Faudrait pas que le bon peuple puisse juger de la science concernant les #OGM directement (#openaccess, not)

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Je me méfie des révolutionnaires qui commencent par changer le nom de la police politique tout en augmentant ses prérogatives. Je me méfie des scientifiques qui veulent combattre les idées reçues en cachant leurs expériences et les détails de leurs résultats.

Il y a beaucoup à dire sur l’étude récente de rats nouris au maïs OGM, et d’ailleurs beaucoup est dit. Pour mes lecteurs qui ne verraient cette question que par une lunette idéologique (genre commentaires sur Passeur de sciences ou sur Biopsi), il y a une raison pour laquelle plein de scientifiques sont fachés avec cet article : c’est de la mauvaise science qui reçoit plein de pub (excellent commentaire sur bacterioblog). C’est un peu pareil que pour ENCODE, sauf que là vous n’aviez pas fait attention, et que ENCODE c’est 1000 fois mieux fait. Bon, vu les réactions chez Biopsi, si vous ne voulez pas me croire, vous ne me croirez pas. Mais si, ça existe la mauvaise science.

Un point abordé chez Biopsi, et sur lequel je voudrais revenir, c’est la publication fermée de cet article. Car enfin, il paraît que tout ceci a été fait pour éclairer le peuple et les décideurs, et mettre fin au règne maléphique de la pseudo-science manipulée par les multinationales, et que font les auteurs ?

  1. L’étude a été faite en secret. Apparemment sinon les gros bras de Monsanto seraient venu faire exploser le labo ou quelque chose comme ça.
  2. L’article a été fourni à quelques journaux très peu à l’avance, à la condition de ne pas le montrer à qui que ce soit. Y compris donc ne pas le montrer à d’autres scientifiques pour avoir leur opinion sur les travaux et les résultats. Ce qui est très choquant, et veut dire que les journalistes avaient le choix entre écrire un article à temps pour l’évènement, mais sans aucune information ou expertise externe, ou attendre et publier plus tard. Ce qui veut dire que tout le buzz le jour J était forcément mal informé. Excellente politique de communication scientifique, bien mise en pièces par l’excellent journaliste scientifique Carl Zimmer sur son blog.
  3. L’article est publié dans une revue disponible uniquement sur abonnement, donc pas accessible aux citoyens, aux militants, aux profs de lycée, aux journalistes, bref j’en ai déjà parlé ailleurs (et aussi ici), mais quand une étude est potentiellement si importante pour tout le monde, ça me paraît crucial de faire en sorte qu’elle soit le plus largement disponible possible. Ils auraient publié dans PLOS One, ça serait en copyright Creative Commons et librement disponible pour la planète (et en prime le facteur d’impact est plus élevé). Et là non seulement ça n’est pas chez PLOS, mais c’est chez Elsevier, le grand méchant loup de l’édition scientifique, la multinationale la plus grosse et la plus rapace du secteur. D’ailleurs chez PLOS, non seulement c’est libre d’accès, mais on peut ajouter des commentaires, et les liens Twitter sont montrés en temps réel à côté de l’article. C’aurait pas été bien ça, pour faire débat public ?
  4. Une pratique courante en science, où on ne peut souvent pas mettre toutes les données ou tous les résultats dans l’article lui-même, pour des raisons de place, est de fournir des « matériels supplémentaires », qui contiennent les détails des analyses ou des preuves, les tableaux de résultats bruts, l’intégralité des figures là où on n’a montré qu’un exemple dans l’article, etc. Vu le faible nombre de rats (donc de données), et l’importance que chacun puisse juger de ces résultats, c’eut été facile de le faire. Mais non. Pas de matériels supplémentaires ici. Comparons à ENCODE : 15 To de données publiquement disponibles.
  5. On doit généralement déclarer les « conflits d’intérêts » à la fin des articles. Ici, les auteurs n’en déclarent aucun, donc on en déduit que les résultats et leur publication n’ont aucune incidence financière personnelle pour eux. Sauf que Séralini, responsable de l’étude (et curieusement 1er auteur, en biologie d’habitude le responsable est dernier, mais bref), sort en même temps un livre et un film sur le sujet « OGM fait-moi peur ». C’est pas un conflit d’intérêt, ça ? Ils l’auraient déclaré, ç’aurait augmenté leur stature morale à peu de coût. Mais non.

Toute ceci n’est qu’un aspect de cette affaire, et peut-être pas le plus important. Mais d’une part il me tient à coeur (et c’est mon blog ici), et d’autre part cet aspect est indicatif à mon sens de l’attitude générale de ces auteurs et de leurs soutiens, qui ne semblent pas tant chercher la vérité (une recherche généralement collective et ouverte), mais chercher à affirmer une position politique. Tiens, encore un parallèle, inquiétant celui-ci, entre biologie et économie.

Petite note supplémentaire : ça me frappe que tous les comptes Twitter et tous les blogs que je suis, sélectionnés parce qu’ils parlent de science de manière intéressante, sont critiques de cette étude. Je n’ai pas choisi de lire ces gens parce qu’ils sont pro-OGM, la grande majorité travaille dans des laboratoires fondamentaux sur fonds publics, pourtant je n’ai pas encore vu une défense raisonnée de l’étude. Sur ENCODE ou la bactérie à l’arsenic par exemple, y avait débat dans la communauté scientifique. Ici, non.

Deuxième note : pour ceux qui pensent qu’on est tous à la solde de Monsanto. D’abord, j’attends toujours le virement bancaire, à titre personnel. Contactez-moi directement merci. Ensuite, sérieusement, les industries poluantes dépensent beaucoup beaucoup pour faire de la propagande pseudo-scientifique anti changement climatique, et pourtant la très grande majorité des chercheurs dans le domaine montre que le changement se produit et est dû à l’activité humaine. Avec de l’argent, on peut facilement acheter une illusion de débat, on ne peut pas facilement acheter un consensus scientifique.

Mise à jour : trouvé un excellent commentaire francophone sur la manière dont les journalistes ont eu accès à l’article.

Mise à jour 2 : je ne suis pas toujours d’accord avec le traitement de l’info scientifique par Sylvestre Huet, mais là il fait plein dans le mile.

Mise à jour 3 : Jérémy @ChemPhilia me signale sur Twitter cet excellent article traitant du « syndrome de la recherche unique« , tout à fait pertinent.

23 réponses à “Faudrait pas que le bon peuple puisse juger de la science concernant les #OGM directement (#openaccess, not)

  1. Ping : Faudrait pas que le bon peuple puisse juger de la science concernant les #OGM directement (#openaccess, not) | Tout se passe comme si | Open access in science | Scoop.it

  2. Merci pour cet article qui me fait me sentir moins seule parmi mon entourage professionnel, normalement constitué de scientifiques… Ce qui me gêne dans cette étude, c’est moins les différentes zones discutables que ce qui a été fait, manifestement délibérément, de cette publication : un buzz médiatique et politique bien plus qu’un résultat scientifique.

    Et pourquoi faut-il toujours, à partir du moment où l’on émet des réserves sur « les grands chevaliers blancs qui défendent la veuve et l’orphelin des méchantes multinationales » que l’on soit partial, payé par lesdites multinationales ? Ne peut-on être contre ce que font certaines de ces multinationales (comme commercialiser ce type d’OGM sans résultats scientifiques probants) mais également ne pas prendre comme du pain béni tout ce qui va à l’encontre ?

    Bref tout ça pour dire : merci de me remonter le moral et de me faire voir que je ne suis pas forcément totalement stupide de penser comme vous.

  3. Ping : Faudrait pas que le bon peuple puisse juger de la science concernant les #OGM directement (#openaccess, not) | perseverare-diabolicum | Scoop.it

  4. Ping : Faudrait pas que le bon peuple puisse juger de la science concernant les #OGM directement (#openaccess, not) | Information et documentation | Scoop.it

  5. Ping : Faudrait pas que le bon peuple puisse juger de la science concernant les #OGM directement (#openaccess, not) | C@fé des Sciences | Scoop.it

  6. Billet très intéressant, comme toujours!

    Pour le point 3, je pense que si un militant/prof/journaliste veut vraiment se procurer l’article, il a toujours moyen de le faire, soit en ayant des amis dans une universités, soit en s’adressant directement a l’auteur. Mais bon, c’est clair que l’OpenAccess a la solution idéale.

    Pour le point 5, je ne sais pas si publier un livre dans son domaine pose vraiment un grave conflit d’intérêt. En revanche, ce que j’ai trouve sur wikipedia semble plus problématique a mes yeux:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles-%C3%89ric_S%C3%A9ralini

    Conflits d’intérêts

    Gilles-Eric Séralini a publié des études concernant des traitements à base de plantes destinés à « détoxifier » l’organisme, en particulier les granules homéopathiques de l’entreprise Sevene Pharma. Des études de Gilles-Eric Sélarini ont ainsi été financées par Sévène Pharma, des salariés de l’entreprise en étant par ailleurs co-auteurs, comme Cécile Décroix-Laporte, directrice générale de la société Sevene Pharma Monoblet. Le jury de la thèse de doctorat de Céline Gasnier, intitulée Mécanismes d’intoxication de cellules de mammifères par les herbicides à base de glyphosate et de détoxification comprenait à la fois Gilles-Eric Séralini, Cécile Decroix-Laporte et Joël Spiroux de Vendomois, président du CRIIGEN.

    No comment!

  7. Tout à fait d’accord !! Je me suis aussi procuré l’article pour voir un peu. Je mets cette phrase qui me laisse songeuse : « All data cannot be shown in one report, and the most relevant are described here. »

  8. Ping : Des rats obèses cancereux et des hommes | Matières Vivantes

  9. http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/121004.htm

    L’Autorité européenne de sécurité des aliments a conclu que l’article récent soulevant des préoccupations au sujet de la toxicité potentielle du maïs NK603 génétiquement modifié (GM) et d’un herbicide contenant du glyphosate était d’une qualité scientifique insuffisante pour être considéré valide pour l’évaluation des risques.

    L’examen initial réalisé par l’EFSA considère que la conception, le système de rapport des données et l’analyse de l’étude, tels que présentés dans le document, sont inadéquats. L’EFSA a invité les auteurs Séralini et al à partager certaines informations additionnelles essentielles afin de lui permettre d’acquérir la compréhension la plus complète possible de l’étude.

    • Principales conclusions de l’examen initial

      Le groupe de travail, composé de scientifiques choisis parmi les unités « GMO », « Pesticides » et « Évaluation scientifique » de l’Autorité, a dressé une liste de questions concernant l’étude qui devraient être résolues avant que cette dernière puisse être considérée comme une étude correctement menée et adéquatement documentée.

      Suite ultra-detaillee ici:
      http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/121004.htm

  10. Tout d’abord, merci à l’auteur et à tous ceux qui apportent leurs réflexions.
    N’étant moi-même ni adepte des blogs et autres forums, ni militant de quoi que soit, ni spécialiste de près ou de loin du sujet OGM, je réagis en tant que simple citoyen. A mon sens, l’une des valeurs les plus importantes dans la manière de se forger un avis sur un sujet est le DOUTE. Les certitudes, il me semble, doivent être limitées et toujours exprimées de manière relative. Ainsi se développe l’esprit critique, sorte de funambule sur une corde tendue au-dessus du vide. D’un côté, l’on peut chuter dans l’abîme de la paranoïa du complot systématique, de l’autre dans l’espace virtuel de la certitude et de la vérité universelle.

    Tout en essayant de maintenir mon équilibre (à vous de juger), je me permettrai de revenir sur certains points soulevés par ce blog, en m’excusant au préalable de n’avoir pas su me documenter spécifiquement sur l’étude en elle-même.
    Comme l’écrit l’auteur de ce blog, « je me méfie des scientifiques qui veulent combattre les idées reçues en cachant leurs expériences et les détails de leurs résultats ». Je me méfie également de tous les autres scientifiques. Si l’on en croit un article du ‘Canard Enchaîné’ du 3/10/12, « les scientifiques qui s’en prennent à l’étude de Séralini sur le maïs OGM sont d’une indépendance qui gagnent à être connue. ». L’hebdomadaire satirique y dévoile quelques faits troublants ou accointances peu reluisantes mettant en cause les détracteurs de Séralini.
    Loin de moi l’idée de porter le discrédit sur tous les scientifiques qui apportent la contradiction à cette étude, mais admettez svp le principe de réciprocité à l’exemplarité dont devrait faire preuve tout intervenant dans le débat. A défaut, il n’y a pour le profane pas beaucoup plus de raisons de croire en les résultats de l’étude que dans les arguments de ces détracteurs.
    J’ai lu il y a une dizaine années un livre généraliste sur le thème des OGM, dont je ne peux malheureusement pas vous citer les références, pour cause d’oubli pur et simple. Cependant, l’un des arguments de la thèse de l’auteur, à charge contre le développement de ces travaux génétiques, est resté à peu près dans ma mémoire : le lobby des industries telles que Monsanto ne serait pas le seul à œuvrer pour le développement des OGM, les scientifiques eux-mêmes recherchent plus de pouvoir, plus d’autonomie de décision pour le choix de leurs recherches. Bien que souvent dépendants de financements externes (qu’ils soient publics ou privés), ils se passeraient volontiers que d’autres (politiques, citoyens) jugent de leur travail et décident du sort de leurs recherches.
    Il me semble que la société dans laquelle nous vivons ne peut fonctionner qu’avec des garde-fous à tous les niveaux. Certains scientifiques, du fait de leur haut niveau de connaissance, ont une attitude élitiste, se croyant au-dessus de la mêlée. Le peuple ou le monde politique n’auraient à leurs yeux pas la légitimité de porter un avis sur leurs travaux.

    Par ailleurs, le point 1. de l’auteur de ce blog ne suffit pas à me convaincre qu’il serait inenvisageable de subir de très fortes pressions lorsque des travaux scientifiques pourraient remettre en cause une stratégie économique. De multiples exemples lors des dernières décennies ont montré combien les intérêts financiers savent se placer au-dessus de toute morale (amiante, tabac, etc…).

    En conclusion, comme beaucoup de mes concitoyens je pense, je n’ai pas d’avis ferme et définitif sur la question du développement des OGM. Cette étude et l’avis de ces détracteurs n’y changeront rien. Cependant, le doute m’invite à la plus grande prudence. Nous ne sommes pas au bout des problèmes posés par le comportement immoral ou irresponsable d’acteurs financiers, scientifiques, politiques ou industriels.

  11. C’est bien de taper sur Séralini (je suis assez peu d’accord avec ses méthodes, doux euphémisme…). Par contre, il me semble que deux points sont problématiques. 3. Certes PLOS est OpenAccess ce qui est (très) bien, mais toutes les études publiées chez Elsevier ne sont pas discréditées pour autant, de nombreux scientifiques tout à fait intègres publient de très bons articles chez Elsevier. Donc argument rejeté. Et petite précision complémentaire, l’article est récupérable sur le site du CRIIGEN. 5. Ça a déjà été mentionné, mais écrire un bouquin sur le même sujet ne me semble pas être un conflit d’intérêt. « C’est pas un conflit d’intérêt, ça ? » Ben non.

    • Je ne dis pas que Elsevier ne publie pas de science de bonne qualité, je dis que jouer les chevaliers blancs et prétendre ouvrir le débat public, en publiant de façon fermée chez un éditeur connu pour ses pratiques peu éthiques me paraît contradictoire.

      Le bouquin me paraît un conflit d’intérêt dans la mesure où un bouquin sur le sujet « il ne se passe rien quand des rats mangent des OGM » ne se vendrait pas. De plus le livre et le film ont clairement été démarrés il y a longtemps, et n’auraient de sens ni l’un ni l’autre s’ils avaient publié une absence d’effets. A mon sens, ce sont des conflits d’intérêts. Et pour moi, ce qui est plus grave que d’avoir des conflits d’intérêt, c’est de les cacher.

  12. Ping : Cas_Séralini | Pearltrees

  13. Ping : Critique de deux articles pro-#OGM qu’on m’a signalé | Tout se passe comme si

  14. Stéphany Gardier

    En stage de journalisme scientifique dans une rédaction au moment de cette fameuse prise d’otage médiatique magistralement orchestrée par G.E Seralini, un détail m’avait alors frappée. Vous reprochez (à juste titre) au Pr. Séralini d’avoir choisi un journal payant pour publier, choix étrange pour quelqu’un qui veut diffuser sa science le plus largement possible.
    Mais en fait cet article était disponible pour tout un chacun, il suffisait d’en faire la demande sur le site du CRIIGEN par mail. J’ai obtenu le pdf dès 16h le mercredi en question.
    Donc on peut reconnaître à Monsieur Séralini au moins cela: il a en quelque sorte inventé un nouvel modalité d’open access 🙂
    L’histoire ne dit pas ce qu’Elsevier en a pensé ou si le CRIIGEN avait négocié au préalable pour avoir le droit de diffuser à grande échelle l’article!
    C’est en tout cas une grande première!

    • Ce n’est pas une première.
      De pouvoir obtenir un papier en le demandant aux auteurs est considéré normal depuis aussi longtemps que je me rappelle.
      De le mettre disponible sur sa propre page web est connu comme « Green Open Access » (par oposition à Gold OA ; bonne explication ici : http://svpow.com/2012/11/16/tutorial-19b-open-access-definitions-and-clarifications-part-2-gold-and-green/). D’habitude Elsevier autorise le Green OA seulement s’il ne s’agit pas de la version finale formattée par Elsevier, mais du « brouillon » fourni par les auteurs.
      Exemple au hasard, dans mes propres publications (http://www.unil.ch/dee/page31219.html), chaque fois que vous voyez un lien « Document » ça veut dire que j’ai mis le document en Green OA, en suivant les règles de l’éditeur (version finale autorisée ou pas). C’est une pratique recommandeé par mon université.

      • Stéphany Gardier

        Habituellement la demande de « tiré à part » (comme on disait dans le temps) reste quand même habituellement restreinte au milieu scientifique, et journalistique… Dans ma pratique j’ai rarement (jamais en fait) vu le « bon peuple » demander un papier à un chercheur par mail, enfin il me semble.
        Et surtout rares sont les chercheurs qui distribuent à tour de bras leur article la VEILLE de la publication officielle dans la revue concernée!

        Par ailleurs, il ne s’agit effectivement pas d’Open access Green puisque 1) le papier n’est pas déposé dans une archive mais envoyé sur demande (donc tri de ceux à qui il est envoyé si besoin) 2) il s’agissait bien de la forme définitive mise en page par Elsevier.
        Si Elsevier n’a rien dit sur ce coup là… ça laisse présager du bon pour l’OA 😉

  15. Ping : Somewhere else, part 13 | Freakonometrics

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