Libre accès, mais ouvert à quel point ? #openaccess

cliquez sur l’image (ça faisait longtemps que je voulais mettre un lien à cet excellent blog BD)

Des acteurs majeurs de la publication libre accès ont pris l’excellente initiative de développer une échelle de l’ouverture des éditeurs, sur différents critères. L’idée est de sortir d’une dichotomie ouvert / fermé, qui masque des situations plus complexes, et de fournir aux scientifiques, aux libraires, et aux autres parties concernées une vue claire de la position des éditeurs.

Si vous cliquez sur le tableau ci-dessus, vous verez qu’ils ont pris en compte différents aspects de l’ouverture des publications :

  • Le droit des lecteurs à lire sans entraves ni coût.
  • Le droit de réutilisation (par exemple dans Wikipedia ou dans un livre).
  • Si le copyright reste aux auteurs ou à l’éditeur.
  • Si les auteurs peuvent mettre le papier à disposition sur le web dans sa forme finale, ou brouillon, ou pas du tout.
  • La déposition dans des archives centralisées publiques (comme PubMed Central).
  • La structuration du papier permettant sa lecture automatique, donc l’exploitation aisée de l’information à grande échelle (par exemple une compilation automatique des résultats d’études d’impacts d’OGM en fonction de la durée de l’étude et du type de rats utilisés…).

Ils ont eu la bonne idée de demander des commentaires, et voici ce que je leur ai proposé d’ajouter à leurs critères (faut jamais me demander mon avis, c’est risqué) :

  • Les expertises (peer review) sont-elles disponibles à côté de l’article, de manière anonyme ou non ? (Note : c’est très rare qu’elles le soient, mais je souhaiterais que ça devienne systématique. Je suis pour maintenir l’anonymat des experts, ce qui est assez débattu en ce moment.)
  • Est-ce qu’il est possible d’ajouter des commentaires libres directement sur le site web de l’article (comme dans PLOS et BMC) ?
  • Est-ce que l’éditeur a une politique d’embargo systématique envers la presse, les présentations dans les conférences, etc (comme Science ou Nature) ?
  • Est-il obligatoire de fournir du code source Open Source si les résultats incluent un programme ou dépendent d’un programme informatique ? (Par exemple c’est obligatoire dans PLOS Computational Biology mais pas dans OUP Bioinformatics.)
  • Est-il obligatoire de déposer les données brutes dans des banques de données indépendantes le cas échéant (telles que GenBank/EMBL pour l’ADN) ?

J’ai manqué des points ? Vont-ils tout prendre en compte ? Ne ratez pas la suite de ce feuilleton halletant.

11 réponses à “Libre accès, mais ouvert à quel point ? #openaccess

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  2. La multiplication actuelle du nombre de revues scientifiques dites « ouvertes » nécessite la mise en place de tels critères, c’est effectivement une excellente idée. Quant à en faire un indicateur chiffré affichable sur le site de la revue tel que le facteur d’impact, c’est une autre histoire ! Je ne vois par contre pas trop l’intérêt scientifique de consulter le contenu des discussions entre auteurs et rapporteurs. J’aurais tendance à penser qu’il s’agit d’une sorte d' »affaire privée ». Il me semble que c’est surtout le résultat final qui est important, non ?

    • Concernant les rapports des experts, ça peut permettre de voir si un aspect méthodologique a effectivement été vérifié par les experts, s’ils étaient d’accord ou s’il y avait conflit, quelles étaient les forces et faiblesses du travail reconnues par des experts, si l’éditeur a suivi leur avis ou non.

      Dans mon domaine, ça m’arrive souvent de me demander si au moins un des experts a vérifié les méthodes bioinformatiques avant de se précipiter sur l’interprétation biologique d’une expérience génomique. Si l’analyse est fausse, l’interprétation ne vaut rien.

    • Ca me semble tres comparable aux discussions de wikipedia: on n’a pas l’habitude d’avoir ça dans une encyclopédie classique, donc i) ça semble superflu et ii) on ne sait qu’en faire.

      Apres on en prend l’habitude et ça parait indispensable.

    • Effectivement, je trouve que cela ajoute une dimension supplémentaire au papier.
      Par exemple, ils le font chez Biology Direct (BMC): http://www.biology-direct.com/content/6/1/29
      Ca force les reviewers a poser des questions pertinentes, et les auteurs a y répondre correctement. Mais ce n’est pas obliger de l’ajouter a l’article, cela pourraient juste être en supplementary data.

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  4. Un autre point que j’ai rencontré: que se passe-t-il dans le cas d’un article OpenAcees dont le code source est disponible a la demande, mais que le code source a besoin d’un programme commercial et payant (par exemple Excel (macro) ou Matlab) pour être exécuté ?

    • Bonne question. On pourrait imposer de fournir du code qui marche avec une alternative libre (LibreOffice ou Octave par exemple).

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  6. Merci d’avoir porté notre attention sur ce sujet.

    Personnellement j’aurais ajouté le post-review, c’est-à-dire les commentaires post-publications pour que chaque personne ayant consulté l’article puisse publier son opinion sur les hypothèses et les résultats hors de la salle café de son unité de recherche.

    Avoir ajouté le point sur l’embargo envers la presse est une très bonne idée selon moi.

    J’ajouterais qu’un simple chiffre est bien réducteur pour juger de la qualité d’une revue. Une visualisation qui permette de distinguer les tendances plus ou moins marquée des revues sur plusieurs plans (copyright, accès ouvert etc.) serait plus juste.

    Laurence

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