Le facteur cool en science

Cliquez sur l’image. On a apparemment été nombreux à tweeter ce lien lors de la découverte du boson de Higgs

Un sujet dont on ne parle pas souvent en public concernant la recherche scientifique, c’est le facteur « cool ». A savoir qu’une des grosses motivations pour conduire un projet scientifique, c’est quand même que ça nous amuse beaucoup, et qu’on adore découvrir des nouveaux trucs pas croyables. Bien sûr on contribue aussi à guérir le cancer, sauver les baleines, et produire des piles qui durent 5% plus longtemps, mais il y a aussi ce plaisir très geek.

Par exemple, dans les discussions préliminaires à un nouveau projet, le facteur cool sera souvent un facteur déterminant dans le choix de la direction à prendre, et pour convaincre des collègues de collaborer. Ensuite, il faudra bien sûr utiliser des justifications plus adultes pour obtenir des sous, recruter des gens, tout ça. Mais plus subtilement, le facteur cool va rester, dans l’évaluation par les pairs, dans le recrutement d’étudiants motivés, et dans la publication finale des résultats.

Un bon exemple concernant la découverte récente du boson de Higgs :

A couple of years ago, I asked some physicists what would happen if they didn’t find the Higgs, and the answer was uniformly: “That would be the coolest thing ever! We’d have to develop a new understanding of how particle physics works.”

(L’excellent billet dont ceci est extrait contient également une bonne discussion de l’esthétique dans les modèles scientifiques, et d’autres questions.)

Et bien qu’on ne puisse pas mettre ceci en avant pour défendre les budgets de la recherche, ce qui est bien normal, ce facteur est une bonne chose. La recherche fondamentale avance par la curiosité humaine alliée à la rigueur intellectuelle. Sans motivation irrationnelle, on irait moins vite, moins loin, et parfois on n’irait pas du tout.