Expertise par les pairs #peerreview : une question de point de vue ?

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Suite aux remarques de H sur mon post il y a quelques temps, et à une série de posts intéressants de Mike Taylor (posts 1, 2, 3), je me suis demandé à quel point les différences de point de vue sur l’expertise par les pairs sont dues à des différences d’expérience selon les rôles joués.

On peut jouer l’un de trois rôles par rapport à cette expertise :

  1. Auteur de l’article, qui reçoit les expertises.
  2. Expert, qui juge l’article, parmis plusieurs experts.
  3. Editeur, qui choisit les experts, reçoit leurs évaluations, et prend une décision finale.

Dans chacun des rôles, plusieurs cas de figure sont possibles. Chacun va colorer l’expérience personnelle de l’expertise (peer review).

En tant qu’auteur, vous pouvez avoir fait un travail qui laisse à désirer, et les experts peuvent améliorer votre article ; vous pouvez avoir mal écrit votre article, et les experts peuvent vous aider à clarifier votre pensée ; ou vous pouvez avoir un excellent travail bien écrit, et les « bon » experts n’ont rien à dire, mais le troisième expert vous embête. Si vos articles sont généralement très bons, votre expérience de l’expertise n’est pas forcément très positive. Et il faut prendre en compte la possibilité que votre travail ait besoin d’être amélioré, mais que vous ne vous en rendiez pas compte (on est humains), enquel cas votre expérience subjective sera encore négative, bien que l’expertise ait marché en fait.

En tant qu’expert, vous pouvez fournir des remarques pertinentes et correspondant aux attentes du journal. Ou vous pouvez être trop gentil, et votre revue n’apporte rien. Ou vous pouvez être trop méchant (voir troisième expert ci-dessus), et l’éditeur a raison de ne pas prendre en compte vos remarques. Si vous êtes systématiquement trop gentil ou trop méchant, votre expérience de l’expertise n’est à nouveau pas très positive.

En tant qu’éditeur, et c’est là où je veux en venir, vous voyez tout cela. Vous voyez de bons et de moins bons papiers. Vous recevez des expertises informatives et d’autres vides de contenu ; des trop gentilles et des trop méchantes. Or la plupart des chercheurs vont d’abord être dans le rôle de l’auteur, ensuite relativement rapidement dans le rôle de l’expert, mais nettement plus tard ou jamais dans le rôle de l’éditeur. Dans mon expérience (relativement limitée) d’éditeur, il n’est pas rare que l’expertise améliore les articles, et il est fréquent qu’il permette d’éviter la publication de travaux franchement erronés.

Donc mon impression pour le moment (je peux me tromper), c’est que les critiques de l’expertise par les pairs manquent souvent de l’expérience d’éditeur.

J’ajouterais à ceci que le rôle de l’éditeur va dépendre de la politique du journal, mais si votre papier est refusé parce qu’il n’est « pas suffisamment significatif pour notre journal », la faute en est à cette politique éditoriale, et non à l’expert, quoiqu’il ou elle ait pu dire.

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Rien à voir, mais allez lire l’excellent commentaire de Philippe Julien sur l’étude récente sur les rats mangeurs d’OGM.

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Encore rien à voir, mais j’ai plein de spams dans les commentaires, allors si le votre est perdu, je m’en excuse.