bloguer depuis peu et je trouve d’excellentes infos ici, bonne continuation.

  2. Le problème c’est qu’il sera très difficile de changer l’opinion générale à ce sujet. L’argument « ils sont tous vendus » est tellement simple et efficace, allant dans le sens des idées reçues du moment notamment conspirationnistes, qu’il devient impossible à contrer. D’autant plus qu’en France au moins, les dernières réformes poussent la communauté scientifique à trouver des financements dans le privé, ce qui renforce l’impression du « conflit d’intérêt ».
    J’attends avec impatience un éventuel post sur les cas de l’amiante ou du tabac. Je m’intéresse aussi grandement à ces questions et j’ai très récemment commencé un blog pour défendre quelques idées. En tout cas, j’apprécie beaucoup vos contributions, bonne continuation à vous.

  3. Bravo pour ce message éloquent.

  4. Bravo pour cet article. La phrase de Gouyon sur « les habituels trolls » est aussi fort déplaisante. Tout à fait d’accord aussi avec votre PS : c’est étonnant de voir l’utilisation inversée du concept d’Oreskes.

  5. Bonjour,
    je me suis permis de poster le lien de votre billet d’humeur sur différents sites. Je souscris à vos mots

  6. Pour info:

    1) tes deux articles précédents sur Seralini sont cités dans un commentaire complet et bien fait signé Yann Kindo

    2) ce billet vient d’être linké par Ted Helfer

    3) Comme j’ai un compte sur Mediapart valable encore quelques jours, je fais volontiers un cut&paste de ta réponse chez eux, mais j’ai besoin de ta permission vu que Mediapart n’est pas « Creative Commons » compatible 😉

  7. Ping : M. Pierre-Henri Gouyon m’insulte et insulte mes collègues (#OGM #Seralini) | C@fé des Sciences | Scoop.it

  8. Salut Marc, je découvre ce blog à la suite de la polémique sur le papier de Séralini et c’est un vrai plaisir de te lire (pas seulement sur ce sujet). Les gens perdent facilement la raison lorsqu’on aborde des sujets sensibles comme les OGM, le nucléaire, etc.
    Des articles de mauvaise qualité on en voit (trop) souvent (bactérie à l’arsenic, etc.). C’est un sujet de discussion fréquent dans les labos et parfois même on prend le temps d’écrire une réponse. Dans le cas de l’article de Séralini et al. la réponse est massive non seulement car les OGM sont un sujet sensible, mais surtout (à mon avis) à cause du tapage médiatique fait autour de cet article. Sans tout ce tapage médiatique, je suis persuadé que les critiques de cet article seraient resté cantonnées aux salles cafés des labos de recherche intéressés par cet article, avec peut-être un jour une réponse publiée dans le même journal. Mais lorsque des conclusions basées sur une étude douteuse sont abondamment relayées dans le grand publique, il est normal que la communauté scientifique réagisse en exposant ses réserves vis à vis de l’étude en question. C’est dommage qu’on ne puisse pas faire ça sans se faire traiter de vendu à la solde de Monsento.
    Personnellement, je suis plutôt opposé aux OGMs dans leur utilisation actuelle majoritaire (faire des OGMs pour pouvoir balancer plus de roundup dans les champs, c’est pas vraiment un progrès) mais je je soutiens les chercheurs qui ont ouvertement critiqué l’article de Séralini car, après avoir lu l’article, il est clair que les conclusions ne sont pas fondées.
    Bref, je me classe aussi dans la catégorie des chercheurs insultés.

    Jean-François Goût

    PS: L’auteur de cette réponse déclare n’avoir aucun conflit d’intérêt (en clair, je n’ai pas d’actions chez Monsento)

  9. Il y a eu des commentaires soumis pour modération dont le seul objectif semblait d’être de diffamer M. Gouyon ou Mediapart, sans contenu réel. De tels comentaires ne seront pas publiés.

    Merci de votre compréhension.

  10. Bonsoir,

    Je ne suis pas d’accord avec vos arguments (et je le dis sans même, ô sacrilège, avoir lu la tribune de PHG). Lorsque vous analysez sur votre blog l’article de GES, très bien. Mais, à mon avis, vous faîtes votre travail à moitié. Il existe d’autres études à long terme sur le sujet de l’impact sanitaire des PGMs. Elles ont été synthétisées dans le désormais fameux papier de Snell et al. Cet article a fait l’objet d’une relative médiatisation, certes moins importante que celle de GES, sur le thème « C’est prouvé: les OGMs sont sans danger » ou « Le débat est clos ». Or c’est faux. Il suffit de lire cet article et les papiers cités pour voir que 1. les protocoles sont de qualité plutôt médiocre et n’autorisent pas de conclure à l’innocuité et 2. certaines études concluent au contraire que leur résultats soulèvent l’existence de problèmes sanitaires. Bref, l’article de Snell et al. pose également des problèmes de déontologie scientifique. Vous n’en parlez nulle part. Et pourtant le texte de « L’appel raisonné à un débat sur les OGMs » s’appuie dessus pour dire qu’il a été prouvé qu’il n’y a aucun problème avec les PGMs.

    Je veux en venir à la chose suivante. Lorsque vous critiquez un papier dans le cadre de votre travail quotidien, vous êtes dans une démarche scientifique normale. « Ah, Tartempion, il est vraiment mauvais ! ». Puis un de vos collègues va vous sortir un autre papier, de fil en aiguille vous allez en lire plusieurs sur le sujet et conclure: « bon, ce n’est pas uniquement Tartempion et Truc muche qui sont mauvais, en fait c’est tout ce qui se fait dans ce domaine qui n’est pas terrible ». C’est le pain quotidien des chercheurs.
    Mais les PGMs ce n’est pas de la science fondamentale, c’est une technique. Ce que vous dîtes les concernant a automatiquement des répercussions au delà de la simple science et de vos activités de chercheur. Et qui pourra être utilisé par X ou Y pour faire avancer des intérêts qui n’ont rien à voir avec la science. Il faut donc, à mon avis, réfléchir encore plus que d’habitude aux enjeux sous-jacents lorsqu’on s’exprime. Ca n’interdit évidemment pas de s’exprimer, au contraire ! Mais, il faut être prêt, je crois, à en assumer les conséquences. Par exemple, si dans 10 ans, on constate qu’il y a des effets négatifs sur la santé de certains PGMS, ce qu’on aura dit publiquement en tant que chercheur aura joué un rôle, même de manière infime.
    Ce n’est qu’un avis personnel et je conçois très bien qu’on ne soit pas d’accord.

    • Je ne comprends pas bien la pertinence de votre commentaire.
      Si on voit des effets négatifs d’un OGM particulier dans 10 ans, ça ne changera ni le fait que l’étude de Séralini et al. est nulle, ni le fait que les personnes qui le font remarquer ne sont pas forcément corrompues.
      Je vous invite aussi à lire mes autres billets étiquetés « OGM » :
      http://toutsepassecommesi.cafe-sciences.org/category/biologie/ogm/

      • Je ne vous crois pas corrompu.

        Si dans 10 ans le maïs NK603 (ou une autre PGM) pose un problème, l’étude de GE Séralini aura certes toujours la même qualité. Mais les autorités sanitaires et politiques risqueront alors de dire : «ah, mais lors de l’affaire Séralini, il y a eu tellement de scientifiques, insoupçonnables de collusion, qui ont expliqué partout que cette étude était nulle. Nous en avons conclu que le débat était clos. » Vous porterez une part de responsabilité (évidemment infime) de la bonne foi des décisionnaires ou, plus probable, de leur défaussement sur la communauté scientifique.

        Mon opinion est la suivante. Un enseignant-chercheur publie une étude dans une revue à comité de lecture. Il la médiatise fortement et va beaucoup plus loin dans ses conclusions que ce que les résultats lui permettent de dire. En tant que scientifique, vous pouvez réagir en essayant de faire publier votre réfutation de l’étude dans la même revue ou une autre. Ulcéré par les méthodes de médiatisation utilisées, vous écrivez plutôt dans votre blog de vulgarisation scientifique. Très bien, mais vous sortez alors automatiquement de la seule communication scientifique et vous entrez dans le débat public. Sur un sujet, les OGMs, particulièrement sensible. Par exemple, votre blog est constamment utilisé dans des forums par des intervenants dont il est clair que les OGMs et les problèmes de santé publique ne sont qu’un prétexte pour faire avancer des intérêts politiques, et qui cherchent des cautions scientifiques même s’ils se fichent plutôt de la science. Doit-on pour autant ne pas intervenir publiquement en tant que scientifique ? Bien sur que non, mais il faut, à mon avis, être très prudent dans sa communication. Quand j’avais envoyé mon précédent commentaire, je n’avais pas lu vos autres interventions. Je serais intervenu différemment puisque vous avez effectivement critiqué assez sévèrement deux études « pro-OGM ». Et cependant vous écrivez « après avoir regardé rapidement d’autres articles du même journal je trouve l’état global de ce domaine déprimant ». Vous semblez réagir comme si c’était de la science fondamentale. Mais ce n’est pas le cas ! Ces articles, ce « domaine », c’est à partir d’eux qu’on homologue ou non des PGMs ! C’est pour ça que communiquer sur les OGMs demande de la prudence dans la façon de s’exprimer, en remettant notamment les choses dans leur contexte.

        Cédric Villani vient de faire une intervention lors d’une audition à l’Assemblée Nationale, en France. Il a été extrêmement critique de la façon dont GES a médiatisé son étude, en présentant en plus ses résultats comme très solides Mais il a aussi été très critique des auteurs d’une étude de synthèse sur les effets à long terme des PGMs, qui concluaient qu’il n’y a aucun problème. Il les renvoit dos à dos avec GES exactement pour les mêmes raisons. C. Villani a été très critique des signataires de l’appel des « 140 scientifiques » auxquels il ne trouve « aucune excuses ». Mais il ne trouve aucune excuses non plus aux signataires de « l’appel raisonné à un débat sur les OGMs ». Bref il applique ce qu’il dit : « quand il s’agit d’affaires controversées médiatiques et sans consensus, cela demande un grand doigté, sinon les risques de dérapage incontrôlé sont très grands. ».

        Bon j’espère ne pas avoir été trop long !

        • Vous êtes le bienvenu de faire des commentaires longs quand ils sont pertinents comme ça. 😉

          Ma réponse courte est que j’essaye de communiquer sur la science la plus correcte possible. L’usage qui est fait de ma communication, je ne le contrôle pas. Mais si les anti-OGM ont le plus gros de la communication scientifique contre eux, et que ça fait le jeu des anti-écolos (dont j’ai effectivement noté la tendance à me référencer récemment), c’est la faute des opposants aux OGM pour avoir adopté un discours et une pratique anti-scientifiques.

          In fine, pour moi la responsabilité de ce fiasco est avec Séralini, Gouyon, et les autres qui considèrent de bonne guerre de faire et communiquer de la très mauvaise science au service de leur cause. Voir ma liste de Gagnants/Perdants dans un billet précédent.

          • Tout à fait d’accord. Cette manie consistant à faire porter aux défenseurs de la méthode scientifique la responsabilité pour d’éventuelles dérives, avérées ou futures, de la part de chercheurs ou même d’industriels n’est rien d’autre qu’une manière déguisée de dédouaner les militants écologistes de leur propre incompétence en la matière et des conséquences de leurs actes. En effet, la majorité des militants écologistes ou « verts » n’a pas la moindre notion d’écologie, soit la branche de la biologie qui étudie les interactions entre organismes vivants et entre populations et leur milieu naturel, ou si peu que l’on peut considérer leur expertise en la matière comme nulle. Ce n’est pas pour rien que lorsqu’ils sont confrontés à des « scientifiques » dont ils sentent qu’ils savent bien mieux qu’eux de quoi ils parlent, ils se réfugient aussi sec dans un principe de précaution réduit à un « on n’a aucune garantie que…. », qui leur permet alors d’ériger la trouille et l’ignorance en quasi-vertues! Ou alors, ils nous sortent des âneries sur cette pauvre « Mère Nature » que l’homme persécuterait tellement. En oubliant un peu vite que « Mère Nature » sait parfaitement se défendre et nous martyrise souvent bien plus que nous la défrisons!

            Du coup, les politiques qu’ils préconisent sont souvent basés sur des réflexions approximatives, des données mal comprises ou pas comprises du tout, et des tas de préjugés et idées éculées sur les scientifiques, les industriels, les acteurs sociaux et politiques ainsi que la nature elle-même! Nous sommes supposés être à l’ère de l’information tout-azimut, mais il semblerait que la plupart des gens soient surtout pressés de voir leurs opinions personnelles confirmées et de les imposer, souvent par de grossières manipulations!

            PS.: Non, je ne suis pas en train de nier les responsabilités de l’homme dans la pollution et les problèmes de changement climatique (ou encore dans le déclenchement de catastrophes dites naturelles). Je m’élève juste contre certains discours simplistes, mais tellement prédominants, qui font totalement abstraction des connaissances non seulement scientifiques, mais aussi philosophiques, de la nature.

  11. Merci pour vos articles. J’ai constaté à de nombreuses reprises que les arguments de PHG ne sont pas toujours … à mon goût (ai-je éviter la diffamation ?). Je me souviens d’une conf de PHG dans laquelle il disait en substance ceci : la génétique de T. H. Morgan & co a donné le racisme, l’eugénisme et la solution finale … tout ceci fut stoppé grâce au procès de Nuremberg. Pour les OGM, soyons plus sages, commençons par un « Nuremberg des OGM » afin d’éviter une « solution finale par les OGM ».
    Je ne retrouve malheureusement pas le lien vers la vidéo, il parlait devant des profs de collège et de lycée …

    • S’il a vraiment dit ça, c’est un clone de Testart !

      • On trouvera cette ânerie PHGesque dans le numéro spécial de telerama consacré à Darwin . PHG explique que Nurenberg fut le procès fait au progrès … Bon pour PHG le progrès c’est Goering, Rosenberg Keitel et autres nazis…

    • Je viens de trouver une vidéo similaire de PHG dans laquelle il tient le même discours. Vidéo ici : http://www.espace-sciences.org/conferences/mardis-de-l-espace-des-sciences/darwin-la-theorie-de-l-evolution-et-la-genetique-humaine
      Il parle de l’eugénisme à partir de la minute 82’50 ». Je vous recommande cette vidéo. Il n’y développe pas l’argument des « scientifiques vendus » mais plutôt celui des « scientifiques naïfs » , choisissant toujours le progrès plutôt que la précaution ou la dignité humaine.

      • Très fort, il ose dire que « les scientifiques laissent dire des choses fausses à condition que ça aille dans le bon sens, c’est embêtant » (je cite de mémoire).
        Faudrait se regarder dans le miroir.

        • Oui, c’est vrai, cette déclaration ne manque pas de piquant dans le contexte actuel …

        • Pas d’accord. PHG veut dire que les scientifiques eugénistes ont extrapolé les résultats de la génétique afin de pouvoir les appliquer à l’organisation des sociétés humaines. Dans le cas des OGMs, il n’ a jamais dit (à ma connaissance du moins) que les résultats de GES impliquaient qu’il faille interdire la commercialisation du maïs NK603 pour des raisons sanitaires.

  12. Conrad Mayhew

    Merci pour cette réponse franche au billet (plutôt ennuyeux en fait) de PHG. Une des grandes forces de la communication du CRIIGEN, c’est qu’ils jouent en permanence sur la demi-vérité et sur le glissement de sens, insinuant sans jamais dire, toujours du bon côté de la ligne rouge. On pense forcément au célèbre « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ». Et comme tout le monde sait ce qui est arrivé à Marc Fellous, on reste toujours très circonspect. Deux doigts de franchise de temps en temps, ça fait plaisir à lire!

  13. Ping : M. Pierre-Henri Gouyon m’insulte et insulte mes collègues (#OGM #Seralini) | Epistemology | Epistémologie 2.1. | Scoop.it

  14. reprenons le débit qui me semble « plutot correct » pour situer le débat :
    « Mais les PGMs ce n’est pas de la science fondamentale, c’est une technique. Ce que vous dîtes les concernant a automatiquement des répercussions au delà de la simple science et de vos activités de chercheur. Et qui pourra être utilisé par X ou Y pour faire avancer des intérêts qui n’ont rien à voir avec la science. Il faut donc, à mon avis, réfléchir encore plus que d’habitude aux enjeux sous-jacents lorsqu’on s’exprime. Ca n’interdit évidemment pas de s’exprimer, au contraire ! Mais, il faut être prêt, je crois, à en assumer les conséquences. Par exemple, si dans 10 ans, on constate qu’il y a des effets négatifs sur la santé de certains PGMS, ce qu’on aura dit publiquement en tant que chercheur aura joué un rôle, même de manière infime. »
    Il me semble qu’il y a deux choses de présente : l’une, c’est que les PGM, ce n’est pas « une science », mais une technique. Or une science essaye de montrer « ce qui est vrai, ce qui est faux » : sa valeur passe par la « vérité » Une technique c’est plutot « ce qui marche ou ne marche pas. La gravité, c’est vrai ou ce n’est pas vrai. Un avion, ça vole ou ça ne vole pas… On peut croire (ou pas ) à la réalité de la gravité. On ne peut pas dire « l’avion ne vole pas »… Donc, a partir du momment ou on passe des sciences aux techniques on est obligé de communiquer…. Et c’est là le hic ! Les scientifiques maitrisent bien leur disciplines, mais pas « la communication ». Et le pire, c’est quand il la laissent a d’autres, ce qui peut se terminer de façon assez cathastrophique pour eux.
    On ne peut que constater la perte de confiance « du public » envers la science et surtout envers les scientifiques…. Or il n’y a rien d’irrationnel la dessous, seulement la constatation par le public que les scientifiques qui dénonçaient les dangers du sang contaminé, de l’amiante, de l’esence plombée, de l’alluminium, etc étaient fort peu nombreux. Les gens ne croient pas pour leur majorité que TOUS les scientifiques soient « vendus », mais ils ne peuvent que constater que la plupart ne brillent pas par leur courage…

  15. C’est avec le plus grand plaisir et un profond soulagement que je viens de découvrir ce blog. MMR a mis l’accent avec des mots crus mais justes sur ce qui devrait être la première réaction de tout scientifique sérieux face à l’arnaque perpétrée par Séralini et al. avec la complicité de la plupart des médias: une profonde colère vis à vis d’une attaque délibérée contre l’intégrité scientifique et l’honnêteté intellectuelle.
    En tant que vieil académicien et chercheur à la retraite, dans les domaine de la biologie et de la médecine, voilà cinq ans que je dévoue l’essentiel de mon activité devenue limitée , par l’entremise d’un ordinateur et d’articles divers, à lutter contre l’envahissement de la science classique et de la politique par une science parallèle dont l’affaire Séralini n’est que le dernier épisode. On peut trouver les signes de cette activité sur Google(« alain-de-weck ») et sur les sites http://www.pseudo-sciences.org et « alaindeweck.blog.lemonde.fr ».
    Mon premier contact avec l’affaire Séralini a été le 20 septembre 2012, en lisant et relisant deux fois sa publication. C’est en effet ce qu’il faut pour saisir totalement la multiplicité et la subtilité des entorses à la vérité contenues dans ce travail. Cela m’a instantanément rappelé l’affaire Benveniste et la mémoire de l’eau, dans laquelle j’avais été personnellement impliqué il y a plus de 25 ans (« Jacques Benveniste et la mémoire de l’eau : quelques souvenirs personnels. http://www.pseudo-sciences.org »). J’ai retrouvé dans le travail de Séralini une vieille connaissance, que j’avais appelé à l’époque le « hasard organisé ». Le hasard organisé consiste à piquer, dans une série de résultats aléatoires, uniquement ceux qui soutiennent votre hypothèse de travail préférée et à oublier les autres. Cela est une tentation relativement fréquente mais dans la plupart des cas, la réflexion et l’autocritique préviennent que l’œuf pourri ne soit pondu. Dans le cas de Séralini, toute une collection d’œufs pourris ont été pondus et il s’est trouvé beaucoup de monde pour essayer de faire ingurgiter l’omelette.
    A ce moment, j’ai commis une erreur de jugement. Je me suis tout d’abord imaginé que
    l’arnaque était si évidente que personne ne marcherait et que la baudruche se dégonflerait d’elle-même. Mais cela n’a pas été le cas et m’a fait réaliser que les temps ont bien changé dans l’évaluation de la vérité scientifique. J’ai alors rédigé la « peer review » que les éditeurs de Food and Chemical Toxicology » n’avaient probablement pas reçue (« L’analyse que les relecteurs de Food and Chemical Toxicology auraient dû produire – http://www.pseudo-sciences.org ») . Les 27 et 28 septembre, j’ai communiqué cette analyse par courriel à plus de 200 parlementaires de l’Assemblée Nationale, soit 10 jours avant l’audition de Séralini par deux commissions, afin de les avertir que tout ce qui brille n’est pas or. Pour ceux qui ont suivi cette audition, il est évident que mon intervention n’a eu que fort peu d’effet.
    J’ai ensuite écrit un certain nombre d’articles sur le même sujet mais n’ai que peu participé à la multitude de blogs, rebuté par la misère intellectuelle et/ou la mauvaise foi de bien des blogueurs, ce qui aboutit à un dialogue de sourds sans espoir. Une chose cependant m’a intrigué: l’affirmation que la « communauté » scientifique est divisée sur l’affaire Séralini. Qui sont donc ces scientifiques que le mensonge évident ne choque même plus ? Je me suis donc appuyé sur le Web le CV et la liste de publications des 125 signataires internationaux d’une lettre ouverte , évidemment préfabriquée et publiée quelques jours après l’étude. Egalement les 140 signataires, pour la plupart jeunes scientifiques français, de la plus récente pétition « Science et Conscience » dans Le Monde. Egalement les données personnelles, y compris souvent les déclarations d’intérêts disponibles, des quelques 250 scientifiques qui soit comme signataires d’un avis institutionnel, soit à titre individuel , ont exprimé des critiques sur la publication Séralini. Tout cela donne une analyse sociologique très intéressante sur le zoo bigarré de la « communauté scientifique » qui, de toute évidence, est devenue un mythe.
    A cette occasion, j’ai été passablement déprimé de constater qu’une partie non négligeable de la relève scientifique française, apparemment très valable sur le plan technique, semble n’avoir pas acquis une capacité de jugement différencié ni défendre la primauté du rationnel et de l’honnêteté scientifique traditionnelles, probablement sous l’influence d’idéologies plus ou moins légitimes. Si c’est le cas, on peut avoir les plus grands soucis pour l’avenir de la science en France et en Suisse, y compris les implications politiques. Je suis donc un peu réconforté de voir sur ce blog qu’il y a encore de jeunes forces qui peuvent penser droit. Il est temps que ces forces s’unissent davantage pour lutter contre l’envahissement de l’obscurantisme.
    Merci pour le café; j’y reviendrai volontiers, même pour apporter un sucre de temps en temps.

  16. Mon commentaire fait suite au message d’Ariane. Je le poste ici comme je n’ai pas de possibilité de réponse sous son post.

    @ Ariane,

    Détrompez-vous. Nombre de militants écologistes ou « verts » ont de très bonnes notions scientifiques. Les salariés (et les adhérents) de nombreuses organisations environnementales ont souvent une formation scientifique, et même de haut niveau. En France, les partis écologistes ont, ou ont eu, des scientifiques parmi leurs responsables, alors que les autres partis sont remplis de politiques avec une formation « littéraire », rarement en sciences. Yves Cochet par exemple, qui est député et a été ministre, est docteur en mathématiques. Philippe Lebreton, grande figure de l’écologie en France et qui a failli être candidat à la présidentielle en 1981, dirigeait un labo de biologie végétale, à Lyon. Son frère est un écologue qui a dirigé le CEFE à Montpellier, un des grands pôles de l’écologie scientifique en France. Antoine Waechter, candidat des Verts à la présidentielle en 1988, et dirigeant du Mouvement Ecologique Indépendant, est un écologue avec un doctorat en éthologie. On pourrait multiplier les exemples. Je ne connais pas MRR, mais je ne serais pas étonné qu’il ait des sympathies écologistes.

    Je suis toujours étonné de cette critique si répandue que les écologistes seraient des « ignorants » dans le domaine scientifique, voire des « obscurantistes » qui nient la science. Elle est erronée.

    • En gros, vous prétendez pouvoir citer des tas d’exemples, mais sur les 4 que vous nous mentionner, seulement 3 ont des formations en biologie et un seul en écologie. Apparemment, pour vous, il suffit d’avoir fait l’université et éventuellement étudié une « science » pour devenir un expert potentiel dans toutes les autres disciplines scientifiques, même quand elles sont voisines. A ce moment-là, avec mes 2 ans et demi de biologie universitaire, dont un semestre en écologie, je peux aussi me prétendre spécialiste en la matière!

      Non, sérieusement, parmi les dirigeants et les têtes pensantes des partis écologistes, notamment dans les instances législatives ou gouvernementales, la plupart n’a qu’une connaissance vague et approximative des sciences du vivant. La majorité des penseurs de l’écologie n’ont, eux aussi, qu’une relation très ténue avec cette science et les disciplines biologiques. Je ne suis pas en train de dire qu’ils sont des ignorants, mais simplement que leur expertise en matière spécifiquement écologiste est souvent très limitée. Et c’est normal. Même s’ils ont souvent des formations universitaires, c’est essentiellement dans les sciences humaines et sociales.

      Nombre de militants sont certes ingénieurs, mathématiciens ou détenteurs de formations dans d’autres domaines techniques, voir même agronomes, mais ce n’est pas parce que vous avez une formation scientifique que vous êtes à même de pouvoir vous former dans un autre domaine scientifique, même contigu, en deux mouvements trois coups de cuillère à pot!

      Il y a aussi des biologistes et des écologistes dans les mouvements écologistes, mais ils constituent une toute petite minorité et il est assez clair que leurs connaissances n’informent pas beaucoup les discours politiques qui sont diffusés vers le grand public. Et j’en ai vus qui abandonnent carrément toute prestance scientifique pour ne laisser parler que la fibre purement idéologique.

      Ma position n’est donc pas du tout erronée. Je dirais même qu’elle est d’autant plus d’actualité qu’un nombre croissant d’intellectuels dans la mouvance écologiste tendent à purement et simplement rejeter la science (dont certains sont des scientifiques eux-mêmes, ce qui rend la chose d’autant plus dramatique), comme étant un outil d’agression humaine contre la beauté de la nature. La preuve en est le discours de plus en plus dominant sur des questions comme les OGM ainsi que l’agriculture moderne en général, l’impact des champs électromagnétiques, l’influence du construit humain sur l’environnement, mais aussi les questions de préservations de la biodiversité, qui prennent parfois des accents carrément muséaux!

      • Vous vous trompez.

        Je ferais remarquer tout d’abord que les exemples que je vous donne ne sont pas rien: ce sont des figures majeures de l’écologie associative et politique en France. Sinon, il y a un bon nombre de scientifiques spécialistes des sciences du vivant (pas uniquement avec une simple formation universitaire, mais des chercheurs) qui militent, ou ont milité dans des partis ou des associations écologistes, ou sont des sympathisants. Par ailleurs, les enjeux écologiques dépassent les seules sciences du vivant et ce n’est pas parce qu’on est mathématicien, ingénieur agronome, X-ponts ou Polytechnicien qu’on n’est pas capable de les saisir. J’irais même plus loin. Je ne serais pas étonné que les partis écologistes aient en proportion un plus grand nombre de scientifiques que les autres partis politiques en France, remplis de responsables ayant une formation « littéraire ».

        Les associations environnementales ont aussi parmi leurs salariés ou leurs soutiens nombre de scientifiques spécialistes des sciences du vivant. Le WWF possède parmi ses salariés de nombreux biologistes actifs dans la recherche et qui publient régulièrement. De même à l’UICN. Allez voir qui sont les membres du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot.

        Il y a également un nombre croissant de chercheurs qui publient sur les conséquences des dégradations environnementales, non pas sur les beautés de la nature, mais sur le fonctionnement des écosystèmes Ci-joint un exemple parmi des centaines possibles.
        http://www.tobykiers.com/wp-content/uploads/2011/12/1.-Kiers-2010-Ecology-Letters.pdf

        • Je n’ai pas dit que vos exemples ne sont rien. J’ai simplement dit qu’ils ne sont pas concluants. Je n’ai pas non plus dit qu’il n’y avait pas de scientifiques dans les mouvements écologistes, mais bien qu’il y a très peu d’écologistes et que la plupart des têtes pensantes ainsi que des militants et représentants politiques écologistes n’ont qu’une relation très distendue avec cette science et la biologie en général. Ce n’est pas pareil. Et les exemples que vous m’avez donnés confirment justement mon assertion.

          La plupart des têtes pensantes et des dirigeants des mouvements écologistes n’ont aucun lien avec la science écologique. Et la majorité des leaders politiques écologistes ne sont même pas des biologistes. Les Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly, Cécile Duflot, Noël Mamère, en France, les Joshka Fischer, Claudia Roth, Cem Özdemir, Rebecca Harms, en Allemagne, les Ueli Leuenberger, Fernand Cuche, Daniel Brélaz (mathématicien), en Suisse, etc., viennent presque tous des sciences sociales et humaines et aucun n’a fait la moindre étude en biologie ou dans aucun des domaines des sciences du vivant. Et c’est de cela que je parle.

          Le WWF et l’UICN ne sont pas des « mouvements », mais bien des organisations, composées de professionnels et il me semble évident qu’ils comptent nombre de biologistes dans leurs rangs. Sinon, ils n’auraient aucune crédibilité et ne seraient pas capables d’obtenir leurs fonds! Cela dit, certains de leurs discours sur la préservation de la nature laissent songeur. On a parfois l’impression qu’ils veulent figer les choses telles qu’elles leur apparaissent, comme si la nature avait été créée telle quelle une fois pour toute et que seul l’homme en était un élément perturbateur.

          Concernant le conseil scientifique de la Fondation de Nicolas Hulot, outre qu’on y retrouve notre cher Henri Gouyon, qui n’est donc pas vraiment une grande caution, il faut voir que sur 33 membres, 14 viennent des sciences sociales et humaines et seuls 5, dont M. Gouyon, ont à voir de près ou de loin avec l’écologie ou une branche biologique voisine, les 14 autres se répartissant entre diverses sciences (géophysique, médecine, astrophysique, ingénierie, climatologue, etc.) ou sont issus de think tanks militants. De plus, s’ils sont tous aussi militants que Gouyon, au point de favoriser l’idéologie sur toute autre considération, et bien, ça ne ferait que confirmer d’autant plus ce que je dis.

          De fait, je n’ai jamais prétendu non plus qu’il n’y avait pas d’écologistes qui ne se préoccupent pas d’écologie politique, mais ce ne sont pas les discours de ceux qui sont restés honnêtes que l’on retrouve le plus largement diffusés dans l’espace public, mais bien ceux d’écologistes n’ayant aucune connaissance biologique ou de scientifiques comme M. Gouyon ou M. Séralini, qui ont jeté la méthode scientifique aux quatre vents et qui se laissent simplement portés par leur idéologie. Et c’est aussi cela que je dénonce! Pas l’écologie politique en tant que telle.

  17. jacques de felice

    En réponse à cet excité pour son texte commençant ainsi :
    ====================
    15/12/2012, 15:04 Par Yann Kindo

    Je ne peux pas m’empêcher de demander à Pierre-Henri Gouyon, qui est un biologiste sérieux, ce qu’il pense de ce moment d’anthologie musical et vibratoire, tiré de l’audition par la mission d’information « pesticides » du Sénat,de son collègue Jean-Marie Pelt, qui est lui aussi membre du Conseil «  » » »Scientifique » » » » [oui, c’est fait expèrs, les 4 paires de guillemets] du Criigen. C’est intéressant, la biologie vue de votre Conseil «  » » »Scientnfique » » » » :
    M. Jean-Marie Pelt. -[…] Je terminerai par la plus prometteuse de toutes, mais également la plus étrange et la plus ignorée. Je n’ai rencontré dans ma vie qu’un seul génie. Docteur en biologie moléculaire et en physique quantique et brillant mathématicien, il a remarqué que la biologie, science des gènes, de la chimie et des protéines, ne prenait pas du tout en compte les vibrations des protéines. En effet, la matière est à la fois corpusculaire et vibratoire. Par le calcul, il réussit aujourd’hui à déterminer la vibration correspondant à une protéine spécifique.

    Il a travaillé, sur la protéine défendant la vigne contre le mildiou. Sa stimulation par vibration la rend beaucoup plus efficace. Il fait donc entendre une musique de trois minutes à des vignes et rencontre un grand succès.

    =============

    Il n’y a pas bien longtemps des «  » »scientifiques » » » ont proposé des thèses absolument délirantes comme la dérives des continents et autres débilités bien connues.
    TOUTE la communauté scientifique (et au-delà) sauf qqs personnes avisées s’est moqué et a détruit littéralement ces personnes qui se prétendaient « scientifiques ».
    Avec des arguments similaires, on entend aujourd’hui les mêmes arguments : incompétence, pas son domaine, du n’importe-quoi, etc … rien que des mots.
    Se moquer sans preuve est une démarche anti-scientifique. Ce que vient de faire cette personne.

    Concernant l’étude de GE Séralini on se demande où vivent ses contradicteurs ? Dans quel monde ?
    On se croirait chez les bisounours. Nous savons tous que nous sommes en guerre. Une guerre de la part des gens de guerre – les riches qui souhaitent être plus riches par tous les moyens – pour défendre n’importe-quoi (juste ou faux) dans un seul but s’enrichir. La fin justifie les moyens – donc tout est permis = la guerre.
    Si GE Séralini a fait cette étude, ce tapage, cette publicité, c’est pour lutter contre ce déluge de PGM qui envahissent de manière irréversible et dictatoriale la planète.
    Quand on a peu de moyen on utilise ce qu’on peut. Il a réussi. D’autres, qui ont osé dire que les PGM étaient risqués ne sont plus là pour le dire – simplement détruits (tous les moyens sont bons).

    Pour la part ‘scientifique’ de l’étude on a un soupçon de preuve que ce qu’a fait GE Séralini est utile à la Science : c’est la réaction démesurée du lobby pro-OGM. Comment une seule étude ‘coup de canif’ peut-elle déstabiliser une ‘évidence’ ?

    Les discussions qui tenteront de démontrer que telle étude est ou n’est pas « scientifique » ne sont que des digressions sur le seul sujet qui a du sens actuellement : à qui, à quoi servent les PGM et comment se sont-ils imposés malgré une absence totale de visibilité des risques, le non respect des engagements concernant leurs impacts avant leur usage massif etc .. et une hostilité constante, massive (qui plus est semble-t-il ‘majoritaire’ malgré le peu de sens que cela puisse avoir) du SOUVERAIN (la population a donné son avis négatif à travers de multiples canaux sans que cela n’y change rien) ?

    Là est un sujet de préoccupation : sommes-nous en démocratie ? avec capacité de discuter de décider de choisir ou en dictature ?

    Donc est-il possible de choisir ? Au sens une population a-t-elle les moyens, la capacité, les connaissances, la légitimité d’imposer ses volontés quand elles contredisent certains pouvoirs ?

    • Approuvé malgré le hors-sujet total, parce que bon on est en démocratie.

      • jacques de felice donne donc raison à MRR: la science n’a aucun intérêt dans les débats sur cette étude scientifique. Vous êtes donc d’accord sur un point, c’est déjà ça. Mais en désaccord sur les conséquences.

        jacques de felicie, vous devriez plutôt réagir à ce billet-ci de MRR:
        http://toutsepassecommesi.cafe-sciences.org/2012/10/19/pourquoi-est-ce-que-letude-seralini-sur-les-ogm-menerve/
        vous seriez moins hors-sujet : on n’y parle pas d’attaques entre scientifiques (le sujet ici) mais de l’étude et ses implications (votre sujet).

        D’ailleurs je pense que vous y trouveriez une réponse à votre réaction. Je cite ce billet [en essayant ludiquement de deviner à quel groupe vous pourriez appartenir] :
        [citation]
        Qui a perdu dans cette histoire ?

        – Les scientifiques […][pas vous].
        – Les militants écolos […] [vous?]
        – Séralini et amis […] [vous?]
        – Les journalistes scientifiques sérieux[…] [pas vous]
        – [un dernier truc un peu polémique]

        Qui a gagné ?

        – Monsanto […][pas vous!]
        – Les journalistes pas sérieux […][euh, pas vous j’espère].
        – Ceux des militants écologistes qui s’en fichent des scientifiques de toutes façons. [ah, peut-être une piste, mais l’affirmation est sujette à caution]
        – Séralini et amis […] comme personnages publics.[…] [pas vous, à moins que vous ne soyiez auteur ou producteur]
        [fin de citation]

        MRR vous donnerait plutôt comme perdant, dans l’affaire.

        J’en déduis que vous êtes d’accord avec MRR que l’étude est moins de la science que de la communication, mais que vous n’êtes pas d’accord sur ses effets: contrairement à MRR, vous pensez que la mauvaise science sert le militantisme, et vous ne pensez pas que la mauvaise science au service d’une bonne cause dessert la société dans son ensemble, surtout dans sa lutte contre les lobbies.

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